C. MARCILS RUTILUS. An. R. 3f
Av. J.C.35.',.
en. MANLIUS. ,11.
On porta cette année une loi fort agréable au peuple. Loi qui règle
■ • / A / 5 1 '^^ iutéréts
Elle regardait les intérêts de l'argent prêté, qu'elle de largeut
6, , , , . prêté, à uu
xait a un pour cent par an. Cest ce quon appelait pour cent.
unciariani fœiius . Chez les Romains, uncia est la dou- tNip.'ii;.'' zième partie d'un tout quelconque. Les intérêts à un pour cent par mois , douze pour cent par an , étaient ce qu'ils appelaient centesimœ iisurœ. 'Lcjceiius unciariani était la douzième partie des usiirœ cenlesimœ , et par conséquent donnait un pour cent par an.
C'est ainsi que Gronove et le plus grand nombre des savants' expliquent XeJbeniLs unciariani^ c'est-àdire, un pour cent par an', et c'est le point où les lois des Douze-Tables '^ avaient fixé l'intérêt qu'elles permettaient d'exiger. Quelque médiocre ({u'ilfût, il parut encore excessif; et dix ans après, comme nous le verrons bientôt, cet intérêt fut réduit à la moitié. Enfin il fut entièrement défendu. Il est vrai que , quelque soin que prissent les magistrats d'arrêter ce désordre par de sages ordonnances , l'aN arice , plus forte que toutes les lois, trouvait toujours le moyen ou d'échapper par adresse à leur poursuite, ou d'en forcer ouvertement
' Je cède à l'autorité des savants, rogatione tribunitià, ad semunrias
san.s être bien convaincu. redacta , postremo vetita versura ;
' "Primi") duudeciiu Tabulis san- innlti.sque plebi.scitis obviàm ituni
ctum, ne qiiis unciario fœnore ani- fraudibus , quae totiens repressac,
pliùs exerceret , quum anteà ex libi- miras per artes nirsum oriebantur. •>
diue locupletimu agitaretur. Dcin, (Tacit. ./«/*«/. lil>. (>, cap, i6.)
les faibles barrières. Mais l'esprit de la loi est clair , et à moins que de vouloir s'aveugler soi - même , il faut avouer que plusieurs d'entre les païens ont compris l'iniquité de l'usure , et son opposition à la loi naturelle : car de quel autre principe pouvait partir la défense absolue de prêter à usure? L'intérêt d'un demi pour cent par an, semunciarium fœiius , par exemple, de trente sous pour cent écus, était-il capable de ruiner les particuliers? Le paganisme cependant l'a rigoureusement condamné. Cicéron % et après lui saint Ambroise, nous ont conservé une réponse favorable de Caton l'ancien ^, à qui on demandait ce qu'il pensait de l'usure, et qui répondit avec indignation : a Eli ! que peut - on «penser de l'bomicide? » Cette parole dit beaucoup. « Vous me demandez , disait-il , quel mal il y a à prêter « à usure : et moi je vous demande quel mal il y a à tuer a un lionnne. » Les plus sages politiques l'ont regardée comme la ruine des états ; et la seule histoire romaine en fournit beaucoup de preuves. Que doivent donc penser des chrétiens, à qui Dieu en a fait une expresse défense en une infinité d'endroits de l'Ecriture sainte? Je n'en rapporterai qu'un seul. «Vous ne donnerez point « votre argent à usure à votre frère ^; et vous n'exigerez « poiiit de lui plus de grain que vous ne lui en aurez « donné. » Voilà la règle claire et nette, contre laquelle
• «A qno ( Cat«ue) quuni qiicc- même Caton par Plutarque montre
lerelur quid inaxiinè in re familiaii que dans la pratique il ne fut pas
expediict, lespotidit, /itviè/>irt,çc<'/f... toujours si rigide sur la matière de
Kl quiuu illc (|nl qii.Tsierat dixisset , l'usure.
Quid fœiicrari P Tiiin Cato ; Quid ^ ■■ Pcctiiiiaiii tuam non daLis ci
homiiiem, inqnit , occidere?» (Cic. ( fiatri) ad usurani, et f'rugumsupei-
Offic. lib. 2, n. 89 ; apud Ambros. abundanliam non exiges.» [Levi't.
de Tobia, c. 14.) c. a5, v. 37.)
' Ce qu'on lit dans la vie de c(~
tous les raisonnements sont inutiles, pour ne rien dire (le plus. Quand le maître parle, et quel maître! il faut se taire, et obéir.
Les deux guerres qu'on fit contre les Falisques et les Privernates furent peu considérables.
