‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 133 sur 141 · D. JUNIUS BRUTUS SC^VA · texte numérisé non relu

D. JUNIUS BRUTUS SC^VA

Le premier soin des consuls fut de proposer au sénat Cicnc une affaire importante, et qui demandait une prompte '^'veltLr'' décision. Les Vestins venaient de se joindre aux Sam- ^K"""* nites, avec lesquels on était actuellement en guerre. Il ^-'^••■''•8. était à craindre que leur exemple, s'il demeurait impuni, ne devînt contagieux, et ne procurât plusieurs alliés aux Sainnites; mais il était à craindre aussi, si Ion attaquait les Vestins, que les peuples voisins ne prissent l'alarme, et l'on était presque sûr qu'on aurait pour ennemis les Marses, les Pélignes et les Marruclns, qui tous ensemble n'étaient pas moins puissants que les Samiiites. La délibération était délicate et embarrassante. Le parti le plus bardi , quoiqu'il put paraitr(> le moins prudent , l'emporta , et la guerre fut déclarée aux Vestins; mais l'événement montra qu'il v a quel-

quefois de la sagesse à hasarder ', et que les conseils timides ne sont pas toujours les plus heureux. Cette guerre échut par le sort à Briitus, et celle contre les Samnites à Camille. On conduisit des deux cotés les armées, et le soin de conserver leur propre pays empêcha les ennemis de joindre leurs troupes. Papirius Camille, dont le département était le plus impor-

nommé die- tant, ayant été mis hors d'état de remplir ses fonctions ie!s'amn!te?! P'"' ""^ maladie considérahie dont il fut attaqué, eut Liv. iih 8, (^jj,(^|j.p jg nommer un dictateur. Il choisit L. Papirius

Cursor, l'un des plus grands généraux qu'aient eus les Romains, qui prit pour général de la cavalerie Q. Fabius Maximus Rullianus , jeune homme de la plus haute naissance, et d'une plus grande es])érance encore. Ce couple si bien assorti, ce semble, s'il fut célèbre par des victoires remportées pendant leur magistrature, le fut encore plus par la discorde qui se mit entre eux , où les choses furent poussées jusqu'aux dernières extrémités, comme on le verra bientôt.

Tout réussit à Brulus chez les Vestins. Le ravage de leurs terres les obligea malgré eux d'en venir à une bataille, où ils perdirent la plupart de leurs troupes. Elle fut sanglante aussi pour les Romains, et cette victoire leur coûta cher. Ils poursuivirent les ennemis jusque dans leur camp, que ceux-ci abandonnèrent bientôt pour se réfugier dans leurs villes, dont la plupart furent prises.

Fabiub, Pour ce (|ui regarde le dictateur, il fut obligé, appa-

raaitre de la . v i i , / . '1.1

cavalerie, rcmmeut a cause de quelques cérémonies prétendues I agence" du néccssaircs qu'on avait d'abord omises , de retourner à

' •< Eveiitus docuit fortes fortiinain juvare. » ( Li v . )

H I s T C) 1 r. i: R O M A. I iV K. 5"^ I

Rome pour y consulter de nouveau les auspices. Eh dictateur,

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quittant I armée , dont n laissait le commandement au g,.; sa dëmaître de la cavalerie , il lui défendit expressément .el'.î'pôru; de combattre en son absence; mais Fabius ne le vit pas ""i'^joire.'^'' plutôt parti, qu'il songea à former ([uelque entreprise, surtout lorsqu'il eût appris l'extrême négligence (jui régnait parmi les ennoblis, depuis le départ de Papirius. Le dépit de voir le dictateur agir despotiquement, comme si le succès de toutes clioses dépendait uniquement de lui, et l'occasion favorable qu'il crut avoir de se signaler par une action éclatante, lui firent oublier la défense qui lui avait été faite ; il se hâta d'attaquer les Samnites. Le succès du combat fut aussi heureux ({u'il pût l'être , quand même le dictateur s\ fût trouvé en personne. Le général et les soldats firent également bien leur devoir. Il resta vingt mille ties ennemis sur la place. Quelques auteurs même ont rapporté, comme Tite-Live le remarque, qu'il y eut deux batailles , et dans l'une et dans l'autre Fabius fut victorieux. Il prit soin de brûler les dépouilles des ennemis, soit qu'il en eût fait vœu , comme c'était assez l'usage, soit plutôt pour empêcher que le dictateur ne s'en fit honneur et ne voulût en parer son triomphe.

Aussitôt après l'action , il écrivit a Rome pour v mander la nouvelle de sa victoire. Il adressa les lettres au sénat, et non j)as au dictateur, faisant assez connaître par là qu'il ne prétendait point partager avec lui la gloire des avantages qu'il avait remportés. Toute la ville fut dans la joie à cette nouvelle. Le seul Papirius n'y prit aucune part, et ne témoigna que du mécontentement et de l'indignation. Il rompit sur-le-champ l'assemblée du sénat (ju'il tenait actuellement, et en sortit

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