II- I • -i-v M • lib
■publiques se payaient tous les cinq ans. De la vient [cap. 2, ad qu'en latin lustrum, et, dans notre langue, liuttre, employé quelquefois par les poètes, signifie l'espace de cinq ans.
Je me suis un ])eu étendu sur ce qui regarde le dénombrement, parce qu'il en sera souvent parlé dans notre histoire, et qu'il faisait la principale fonction des censeurs. Je parcourrai légèrement les autres.
Ils étaient chargés du soin de faire construire et d'entretenir en bon état les temples , les grands chemins , les ponts, les aqueducs, tous les édifices publics, et
' « Nullura viuciiloiii ad astrin- soiaiu, qui nuUà de re dlligentiiis,
geudaiu lideiu juiejiiraudo majores qiiàm de jiirejuiando, judicabant. >•
avctiu!) esse volucniot... Id iiidi<ant ( Ctc. de Offic. lib. ^ , n. 3. ) notationes aiiiiuadversiuDescjite ceu-
l5'2 HISTOIRE ROMAINE.
de veiller à ce qu'on en fît les réparations à propos et dans le temps; ce qu'on appeisàt , sa/ia tccta exigere^
Liv. lib. 44, sarla tecta tiieri. Nous voyons que Tan de Rome 583 le sénat tit remettre par les questeurs, entre les mams des censeurs, la moitié des tributs de cette année pour différents ouvrages publics. La basilique que fit construire alors Sempronius fut appelée de son nom Semproiiia, comme auparavant celle de Caton , Porcia. On appelait basiliques des édifices publics, de grandes salles avec des portiques , où le sénat s'assemblait , où se rendaient les jugements , où les jurisconsules répondaient aux consultations, où les marchands et les banquiers traitaient de leurs affaires.
C'était aussi une fonction importante des censeurs de passer le bail des revenus publics avec les fermiers , appelés par cette raison puhlicani : il en sera parlé ailleurs. Ils ne pouvaient adjuger les fermes qu'en préid. ibid. sence du peuple romaine II paraît que, lorsque les. baux en étaient portés à un trop haut prix , les fermiers avaient recours au sénat, qui ordonnait quelquefois que l'on procéderait à une nouvelle adjudication , comme cela arriva pendant la censure de Caton ; et les fermes pour-lors fuient adjugées à un prix un peu plus bas.
id. lih. 4, On voit dans Tite-Live que la garde des registres publics leiu' était confiée, et que c'était à eux de veiller sur les greffiers , et d'examiner s'ils s'ac([nlltaient de leur emploi avec exactitude et fidélité.
Ils avaient aussi une autori^ et une attention par^ Val. Max. ticulièrc sur les mariages. Des censeurs condamnèrent
'■''■ "^ ' *' ^' à une amende considérable un citoyen qui était demeuré
' <• Censoribus vectigalia locare nisi in conspectu popiili romani non licet. » (Cic. in liull. lib. i , n. 7. )
dans le célibat jusqu'à la vieillesse. D'autres exclurent (lu sénat un sénateur, parce qu'il avait répudié sa femme sans avoir pris conseil de ses amis.
Ce que j'ai rapporté jusqu'ici de la censure fait connaître de quelle importance était cette charge, d'où dépendaient le bon ordre, la règle, la discipline, la manutention des mœurs , et la régie des revenus de la république. Il est temps de reprendre le fil de l'histoire. Nous étions demeurés à l'année des consuls Géganius Macérinus et Quintius Capitolinus.
M. GÉGA.NIUS MACÉRINUS. II. An. R. lis.
Av. J. G. 440.
