‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 4)Chapitre 26 sur 61 · tome · texte numérisé non relu

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(le temps , ayant perdu C. Marcellus, son mari. Antoine passait aussi pour veuf depuis la mort de Fulvie. Car, pour ce qui est de Cléopatre, quoiqu'il ne disconvînt pas de ses intrigues avec elle, il ne la traitait pas sur le pied d'épouse. Tout ce qu'il avait d'amis sensés et judicieux, souhaitaient extrêmement qu'il épousât Octavie , en qui le mérite égalait les charmes. Ils espéraient que cette dame, joignant à une rare beauté la gravité des mœurs, la douceur de la société, et le bon esprit, ne pourrait manquer de se faire aimer d'Antoine, devenu son époux, et qu'elle le guérirait ainsi de sa folle passion pour la reine d'Egypte , dont les suites les faisaient trembler. Ainsi tous les vœux se réunissant pour une alliance si convenable en toutes manières , bientôt l'affaire fut terminée, et le mariage célébré sur-lechamp, sans attendre même que le temps du deuil d'Octavie fût expiré ^ Et comme cette circonstance lui eût imprimé une tache, selon les mœurs romaines, le sénat , par un décret exprès , la dispensa de la rigueur de la loi.

Tel fut le traité de Brindes, qui délivra l'Italie de la Le petit

1 T • • f • 1 triomphe

crainte d une guerre sanglante. La joie en tut si grande, décerne au?

, , . 1 ' ' i deux tréuc-

que, pour la témoigner aux deux généraux, on crut ne ^^^^ pouvoir moins faire que de leur décerner 1 honneur du petit triomphe.

Mais, avant qu'ils fissent leur entrée solennelle dans Rome, Antoine, étant encore à Brindes, ou aux environs de cette ville, se vit exposé à un grand danger de la part des vieux soldats de César, qui avaient suivi Octavien. C)n se souvient qu'il avait promis d'envoyer

' Dlou ajoute quelle était grosse. Mais le silence de Plutaïque iii'autol'ise à en douter. ■'

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d'Orient des sommes pour leur être distribuées; et il l'aurait pu aisément, si son luxe et ses prodigalités le lui eussent permis. Les vétérans s'attroupèrent donc autour de lui, et le sommèrent d'exécuter sa parole. Connue il n'était pas en état de les satisfaire, ils éclatèrent en plaintes : et déjà les esprits s'échauffaient, et le péril devenait sérieux pour Antoine, si Octavien ne se fût rendu sa caution. Afin d'éviter dans la suite un semblable inconvénient, les vétérans furent licenciés, et renvoyés chacun dans leurs colonies.

îividiénus, Les réconciliations des puissants sont souvent une avien , est conjoucture fatalc à leurs amis. C'est ce qu'éprouvèrent

oudamué, ,1,1 • • . i i i , i

tsedouue "<^"^ "^ ceux qui avaient eu le plus de part a la conlamort. fiance d'Octavieu et d'Antoine. Manius fut déféré par Octavien à son collègue, comme le principal auteur des troubles d'oii était née la guerre de Pérouse ; et en conséquence Antoine le fit mettre à mort. En même temps, comme par une espèce de compensation, il découvrit à Octavien les sourdes menées de Salvidiénus, qui commandait actuellement une armée dans la Gaule narbonnaise. Cet homme, né dans l'obscurité, s'était poussé par ses talents et par son ambition jusqu'il devenir l'un des principaux lieutenants d'Octavien, qui l'avait même fait passer sans milieu du grade de simple chevalier h la dignité de consul , distinction presque unique, et qui n'avait jamais été accordée, du moins dans les derniers temps, qu'à Pompée seul. Cependant cette haute fortune ne remplissait pas la cupidité insatiable de ce soldat; et, traître h son bienfaiteur, il avait fait offrir ses services à Antoine pendant le siège de Brindes. Octavien, instruit par Aj-ntoine lui-même de cette perfidie, manda Salvidiénus à Rome sous quel-

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que prétexte; et lorsqu'il l'eut en sa puissance, il lui fit faire son procès par le sénat, qui le condamna à mort, comme ennemi public. Salvidiénus exécuta l'arrêt sur lui-même, et prévint le supplice par une mort volontaire.

