‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 51 sur 141 · L. FURIUS MEDULLINUS. II · texte numérisé non relu

L. FURIUS MEDULLINUS. II

Les Le peuple souffrit avec beaucoup d'impatience de

plébéiens , ... . , , .

parviennent cc qu OU iw lui avait pas peimis de nonnner des tri- Liv.'^'iib.T! buns militaires. Il s'en consola et s'en vengea dans "■ ^' l'élection des questeurs. De quatre places , il n'en accorda qu'une seule aux patriciens. Ce fut pour lui une grande victoire ; non qu'il comptât pour beaucoup la charge de questeur en elle-même, qui en effet n'était pas fort considérable, mais parce que cet avantage remporté sur les patriciens semblait lui ouvrir une entrée aux autres dignités plus relevées. Les patriciens , qui en jugeaient de même , en furent vivement piqués , prévoyant que le peuple partagerait bientôt avec eux tous les honneurs. Leur unique ressource était d'empêcher qu'on ne procédât à l'élection de tribuns militaires, et de faire nommer des consuls.

tlignité sur laquelle le peuple n'avait point encore de droit.

La guerre des Eques et des Volsques, qui recom- Guerre

r • . j . • • i • * 1 contre les

mença , fournit aux deux partis une vive matière de Équcs et les disputes. Les consuls demandaient avec empressement LTv.''i?ir 4 qu'on fît des levées de troupes ; les tribuns , qu'on "■ ^^' ordonnât que l'assemblée prochaine élirait des tribuns militaires. Pendant que chacun tient ferme de son côté, tout demeure suspendu. Il y avait parmi les tribuns du peuple trois Icilius , d'une des meilleures familles plébéiennes, mais ennemie déclarée des patriciens, tous d'une constance et d'une fermeté inébranlable : c'étaient eux qui menaient toute l'affaire. Il arrive des courriers qui apprennent que les ennemis ont repris la forteresse dont il a été parlé auparavant, et passé au fil de l'épée la garnison. Les tribuns reçoivent ces nouvelles de sang- froid, sans en paraître touchés, et sans changer de sentiments. Le sénat, qui ne voulait pas laisser tout périr, est enfin obligé de céder. Il donne un décret pour l'élection des tribuns militaires, mais sous deux conditions : l'une, qu'on ne pourra nommer aucun des tribuns du peuple de cette année; l'autre, qu'on ne pourra point continuer ainsi aucun de ces tribuns dans leur charge. La restriction regardait visiblement les Icilius, cpi'on accusaii de briguer le tribunat militaire, comme la juste récompense de leurs menées séditieuses dans le tribunat du peuple. Les levées se firent alors sans difficulté. Le succès de la guerre fut assez heureux , mais peu considérable.

Un soin plus intéressant occupait les esprits, et les Nouveaux tenait en suspens : c'était celui de l'élection. Les plus , """"i^i^'^

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illustres des plébéiens, fiers de leur première victoire ^'"i"'^^-

2l8 HISTOIRE ROMAINE.

sur le sénat, se flattaient d'en remporter une seconde encore plus avantageuse, en commençant enfin à avoir part aux grandes charges. Ils furent trompés. Le peuple , contre l'attente générale, ne nomma pour tribuns militaires que des patriciens. On a peine à comprendre une telle conduite, dont on ne voit d'exemples que chez le peuple romain. Il était jaloux à l'excès de son autorité. Quand on y défère , il n'est plus attentif qu'à l'utilité publique : on le désarme en lui cédant. Les Icilius accusaient les patriciens d'avoir usé, dans cette assemblée, de ruse et de fraude, en engageant plusieurs plébéiens non-seulement sans mérite, mais la plupart méprisés pour la bassesse de leur naissance et de leurs sentiments , à se mettre sur les rangs : ce qui rebuta le peuple, et le fit tourner du côté des patriciens.

An. R. 347. C. JULIUS lULUS.

Av.J.C. 4o5.

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