T. QUINTirS CAPITOLINUS. V.
Sous ces consuls , les Ardéates , qui s'étaient récon- Le sénat
.,.,,, , / / 1 I 1 • • . envoie
cilies I année précédente avec le peuple romain, vinrent promet implorer son secours dans un besoin fort pressant. Il ^l"llà s'était élevé dans leur ville Une violente sédition entre , <^""*'^"
les V oImiucs.
la noblesse et le peuple. Les choses furent portées aux ^'''- ''^'- ^^
dernières extrémités. La populace , qui ne ressemblait point à celle de Rome , s'éf ant emparée d'une colline , en descendit pour ravager les terres des nobles , portant partout le fer et le feu, puis rentra dans Ardée, ({u'elle traita comme une ville ennemie. Les deux partis , {|ui se trouvaient trop faibles par eux - mêmes , eurent recours à l'étranger. Le peuple s'adressa aux Volsques, qui, sans perdre de temps, vinrent à son secours. C'est dans cette conjoncture que les députés de la noblesse arrivèrent à Rome. Le consul Géganius eut ordre de partir sur-le-champ. Il arriva bientôt avec son armée près des ennemis qui assiégeaient la ville. Le lendemain le consul ayant dès le grand matin partagé le travail , entre ses troupes, fit environner de bonnes tranchées
envoie un secours aux tes
I 54 HISTOIRE ROMAIINE.
tout le camp des Volsques,qui se trouvèrent eux-mêmes assiégés et serrés de si près , qu'après quelques jours , manquant de tout , ils demandèrent à capituler. Le consul leur fit dire qu'ils n'avaient de quartier à attendre (ju'en lui livrant entre les mains leur général , et se rendant eux-mêmes à discrétion. Réduits au désespoir , ils tentèrent un combat qui leur coûta cher , et oii ils perdirent beaucoup de monde. Tl fallut se rendre. Après qu'ils eurent livré leur général et mis bas leurs armes, on les fît tous passer sous le joug, et ils furent renvoyés avec un habit chacun seulement , couverts de honte et d'ignominie. Mais lorsqu'ils se trouvèrent devant Tuscule , les habitants , qui depuis long-temps étaient leurs ennemis déclarés, les firent passer au fd de l'épée , de sorte qu'ft peine en resta-t-il ([uelques-uns pour porter chez eux la triste nouvelle d'un désastre si complet. Le consul ensuite entra dans Ardée , qui le reçut connue son libérateur et son père. Il fît couper la tête aux principaux auteurs de la sédition, confisqua leurs biens au profit du trésor public, et rétablit ainsi la paix et la tranquillité entre les citoyens. Ardée, par un service et un bienfait si important , se trouva dédonunagée bien avantageusement de la sentence qui avait été portée contre elle. Mais le sénat crut ([u'il restait encore quelque chose à faire pour abolir le monumetit de cette honteuse avarice qui avait si fort déshonoré le j)euple romain. Nous verrons bientôt comment il s'y prit. Le consul entra à Rome en triomphe , menaiil devant son char Cluilins, le général des Vols- (pies, avec les riches dépouilles (pi'il avait prises sur les ennemis.
Quintitis, laulre consul, égala [)ar ses vertus paci-
HISTOIRE KO M Al m:. i55
fiqucs la gloire que son collègue s'était acquise par ses exploits guerriers. Il s'appliqua de telle sorte à conserver la paix et l'union dans la ville en rendant la justice avec une entière impartialité aux petits et aux grands , aux plébéiens et aux nobles , (ju'il sut , par un sage mélange de fermeté et de douceur , plaire également au sénat et au peuple. Il vint à bout de tenir en l)ride les tribuns , non par des disputes violentes et emportées , ou |)ar un air de hauteur et d'empire, mais par je ne sais quel ascendant que lui donnait son mérite généralement reconnu : car cnu\ consulats ^ soutenus toujours avec la même réputation de pro])ité et de sagesse, et une vie digne dans toutes ses parties des sentiments et de la majesté du consulat , faisaient que sa personne attirait presque plus de respect que l'autorité souveraine dont il était actuellement revélu. Aussi les tribuns n'osèrent-ils parler d'élire des tribuns militaires. On nomma encore des consuls.
M. FABIUS VIBULANUS. An. R. 3i3.
POSTUMUS ^BUTIUS CORNICEN. v.J.C.4 y.
