‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 52 sur 141 · C. SERVILIUS AHALA · texte numérisé non relu

C. SERVILIUS AHALA

Nouvelle Le bruït d'une armée nombreuse que les Eques et cdL'tre les Ics Volsqucs avaient mise sur pied , et dont le rendez- ^vo^sques.'' vous était à Antiura, alarma Rome , et fit songer à éliie ^u^'sG^'s'n' "" dictateur. Deux des tribuns militaires s'opposèrent à cette nomination, comme leur étant injurieuse, prétendant avoir assez de capacité pour conduire et terminer heureusement cette guerre : c'étaient Julius et Cornélius. La dispute s'échauffa de part et d'autre, et alla si loin , que les principaux du sénat , se plaignant amèrement que les tribuns nnlitaires refusassent de se rendre à l'autorité du sénat , curent recours aux tribuns du peuple, comme on en avait déjà usé en pareille occasion. Mais les tribuns de cette année tinrent une

conduite différente; et, quoiqu'ils fussent ravis de voir cotte dissension entre les tribuns militaires et le sénat, ils répondirent, avec une raillerie amère, «qu'il était « honteux à un corps si puissant d'implorer le secours « de malheureux plébéiens qu'à peine la noblesse dai- « gnait compter au nombre de ses concitoyens : que , « quand les honneurs et le gouvernement de la répu- « blique seraient devenus communs, alors le peuple « saurait bien faire en sorte que l'autorité du sénat fût «respectée, et que nulle magistrature n'osât en con- « tredire les décrets». Servilius A.bala, le troisième des tribuns militaires, voyant que les disputes ne cessaient point, déclara «que, si jusque-là il s'était tû, « ce n'était pas qu'il fût incertain du parti qu'il devait « prendre : qu'il savait qu'un bon citoyen ne sépare «jamais ses intérêts de ceux du public, mais qu'il au- « rait souhaité que ses collègues cédassent, de leur plein « gré, à l'autorité du sénat , plutôt que de souffrir qu'on « eût recours à celle des tribuns du peuple : qu'actuel- « lement encore, si les affaires le permettaient, il leur « laisserait volontiers le temps de réfléchir sur leur « conduite et de revenir à leur devoir; mais que, comme « les dangers pressants de la guerre ne souffraient pas « de délai , il préférerait le bien public au désir qu'il «avait de faire plaisir à ses collègues; et que, si le « sénat persévérait dans sa résolution , il élirait un die- « tateur la nuit prochaine : que si quelqu'un s'oppo- « sait au décret du sénat, il passerait outre, se conten- « tant du vœu de la compagnie ' , quoique non revêtu

' L'avis du sénat, lorsque, par était néanmoins inscrit dans les ledifférents obstacles , on ne pouvait gislres , et s'appelait «//cYoriVa^. pas parvenir à en former un décret,

« de toutes les formalités ordinaires ». Ce discours lut reçu avec un applaudissement général de tout le sénat. Ahala nomma pour dictateur P. Cornélius, qui le choisit lui-même pour son général de cavalerie. Il y a apparence que la crainte qu'il ne s'élevât quelque désunion entre des généraux qui auraient une pareille autorité, comme cela était arrivé quelques années auparavant , fît recourir à la dictature.

On s'en serait facilement passé; la guerre ne fut ni longue ni périlleuse. Les ennemis furent vaincus en deux combats fort légers, et leurs terres ravagées. Le dictateur, ayant terminé son expédition avec plus de bonheur que de gloire , et étant retourné à Rome , abdiqua la dictature.

Les tribuns militaires indiquèrent l'assemblée pour créer, non des consuls, mais des tribuns militaires; de quoi le sénat leur sut fort mauvais gré. Pour en écarter les plébéiens, ils employèrent un moyen tout différent de celui de l'année dernière , mais qui réussit également: ce fut de faire demander cette charge par ce qu'il y avait de plus illustres patriciens. Le peuple, par respect pour leur mérite et leur réputation, j n'en choisit point hors de leur corps; et il en nomma quatre cette année , qui tous avaient déjà passé par cette charge.

An. R. 348. L. FURIUS MÉDULLINUS.

Av.J.C.404. ^ VALÉRIUS POTIUS. II.

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