Une grande affaire restait encore à terminer aux deux triumvirs. Il fallait ou détruire Sex. Pompée, qui incommodait étrangement l'Italie, ou se concilier avec lui. Mais cet objet nous mènerait à l'année suivante; et je dois placer ici quelques faits qui, sans être d'une aussi grande importance, ne méritent pas pourtant d'être négligés.

Le changement arrivé dans le gouvernement se ma- Canidiuset

. - , , , I , ^ Balbus sub-

niieste de plus en plus en ce que les consuls ont très- stitués dans peu de part aux affaires publiques. Pollion et Domitius Poînoret à Calvinus, qui portaient ce titre, autrefois si grand, ne ^°'"'""'*paraissent tout au plus qu'en second dans tous les événements de cette année. Ils furent même obligés par les triumvirs, après avoir joui de cette vaine décoration pendant un temps, de céder la place à d'autres à qui l'on voulait procurer une pareille ilkistration. Leurs successeurs furent L. Cornélius Balbus, et P. Canidius Crassus, amis, l'un d'Octavien, l'autre d'Antoine. Nous verrons dans la suite Canidius à la tête des armées de ce dernier: et pour ce qui est de Balbus, il était depuis bien des années attaché à la maison des Césars. Sa fortune a quelque chose de singulier.

Il était Espagnol, né à Cadix; et, ayant rendu de Fortune bons services dès sa première jeunesse à Métellus Pius ''*'^^'''"^"'*-

l •> Lic.pro

et à Pompée dans la guerre contre Sertorius , il fut fait ^*'^°par Pompée citoyen romain , qualité qui lui fut disputée en justice, et dans la possession de laquelle il se main-

tint par le crédit de celui de qui il l'avait reçue, et par le secours de Téloquence de Cicéron. Son ambition le détermina sans doute cà se donner à César , comme à un patron capable de le porter plus haut que n'aurait fait Pompée: et par cette démarche il n'encourait point le reproche d'ingratitude, vu qu'alors Pompée et César étaient amis. Lorsque la rupture arriva, il demeura du coté du plus fort; et par sa fidélité constante pour i^eii. II, 5i. César, par son zèle à servir Octavien, il parvint à une

^lin.vii, \'i. ,, . , , . , , .

telle considération , qu étranger (le naissance, citoyen par grâce, et non sans contestation, il devint consul, et fut le premier exemple d'un souverain magistrat de Rome né hors de l'Italie. Il acquit aussi des richesses j3i^ immenses: en sorte qu'en mourant il légua au peuple romain vingt-cinq deniers ^ par tête.

Triomphe Polliou , au sortir du consulat, fut envoyé par An- So.fnlé'"he *^oine faire la guerre aux Parthiniens , peuple d'Illyrie littéraire, qyj avait témoigné beaucoup d'attachement pour Brutus. Il prit la ville de Salones , et fit d'autres exploits qui lui méritèrent le tiiomphe. Mais ce qui lui assure bien plus solidement un rang honorable entre les hommes illustres, c'est la variété des talents de l'esprit, for. 0(i. II, qu'il réunissait tous en un degré éminent. Orateur, poète, historien, il réussissait dans tous les genres. Il protégea dans les autres le goîit pour les arts , qu'il cultivait lui-même avec succès. Virgile, maintenu dans la possession du champ paternel , et produit par lui auprès d'Octavien , en est la preuve. Pollion avait de grandes vues; et il a la gloire d'avoir le premier consacré aux lettres une bibliothèque publique. Il y plaça

, * Dou7.e livres dix sous, rr: Valeur d'un aaréus, ou 20 fr. 45 c. — L.

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les statues des plus doctes personnages de l'antiquité. piin.vir,3o, Varrou fut le seul des vivants, à qui il fit cet honneur. ^^^^' '• Son collègue Domitius Calvinus brille plus dans l'his- Triomphe

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