Q. FABIUS VIBULANUS. II
M. POSTUMIUS RÉGILLENSIS.
Un des tribuns militaires, c'était M. Postumius Ré- postumius,
gillensis, prit sur les Éques une petite ville appelée buus^'ninl-
Voles. Ce général savait faire la guerre, mais il était /^^'.^j/^fj,
dur, plein de hauteur, fier de sa naissance et de sa sdu armée.
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dignité : et il portait trop loin ces avantages dans une ce crime.
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république OU tous les citoyens se prétendaient égaux, d. 49-î«- Il avait déclaré dans l'attaque que le butin serait pour le soldat : quand la ville fut prise ^ il changea de sentiment. Ce manque de parole commença à indispo.ser beaucoup les esprits contre lui.
Ses collègues l'ayant fait venir à la ville à cause des mouvements excités par les tribuns du peuple, dont l'un , nommé Sextius, proposa en sa présence d'envoyer une colonie à Voles, ajoutant (ju'il était bien juste d'accorder la jouissance de cette ville et des terres en dépendantes à ceux qui en avaient fait la conquête par leurs armes , il répondit brutalement : Mes soldais auront lieu de se repentir, s'ils ne se tiennent en repos. Cette parole choqua extrêmement toute l'assemblée , et ensuite le sénat, quand il l'eut apprise. Sextius, qui était fort vif, et ne manquait pas d'éloquence , fut fort aise de trouver dans le parti contraire un homme d'un
OAI HISTOIRE ROMAINE.
esprit fier et (l'une langue pétulante , qu'il était aisé , en le piquant et l'irritant, de pousser à des discours violents et emportés , et capables non - seulement de rendre sa personne odieuse, mais de nuire beaucoup à sa cause et à son parti : aussi l'attaquait-il plus souvent et plus vivement qu'aucun des autres tribuns militaires. Aussitôt après la parole menaçante que je viens de rapporter : « Romains , dit Sextius , entendez- « vous les menaces que Postumius fait à ses soldats , « comme si c'étaient des esclaves ? Cependant , quand « il s'agira de nommer aux premières charges de l'état, « cette bête féroce vous en paraîtra plus digne que ceux « qui songent à vous envoyer en colonie dans un pays « fertile , qui veulent vous procurer pour le temps de M votre vieillesse un établissement tranquille . et qui « tous les jours soutiennent pour vous de rudes combats « contre des adversaires si fiers et si cruels ! Etonnez- (c vous , après cela , que si peu de personnes prennent a la défense de vos intérêts. Quelle récompense en « pourraient-ils attendre ? seraient-ce les charges , que « vous conférez plutôt à vos adversaires qu'à vos dé- « fenseurs ? La parole qu'il vient de prononcer vous a « fait gémir. Mais où aboutissent ces gémissements? Si a dans le moment il s'agissait de donner vos suffrages , « vous préféreriez cet homme qui ose vous menacer de (f mauvais traitements à ceux qui veulent vous pro- « curer des terres, des demeures et des établissements « assurés. »
Le bruit de cette parole injurieuse s'étant répandu dans le camp , y excita inie bien plus grande indignation. Quoi! disaient les soldats, non content de nous avoir enlevé ^ contre sa parole ^ le butin qui nous était
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r///, il ose encore nous menacer? Comme les plaintes et le murmure éelataicnt ouvertement, le ([uesteur Sextius, pour apaiser la sédition, crut devoir employer les mêmes voies de violence qui y avaient donné lieu. Il envoya un licteur contre un soldat <jui triait fort haut. Aussitôt grand tumulte. Le licteur est repoussé violemment, et le questeur lui-même , frappé d'un coup de pierre , se retire de la foule , celui qui l'avait frappé lui criant avec insulte qu'il était traité connue le général avait menacé de traiter les soldats. A ce bruit Postumius accourt. Un homme d'un caractère brusque et violent comme celui-ci , et d'ailleurs universellement haï des troupes, n'est guère propre à apaiser une pareille émeute. Au lieu de songer à éteindre le feu de la révolte par de sages ménagements ,• il l'allume encore davantage par les sévères informations et les cruels supplices qu'il ordonne. On a eu raison de dire qu'il serait à souhaiter que ceux qui se trouvent dans les premières places d'un état fussent semblables aux. lois % qui ne punissent jamais par passion ni par colère, mais uniquement par justice et par la vue dii bien public. Comme Postumius ne mettait point de bornes à son emportement, des soldats, qu'il avait condamnés à un supplice inoui ^, jetant de grands cris et faisant résistance , il descend de son tribunal , et s'avance vers eux pour empêcher qu'ils ne lui écliaj)-
■ "Optanduni est ut ii qui pra;- iiiié d'inoui jjar Tite^Live, et décrit
.suut leijiublicœ, leguni siinllc's sint, plus en détail au livre l'""^, cb. 5i,
«jua- ad puuîcudum non iracundià , où il est dit que Turnus Herdoiiius
sed a-quitate ducuntur. » (Cic. de fut précipité dans une pièce d'eau ,
OJJic.Wh. i,n. 8(j.) et qu'on étendit sur lui une claie
' C'était d'être noyés sous la claie, chargée de pierres. nccari sitb craie. Ce supplice est qua-
Al II HISTOIRE ROMAINE.
pent. Les licteurs qui le précédaient écartant la foule avec violence, l'indignation, ou plutôt la fureur en vint à un tel point, que le tribun militaire fut accablé de pierres par son armée.
La nouvelle d'une rébellion si criminelle et d'un événement si tragique causa une grande douleur à Rome , et jeta les deux partis dans un grand embarras. Il s'agissait d'ordonner des informations , et de punir les coupables; ce qui souffrait de grandes difficultés par l'opposition que les tribuns y apportaient. Avant tout, on songea à cboisir de nouveaux magistrats. Le sénat obtint , quoique avec peine , que ce fussent des consuls.
An. R. 342. M. CORNÉLIUS COSSUS.