‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 110 sur 141 · Tome XI F. Hist. Rom. 3 F · texte numérisé non relu

Tome XI F. Hist. Rom. 3 F

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Pendant qu'ils s'entretenaient ainsi ensemble, il arriva qu'un Gaulois emmena des chevaux qui paissaient dans la prairie : deux soldats romains les lui enlevèrent. Plusieurs Gaulois poursuivirent ces deux Romains à coup de pierres. Il survint du monde de part et d'autre, et l'on en serait venu à un combat dans les formes , si les centurions n'eussent fait retirer les troupes. Cet événement fit voir au dictateur combien ce que Tullius lui avait dit était fondé en vérité. La chose ne souffrant plus de retardement, il annonça aux troupes que la bataille se donnerait le lendemain.

Comme le dictateur comptait plus sur leur courage que sur leur nombre, il chercha en lui-même s'il ne pourrait point par quelque ruse, par quelque adresse, jeter de la terreur parmi les ennemis. En effet il trouva un moyen que depuis plusieurs généraux ont mis en usaee avec succès, entre autres. Marins dans la ba-

taille contre les Teutons. Ce fut d'oter à un nombre de mulets leur bât, de leur laisser sur le dos à chacun deux pièces d'étoffes seulement qui pendaient de coté et d'autre, et de les faire monter par des valets de l'armée à qui l'on aurait donné les armes prises sur l'ennemi, et celles des malades. On en équipa de la sorte mille à peu près, auxquels on joignit cent cavaliers, et on les fit partir de nuit pour gagner les hauteurs (jui étaient au-dessus du camp, avec ordre de se cacher dans les bois, et de n'en point sortir avant qu'on leur en eût donné le signal. Après (ju'oii eut ainsi disposé ce vain appareil de terreur, ([ui servit presque plus ([uc les forces effectives et réelles, on s(» prépara à l'action. Sulpicius, dès la pointe du jour,

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('ommence à étendre ses troupes en longueur au pied des montagnes, afin que les ennemis se plaçassent visà-vis. Les chefs des Gaulois crurent d'abord (jue les Homains n'avanceraient point en pleine campagne : mais quand ils virent qu'ils se mettaient en mouvement, comme ils désiraient avec ardeiu- d'en venir aux mains, ils s'avancèrent aussi, et l'action commença avant qu'on eût donné le signal.

Les Gaulois attaqvièrent vivement l'aile droite, et elle n'aurait pu soutenir leur attaque, sans le dictateur (jui s'y trouva, et appelant Sex. Tullius par son nom , lui demanda avec de vifs reproches « si c'était ainsi « qu'il avait promis que combattraient ses soldats : « qu'étaient devenus ces cris avec lesquels ils deman- « daient qu'on leur laissât prendre les armes, ces me- « naces de combattre sans l'ordre du général? — Le « voici, ajouta-t-il, votre général qui vous appelle à « haute voix au combat, et qui vous en donne l'exem- « pie, paraissant armé à votre tête. Oii sont ces braves « qui devaient me prévenir? Me suivent-ils au moins, « fiers dans le camp, timides dans l'action! » Ces reproches étaient fondés. Aussi les soldats en furent piqués si vivement, (ju'insensibles au danger, ils se jetèrent tête baissée sur les ennemis comme des furieux. Cette première attaque commença à ébranler les Gaulois. La cavalerie acheva de les mettre en desordre. Le dictateur aussitôt passa h son aile gauche, oii il vit que les ennemis se portaient en grand nombre et avec une grande vivacité, et il donna à ceux qui étaient sur les hauteurs le signal dont il était convenu. Aussitôt voilà un nouveau cri qui s'élève, de nouveaux combattants (jui s'avancent et (jui, prenant la mon-

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tagne de côté, paraissent marcher vers le camp des Gaulois, Alors ceux-ci, dans la crainte d'être coupés, cessèrent de combattre, et se retirèrent précipitamment vers leur camp; mais y avant trouvé \'alère, général de la cavalerie, lequel, après la déroute de l'aile gauche des Gaulois, avait conduit ses escadrons aux retranchements des ennemis, ils tournèrent leur marche vers les montagnes et les forêts, où ils furent reçus par cette image trompeuse de cavalerie, qui en fit un grand carnage. Nul général après Camille ne remporta le triomphe sur les Gaulois à plus juste titre que Sulpicius. 11 déposa aussi au Capitole, dans le trésor construit de grosses pierres de taille, une assez grande quantité d'or, qui faisait partie des dépouilles.

Cette même année les consuls combattirent contre quelques peuples voisins de Rome, mais avec un succès bien différent. Plautius vainquit et subjugua les Herniques. Fabius, son collègue, s'engagea témérairement dans une action contre ceux de la Tarquinie. La perte dans le combat ne fut pas considérable en elle-même : mais elle le devint par le meurtre de trois cent sept prisonniers que ceux de Tarquinie immolèrent à leur vengeance.

Les Privernates et les Vélilerniens firent aussi quelques courses sur les terres des Romains.

On ajouta deux nouvelles tribus aux anciennes; ce qui fit le nombre de vingt-sept.

On célébra les jeux que Camille avait voués.

Ce fut pour la première fois qu'on porta, en cette Il •"•ifiiie. Y^^Yne année, une loi contre la brigue, pour arrêter l'ambition des hommes nouveaux , c'est-à-dire des plébéiens , qui se doimaient beaucoup de mouvement

Loi contre

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pour parvenir au consulat. On ne marque point en détail quelles étaient les dispositions de cette loi.

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