‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 117 sur 141 · L. FURIIJS CAMILLIJS. j^^ j · texte numérisé non relu

L. FURIIJS CAMILLIJS. j^^ j

AP. CLAUDIUS CRASSUS. Av. J.C.34(i-

Rome eut deux sortes d'ennemis à repousser : d'un ^

Guerre contre les Gaulois et 1rs

cote les Gaulois, cjui ne lui laissaient guèic de repos;

de l'autre, des pirates de Grèce, (lui inlestaient les côtes P'rafes <ic

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de l'Italie. Mais ce qui lui causa le plus d'inquiétude, fut le refus (|ue firent les Latins de fournir le contingent de troupes auquel ils étaient tenus par le traité , marquant qu'ils jugeaient plus à propos de combattre pour leur propre liberté que pour la domination d'un peuj)le étriuiger. Rome fut donc obligée de se contenter de ses forces domesticjues, et par cette raison elle augmenta considérablement le nombre des troupes qu'elle avait coutume de mettre sur pied. On leva dix légions, qui étaient chacune de c[uatre mille deux cents hommes de pied et de trois cents chevaux, ce qui faisait en tout quarante-cinq mille hommes. Tite-Live ajoute que , du temps même; d'x\uguste \ lorsque Rome était si puissante, il eût été difficile de lever une armée aussi nombreuse, c'est-à-dire, de la lever sur-le-champ, no- m,,, i.;ï.;. fum excrcUwn : car Rome, du temps d'Auguste, avait

' " Qiiem nunc ncn uni exeicitum , capit orbis , contractac in ununi iiaud si qua extcrna vis ingniat, lise vires facile elliclant. » ( Liv. lih. 7, c. aS.) populi romani, qiias vix terraruni

4q6 HISTOIRE ROMAIIVE.

SOUS les armes , même en temps de paix , vingt - trois ou vingt-cinq légions , mais répandues povir la plupart dans les diverses provinces de l'empire. Il faut pourtant avouer que les expressions de Tite-Live forment quelque obscurité.

Le consul Appius Claudius mourut pendant l'appareil de la guerre, dont le soin retomba entièrement sur le seul Camille. On crut que ce serait faire tort à son mérite que de le soumettre à l'autorité d'un dictateur; d'ailleurs son nom parut d'un bon augure pour la guerre contre les Gaulois. Il laissa deux légions pour la garde de la ville, et partagea le reste avec le préteur L. Pinarius, qui fut cbargé de défendre les côtes contre l'incursion des pirates. Pour lui , il marcha contre les Gaulois, et, s'étant avancé jusqu'au territoire Pomptin , il y établit son camp dans un lieu favorable, résolu de ne point donner la bataille en pleine campagne, s'il n'y était forcé , et se contentant , par de gros détachements qu'il envoyait de côté et d'autre , d'empêcher les Gaidois de piller. Il comptait qu'en se conduisant de la sorte, c'était un moyen sûr de dompter un ennemi qui , n'ayant fait aucun amas de vivres , ne pouvait faire subsister son armée que par le pillage.

Pendant que de côté et d'autre les troupes étaient

Valcre tue i '

iiu Gaulois (]ans l'inaction, un Gaulois, remarquable par la gran-

«lansuncom- n/ i i 5

bat singu- deur de sa taille et par l éclat de ses armes , s avance surnommé au milicu dcs deux armées, frappant de sa lance sur Corvus. ^^^^ bouclier. Après qu'il eut fait faire silence, il défie au combat, par un truchement, le plus brave des Romains pour combattre contre lui. Valère , jeune officier, qui ne se crut pas moins (apable que Manlius d'acquérir cette gloire, reçoit le cartel, et, après avoir

pris les ordres du consul, se présente d'un air hardi et intrépide devant îe Gaulois. Une protection du ciel trop marquée, dit Tite-Live, dimiiuia (piehpie chose du mérite de sa victoire S'il en faut croire la renommée, qui se plait à mettre du merveilleux dans les grands événements , dès que le Romain eut commencé d'en venir aux mains avec son adversaire, un corbeau vint tout d'un coup se repos(îr sur son cascpie, et se tijit toujours tourné contre le Gaulois. Yalère , regardant cette aventure comme un augure heureux , pria le tlieu ou la déesse (jui le lui avait envoyé de lui être propice. Le corbeau, non -seulement n'abandonna point son poste, mais toutes les fois (pie le combat recommençait, s'elevant de ses ailes, il donnait sur le visage et dans les yeux du Gaulois avec son bec et ses griffés , et ne le quitta point, jusqu'à ce qu'effrayé par un prodige qui lui fit perdre et l'usage des yeux et la présence d'esprit , Valère l'eut couché mort j)ar terre. Alors le corbeau, quitte de sa commission, se retira du côté de l'orient et disparut.

Jusque-là les deux armées étaient demeurées tranquilles. Quand Valère se mit en devoir de dépouiller l'ennemi qu'il venait de tuer, les Gaulois ne se tinrent plus dans leur poste , et les Romains coururent au secours de leur brave officier. Le combat s'engagea d'abord autour du corps du Gaulois étendu par terre, et devint bientôt une action générale. Gamille exhorte ses troupes, animées déjà par la victoire de Valère et par la protection visible des dieux, à fondre sur l'ennemi, et, leur montrant de la main le jeune vainqueur couvert de glorieuses dépouilles : Allez, leur dit-il, soldais , e/, murchaiil sur les (races de ee brave tribun, achevez ce

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