Le sénat, sous ces consuls, répara pleinement l'in- L'injustice justice commise à l'égard des Ardéates. Sous prétexte f.|i'ù'tr'c"i'Ls (lue leur ville avait été réduite à un petit nombre d'ha- '^'"'^y'"'^^, '^'•'^
' r réparée.
bitants, il fut ordonné dans le sénat qu'on y enverrait L'^-'i'» 4,
'^ •' cap. 1 1.
une colonie pour servir de barrière contre les Volsques. Voilà ce que portait le décret , afin que le peuple et les tribuns ne s'aperçussent pas qu'on avait dessein de casser leur jugement. Mais les séi/ateurs étaient coii-
» "Quinque consulatus eodeiii te- lujigis , quàiu bonoreiu , f.ii;iel).iiii. '• noie {;esti , vitaque oinnis consu- (Liv.) lariter acla, vcrenihuu pêne l))Suui
l56 HISTOIRE ROMAINE.
venus qu'on inscrirait un plus grand nombre de Rutulois ^ que de Romains pour remplir la colonie; qu'on , ne leur distribuerait point d'autres terres que celles qui avaient été enlevées aux Ardéates par cet infâme jugement; enfin qu'on n'assignerait pas la moindre partie de ces terres à aucun des Romains avant que tous les Rutulois eussent été partagés. C'est ainsi que ce territoire retourna aux Ardéates. Les triumvirs nommés pour établir cette colonie ne purent autrement se dérober à l'injuste vengeance du peuple , dont les tribuns leur avaient déjà donné assignation pour comparaître à son tribunal , qu'en se faisant inscrire eux-mêmes dans cette colonie , et y établissant leur demeure.
An. R. 3î4t C- f URIUS PACILUS.
Av.J.C.438. ^ PAPIKIUS CRASSUS.
Cette année fut tranquille. On célébra les jeux que le sénat avait voués pendant la retraite du peuple.
PROCULUSGÉGAMIUS MACÉRINUS.
Au. R. 3i5.
Av.J.C.437- L. MÉNÉJNIUS LANATUS.
Rome, sous ces consuls , eut plusieurs maux de différente sorte, et plusieurs dangers à essuyer. Heureusement pour elle il ne survint aucune guerre du dehors, sans (pioi elle aurait eu beaucoup de peine à se soutenir. (..an.ie Lc premier mal qui se fit sentir fut la famine, soit \
M'unmo. M^^^' l'aïuiée eût été mauvaise pour la récolte, soit que Liv. lih. /,, j^j. hjibitaiits de la campagne, attirés par la douceur des assemblées et les agréments de la ville, eussent négligé la culture des terres ; car on en apporta ces deux rai-
I La ville d'Ardee était la capitale des Rutulois.
HISTOIRE ROMAINE. l J"^
sons. La disette fut extrême. Pour remédier à ee mallicur, le peuple, du consentement du sénat, nomma un préfet ou intendant des vivres : ce choix toml)a sur L. Minucius. Il se trouva fort embarrassé dans l'exercice de cette nouvelle charge, ou plutôt de cette commission. Les villes et les peuples voisins , chez qui il avait envoyé pour acheter du blé , ne lui furent d'aucun secours : il en tira d'Étrurie, mais en très-petite quantité. Il se vit réduit à dispenser, selon les besoins, le peu de blé qui restait dans la ville , en obligeant les particuliers de venir faire d'exactes déclarations de ce qu'ils avaient de blé, et de vendre le surplus de ce qui leur était nécessaire pour un mois. On retrancha aux esclaves une partie de ce qu'on leur eu tlonnait orcHnairement par joiu'. Les marchands de blé furent soupçonnés d'en cacher, et en conséquence accusés devant le peuple et livrés à sa vengeance. Toutes ces recherches servaient plus à manifester la disette qu'à la soulager. Plusieurs d'entre la populace , se trouvant sans ressource et sans espérance , pour ne pas souffrir plus long - temps les tourments d'une si cruelle famine, se précipitèrent dans le Tibre.
Cette première calamité attira un second danger d'une autre espèce , qui menaça la liberté publique.
