‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 59 sur 141 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Description sommaire des jonctions de Védilité.

Les édiles étaient ainsi appelés du mot latin a^des , qui signifie ùdtime/its, édifices : on verra bientôt le rapport de ce nom avec leurs fonctions.

Les premiers édiles furent établis la même année que ^^j^ ^ ^^^^ les tribuns du peuple. C'étaient pour-lors des officiers ^'""•'•6' subalternes , destinés à exécuter les ordres des tribuns , qui se déchargeaient sur eux du soin de quelques affaires moins importantes. Ils avaient l'intendance des édifices, tant publics que particuliers , d'où leur vint leur nom; celle des jeux qu'on donnait au peuple, et celle de la police, qui les obligeait de veiller à la sûreté et à la propreté de la ville , à ce qui concerne les vivres , et à beaucoup d'autres soins pareils , dont on comprend que le détail devait avoir beaucoup d'étendue. Il fut ordonné aussi dans la suite que les Liv. m,. 3, décrets du sénat, aussitôt après qu'ils auraient été arrêtes par la compagnie , seraient remis entre leurs mains pour être déposés dans le temple de Cérès, afin

que les consuls ne fussent point maîtres d'y faire aucun changement. On élisait les édiles tous les ans , au nombre de deux , dans la même assemblée que les tribuns ; et ils étaient toujours tirés du corps du peuple. Les plébéiens demeurèrent seuls chargés des fonctions de l'édilité pendant l'espace de cent vingt-sept ans, Ay. R. 388. jusqu'à l'an de Rome 388. Le sénat alors, qui venait de

Liv. lib. 6, , ... , , IV 1

U.42. se réconcilier avec le peuple en accordant a ceux de ce corps une des deux places de consuls , crut devoir marquer aux dieux sa reconnaissance pour un événement aussi considérable que celui-là, qu'il n'attribuait qu'à un effet singulier de leur protection. H ordonna donc qu'on célébrât les grands jeux , et qu'aux trois jours que dureraient \e& fériés latines y qui étaient toujours accompagnées de ces jeux , on en ajoutât un quatrième. Les édiles ayant refusé dans cette occasion de donner les grands jeux, dont ils avaient peine à faire la dépense à leurs propres frais , les jeunes patriciens offrirent de bonne grâce et avec joie de s'en charger, à condition qu'on leur accorderait les honneurs de l'édilité. Leur offre fut acceptée avec de grandes marques d'approbation et de reconnaissance , et il fut ordonné par un décret du sénat que tous les an» on procéderait à l'élection de deux édiles tirés du corps des patriciens. Ainsi il y eut , depuis ce temps - là , deux sortes d'édiles à Rome. Les uns furent appelés édiles plébéiens ; les autres , édiles eurules , parce qu'ils avaient le droit de la chaise curule ornée d'ivoire, qui se plaçait sur le char dans lequel ils se faisaient porter; distinction attachée aux grandes charges de la ré^Dublique.

Jides César ajouta, pour avoir l'inspection sur les blés, deux édiles, qui fuient nommés par cette raison

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céréales. Mais ceux-ci, outre qu'ils no sont venus que fort tard, sont moins connus dans l'histoire : c'est pourquoi nous ne parlerons que des édiles plébéiens et des édiles curules.

Il est difficile de définir an juste la différence des fonctions de ces deux sortes d'édiles. Cicéron % dans la dernière des Verrines , marque celles des édiles curules, au moins les principales; et il les réduit à l'intendance des jeux qu'on célébrait en Ibonneur de différentes divinités, au soin des édifices sacrés, et à la police générale de la ville. Ensuite il rapporte les distinctions d'honneur accordées aux édiles, telles (pi'étaient le droit de dire son avis dans le sénat, non suivant la date de sa réception dans la compagnie , mais dans un rang plus honorable; la robe bordée de pourpre, la chaise curule, le droit d'image, si propre à illustrer les familles dans la postérité ^ : tous privilèges attachés à l'exercice des grandes charges de l'état. Il est vraisemblable que les patriciens n'avaient pris dans l'édilité que ce qu'elle avait de plus important pour le bien public , et de plus honorable pour eux ; et les trois objets que nous présente le passage de Cicéron, les

' «Nunc sum designatus aedills: dam esse commissam. Ob earuiu

habeo rationem quid a populo ro- reruiu laborciii et soUicitudinem fru-

mano accepeiiin. Mihi ludos sanctis- ctusillos datos , antiquiorein in sena-

sjiuos njaxiiua cum caTÏmonia Ce- tu seiitentiae dicendaj locum, togaiii

reri , Libero , Liberœque faciundos : praetextam , sellam cuiulem , jus ima-

iiiihi l'iorem uiatreiu populo plebi- ginis ad memorlaui posteritatemque

que i'(>inau% ludorum celebritatepla- prodendae. » (Fe/r. 1. 7 [Or«r. 10], 3(>.)

caudaiu : rnlbi ludos aiitiquLssiiuos , ' Les Romains dont les pères

qui priinî Romani sunt nominati, ou les ancêtres avaient possédé des

maximà cum dignitate ac religione charges curules, rangeaient leurs

Jovi, Junoni, Minervaeque esse l'a- portraits dans leurs salles, et on

ciundos : mihi sacrarum .T?dium pro- portait ces portraits en pompe à

curatioueni: mihi lolaui urbem tueu- leurs funérailles.

jeux solennels, les édifices sacrés et publics, la police générale de la ville, paraissent assez de ce genre. Entre toutes ces fonctions, je considérerai ici principalement celles qui regardent les jeux solennels, parce que c'est la matière qui revient le plus souvent dans Thistoire; et je ne la toucherai que légèrement, parce qu'elle me conduirait fort loin, si j'entreprenais de la traiter à fond.

Les jeux solennels étaient chez les Romains , aussibien que chez les Grecs , des cérémonies de religion , et ils se célébraient en l'honneur des dieux, ou pour implorer leur secours dans les dangers et les malheurs publics , ou pour les remercier de la protection qu'on en avait reçue : c'est pourquoi ils étaient précédés, accompagnés et suivis de beaucoup de sacrifices ^

Les principaux de ces jeux étaient ceux du Cirque, circensesy appelés aussi les grands jeux y les jeux romains, ludi magni, ludi romani; et ceux du théâtre, ludi scerùci.

Les premiers sont presque aussi anciens que Rome

même , puisqu'ils furent établis par Romulus en l'hon-

Liv. lih.i, neur de Cousus, dieu des conseils, que quelques-uns

"' *'" croient avoir été le même que Neptune ; et on les

nomma consualia. Ce fut dans ces jeux que les filles

des Sabins furent enlevées.

Viigil. AEu. Nec procul hinc Romani, ut raptas sine more Sabinas

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