L'un des deux consuls , c'était Cn. Manlius , qui était i,oi porue
X 1 (-, . • . 1 1 ' I. i •! dans îecaini)
près de Sutrumi , avant assemble ses troupes par tribus , 3,, ^^,^ç^ j^^ porta une loi dans le camp , ce qui était sans exemple. ^ ","utT^''" Cette loi était au sujet des affranchissements , et ordonnait que celui qui affranchirait un esclave paierait au trésor public le vingtième du prix ([ue valait cet esclave. Les sénateurs confirmèrent cette loi , parce qu'elle était d'un revenu considérable pour le trésor, qui n'était pas riche ; ce qui marque que les affranchissements étaient communs et fréquents. Les tribuns , uéfeuse moins touchés de la loi en elle - même que des suites '''•''^'■'^"l'jit'^
i le peuple
{fue pouvait avoir un tel exemple , défendirent sous ''""
* ' * de la ville.
peine capitale qu'on assemblât ainsi le peuple hors de la ville et loin des yeux des magistrats. En effet, il n'y avait point de loi, quelque pernicieuse qu'elle fût, qu'on ne pût faire passer à des soldats obligés par serment d'obéir au consul.
Cette coutume d'affranchir les esclaves montre que l'humanité et l'équité des maîtres était fort grande à Rome, puisqu'ils étaient si portés à donner la liberté aux esclaves dont ils étaient contents, et qu'ils n'étaient point arrêtés par la crainte de perdre les avantages qu'ils retiraient d'un serviteur industrieux et appliqué au travail. D'un autre côté, on ne peut assez admin-r l'attention ([u'avait la républi((ue d'augmenter le nombre des citoyens en donnant le droit de bourgeoisie à un esclave aussitôt que son maître l'avait affranchi.
488 lits loi m ItUMVl.NK.
Licibia* Cette mêfrie année, à la poursuite de M. l'opilliu;»
MoloM COO- Y , » I 1 1- Il .
.laruntpar»» i-<enas, On fonnanHia a un amende de dix nnlh- as *
ïy'i!'\"Mà% ^■'- ï-'itinius St(»l(jn, parce (|ue , contre la loi (juc lui-
I. «,c. 6. ] nneme asait portée, il possédait imlN- upeiits (le terre,
dont il avait nus la moitié sous li- noin di- son iiU,
(pi'il avait fait fiiiancipiT pour li.unlit I.i loi.
*!«. II. ï«>0 M. FADK.S AMULfSlUS. il.
M. piifit r us L^tNAS. II.
i,v. 1,1, -, Le premier de ces consuls fut chargé de la guerre '"''*' contre ceux de Tihiir, (jui n <iit p(jint d'éxénement consuJcrahIc. I/autrc niaiclia contif les l'alisijues et ceux de laiipiinie. Les prêtres de ces deux peuple;» s'étant pré.sentés au C(jinhat aimes de II nnheaux ardents et d'espèces de serpents"- dont ils aNai«nt contrefait la figure a\ec des ruhans de dilférentes couleurs, jetèrent (Tahord le tioiiMe par cet apj)areil de furies dans les troupes romaines. ISLus lut-ntot , sm les r.iilleiirs j)i- • piantcs du consul et desaulr»-s olliiier.s, elles revinrent de celte vaine frayeur, et .se dédommagèrent bien de la honte (pi'elle leur avait causée par la défaite des ennemis , dont ils |)illti eut le cimj). i)i.ii.tei.r [m guerre d'Ktrurie étant survenue, on créa un dic- .iii|.(u|.ifc tateur, qui pour-lors (ut tire du peuple pour la pieiiiitreion niière fois, il s'appelait (1 Marcius Uiitilus : il nomma pour général de l.i cavalerie C>. l'Iantnis, ([m était (onune lui de l'uidre du peuple, dette nouvi-lle entreprise affligea heaueouj) le sénat, (pii tâcha en vain de
' (>ini| crni» livret. iidir* , li\. i, chap. I3, doiior le
* y4iiguilnit pr<rlatti , dit 1 ite- foiiinirniaiie dr l'enireNkion de l ilt-
Livr. Morii», pailaiil d'un »rinliUi- l.ivr , dtscoionbut ifr/iendim tn ino-
hle iiiiiiai^il employé pai l'« I iil'- tlum nttn.
ITl^rnlR^ homaini 4^
Iravenicr rexpédiiion du «liclattrur pléljéien. Il partit d«: Home, marcha contre les ennemis, les défit (11 plusieurs occasions , en tua un assez grand nombre, <t lit sur eux huit mille prisonniers. iJe retour à Rome, il triompha en vertu d'un décret du peuple, sans que l'autorité (\u sénat V intervînt.