Sp. Mélius , de l'ordre des chevaliers , fort riche pour m^iIus ces temps-là, et encore plus ambitieux, songea à pro- 7a|n^ror fiter du njalheur des temps , se flattant ({ue le peuple , ^"^; '' *'■ '' ' dans une calamité si générale , ferait bon marché de sa liberté. Ayant acheté de ses deniers en Etrurie une grande quantité de blé par le ministère de ses botes et de ses clients (et c'est apparemment ce qui empêcha Minucius d'en pouvoir tirer beaucoup de cette pro-
vince), il en fit des distributions. Devenu par là fort cher à la populace, elle l'accompagnait partout dans la ville, lui faisant un cortège beaucoup au-dessus de la condition d'un particulier , et elle lui promettait* par avance de l'élever au consulat. Mais comme l'ambition est insatiable , et qu'elle ne se contente pas de ce qui paraît lui être assuré, il porta ses vues plus loin, sans examiner si elles étaient légitimes ou non. Il sentait bien qu'il lui faudrait livrer de rudes batailles contre les sénateurs pour arriver au consulat malgré eux , et qu'il ne pourrait l'obtenir qu'à la pointe de l'épée. Il conçut qu'il ne lui en coûterait pas plus de peine pour parvenir à la royauté, et dès ce moment il tourna toutes ses batteries de ce coté - là , regardant le trône comme l'unique récompense qui fût digne des travaux et des dangers qu'il aurait à essuyer.
Le jour des assemblées consulaires approchant , comme il n'avait pas eu assez de temps pour concerter toutes ses mesures , il ne put pas encore faire éclater son dessein. L'élection se fit tranquillement , et conformément aux vues des sénateurs.
An. R. Sif). T. QTJINTIUS CAPITOLINUS. VI.
Av.J.C./,3f). AGRIPPA MBNÉNIUS LANATIJS.
Quintius n'était pas un consul commode pour quiconcjue songeait à innover dans l'état.
L. Minucius fut continué préfet des vivres. Par les fonctions de sa charge , il prenait les mêmes soins que Mélius se donnait de son propre mouvement , ce qui faisait que les mêmes sortes de personnes fréquentaient pareillement les deux maisons. Il sut par leur moyen ce qui se passait chez Mélius , et il en donna aussitôt
niSTOlUE ROMAINE. 139
avis au sénat. Il dit « qu'il avait décoiiM'il (iiToii |)or- « lait des armes dans sa maisoii , ([u'il \ tenait d(;s « assemblées où il haranguait , et (ju'il prenait certaiiie- « ment des mesures pour se faire roi : que le temps de « l'exécution n'était pas encore arrêté , mais ([u'on était a convenu de tous les autres arrangements : que les
V tribuns , gagnés par argent , étaient entrés dans le « complot , et que les chefs de la multitude avaient a déjà leurs rôles distribués : (ju'il venait tionncr cet « avis presque plus tard ([ue la sûreté publique ne « l'aurait demandé ; mais qu'il avait voulu s'assurer des « faits par des preuves certaines , et ne pas s'en rap-
V porter à des bruits vagues et douteux ».
Sur cette dénonciation , les principaux des sénateurs firent beaucoup de reproches aux consuls de l'année prréédente, et à ceux qui étaient actuellement en place, d'avoir eu assez peu de vigilance pour ne rien découvrir d'une conjuration de cette importance , tramée déjà depuis un assez long temps. Quintius , après avoir fait l'apologie des consuls, et représenté qu'au lieu de perdre le temps à faire des plaintes inutiles et peut - être injustes, il fallait songer promptement au remède, dit que son avis était de nommer incontinent un dictateur, dont l'autorité suprême pût étouffer le mal dans sa naissance, et même avant (ju'il eût le temps d'éclore. L'avis fut généralement approuvé. Tout le monde jeta les yeux sur Ij. Quintius Cincinnatus , qui refusa long - temps d'accepter une charge dont il croyait que son grand âge le mettait hors d'état de remplir dignement les fonctions. Mais enfin il se vit obligé de céder aux vives remontrances et aux instantes prières de tout le sénat. Après avoir |)rié les dieux de ne pas ])ermettrc que,
l(jO HISTOIRE ROMAINE.
dans un tiangcr si pressant, sa vieillesse nuisît au service de la république, il consentit à être nommé dictateur, et choisit sur-le-champ C. Servilius Aliala pour général de la cavalerie.
Le lendemain, Ginciniiatus, voyant bien qu'il n'y avait qu'un coup d'autorité qui pût dissiper une conjuration dangereuse, fît disposer des troupes dans la place, et monta sur son tribunal escorté de ses vingt-quatre licteurs armés de leurs haches, et avec tout l'éclat de la souveraine puissance. A cette vue le peuple , surpris et effrayé, ne savait à quoi pouvait tendre ce formidable appareil. Méiius et ses complices jugèrent bientôt que c'était à eux qu'on en voulait; mais ceux qui n'avaient aucune connaissance de ses desseins se demandaient les uns aux autres quel danger si pressant avait donc obligé de nommer en temps de paix un dictateur, et dé mettre en place Quintius âgé de plus de quatre-vingts ans. Alors le dictateur envoya Servilius , général de la cavalerie, sommer Méiius de comparaître devant lui. Méiius, saisi de crainte, et incertain du parti qu'il devait prendre, différait d'obéir, et cherchait à s'échapper. Servilius commande à un licteur de l'arrêter ; et cet officier ayant exécuté les ordres du général de la cavalerie , Méiius implore le secours du peuple romain , se plaignant d'être opprimé par la cabale des sénateurs pour avoir fait du bien au peuple. Il conjure ses citoyens de le secourir dans l'extrême danger où il se trouve , et de ne pas souffrir qu'on l'égorgé sous leurs yeux et en leur présence. Le peuple s'émeut ; ses partisans s'animent les uns les autres, et l'arrachent des mains du licteur. IMéîius se jetait dans la foule pour se dérober à la poursuite de Servilius; mais celui-ci l'ayant atteint,
HISTOIRE ROMAIAi:. [Gl
lui passe son épée au travers du corps, et, tout ton- M.'lins est
vert (le sang, il vient rendre compte au dictateur de ,,;,rA!','aia
ce qu'il a fait. J'approu^>e votre action, dit le dicta- ^''- ^''' "'' ' . Il . 1 1'( .
[(^UY.et Je vous loue de voire zèle, Seruilius. Fous venez de délivrer votre patrie d'un tjran qui voulait la rèdidre en servitude.
La populace, ne sachant que penser de tout ce qu'elle voyait, et étant dans un grand mouvement, le dictateur convoque l'assemblée, et commence par déclarer « que Mélius a été tué justement et à bon titre, quand « même il ne serait pas coupable du crime qu'on lui '< iiiq)utait , pour avoir refusé d'obéir aux ordres du dicte tatcur, qui l'avait fait appeler par le général de la « cavalerie : qu'il était monté sur son tribunal , pour « prendre connaissance de l'affaire, après quoi l'on au- « rait rendu cà Mélius la justice qu'il aurait méritée : « que , puisqu'il se préparait cà employer la violence pour « ne point comparaître en jugement, on avait eu droit (c de l'employer à son égard pour réprimer sa rébellion. « Mais de plus, ajouta-t-il , devait-on regarder ou trai- « ter conmie citoyen un homme qui a conçu le dessein « criminel de se faire roi ? Combien de motifs devaient « le détourner d'un semblable projet, et rendent par « conséquent son crime plus inexcusable ! Il était né « parmi un ])euplc libre, au milieu de nos lois et de nos « saintes ordonnances, dans une ville dont on avait chassé « les rois. Il savait que, dans l'année de leur expulsion, (f les fils du consul libérateur de la patrie, pour avoir « formé un complot de recevoir les rois dans Rome, K avaient été mis à mort par la main ou du moins par les «ordres de leur propre père: que dans la même ville, « le consul Tarquinius Collatinus, en haine seule du