‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 4)Chapitre 27 sur 61 · de Calvinus · texte numérisé non relu

de Calvinus

toire par ses emplois et par ses titres que par un mente sa sévérité bien décidé. Après son consulat, il alla faire la guerre ^'àVailn-' aux Cerrétans ^ en Espagne , et il acquit l'honneur du p''"^triomphe. Ses exploits n'ont rien de bien éclatant. Mais il est dû des éloges à sa sévérité par rapport à la discipline. Un corps de ses troupes s'étant laissé battre ^jo par les ennemis, et ayant pris honteusement la fuite, ^ •"':*'• Calvinus punit les coupables en décimant plusieurs compagnies, sans épargner même les officiers. Quelques centurions, et entre autres un premier capitaine de légion, nommé Yibulius, souffrirent la bastonnade, supplice ignominieux, et qui allait même souvent jusqu'à la mort.

Sous le consulat de Pollion et de Calvinus, Hérode Hérode défut déclaré par les Romains roi de la Judée. Il y a lieu *^'''jud7è ''^ de s'étonner que ce titre, éteint depuis bien des années, J°*eph. Ant.

T^ * -^ XIV, 20; et

et refusé autrefois par Pompée à Hyrcan issu de tant deBeH.jud. de rois , ait été renouvelé en faveur d'un homme qui non-seulement n'appartenait pas à la maison royale , mais était même étranger et Iduméen d'origine. Hérode en fut redevable à la circonstance de la guerre des Parthes. Ces peuples étaient actuellement presque maîtres de toute la Judée. Hyrcan était leur prisonnier; et ils avaient établi roi Antigone, chef de la branche ennemie d'Hyrcan. Dans cette situation des affaires , Antoine crut qu'il lui était avantageux d'opposer au roi établi par les Parthes un roi reconnu par les Ro-

• Les peuples de la Cerdagne. - -'

mains. Hérode donc, qui était venu à Rome pour exposer le triste état de la Judée , et pour implorer un prompt secours, obtint plus qu'il ne demandait. Comme il savait que les Romains n'accordaient ordinairement le nom de roi qu à ceux qui étaient de race royale , il avait imaginé de demander ce titre pour son beau-frère, le frère de l'infortunée Marianne , qui était petit-fils d'Âristobule par son père, et d'Hyrcan par sa mère; bien entendu qu'Hérode prétendait se réserver toute la puissance et toutes les fonctions de la royauté. Antoine trouva plus à propos de joindre le titre à l'exercice. La personne d'Hérode lui était agréable et à tout le parti de César, soit par ses propres services, soit par ceux d'Antipatre son père. 11 fut donc déclaré roi par un décret du sénat; et les triumvirs y ajoutèrent toutes sortes de témoignages d'honneur , dont on peut voir le détail dans l'historien Josèphe. LoiFakiJia. Une loi célèbre dans le droit romain fut portée cette , î^'"V . même année par le tribun P. Falcidius. Elle tendait à

Justin, lust. I

1. 2, tit. 2... restreindre la liberté indéfinie de tester, dont jouissaient et abusaient souvent les citoyens. Il n'était pas rare, par exemple, que le testateur épuisât sa succession par la multitude et l'importance des legs , en sorte qu'il ne restait presque rien pour les héritiers naturels : depuis loMg-temps on sentait l'inconvénient de ce dernier abus, et l'on avait tenté d'y apporter quelques remèdes, qui s'étaient trouvés inefficaces. Falcidius fit ordonner par une loi que le ijuart des biens du testateur fut affecté nécessairement aux héritiers, et que, si la somme des legs excédait les trois quarts de la succession, il leur fût permis de reprendre sur les légataires de quoi parfaire le quart cpii leur était dû. Ce quart privilégié

HISTOIRE ROMAINE. O.Sc)

a été appelé la Falcidie, du nom du tribun législateur.

Le vieux roi Déjotarus, dont j'ai eu occasion de par- Mort de Dé

,-. -v 1 iotanis. Ses

1er assez souvent , termuia enfin sa carrière dans un endroits âge très-avancé. Il avait joué un beau rôle dans ce qui regarde la conduite politique et les procédés qu'il tint

louables. Sa cruauté foutre sa la-

mille.

à l'égard des Romains, ses protecteurs, ou plutôt ses ^io. maîtres. Ami des plus gens de bien , de Cicéron , de Caton, de Brutus, dans la guerre civile entre César et Pompée, il s'attacha au meilleur parti. Il plia de nécessité sous le vainqueur; mais, après la mort de César, il fit voir que ni les disgrâces , ni même les glaces de l'âge n'avaient point amorti son courage et son audace; et il se remit de haute lutte en possession de tout ce que le ressentiment du dictateur lui avait enlevé. Il donna encore des secours à Brutus, dernier vengeur de la liberté romaine. J'ai regret que , louable par tant d'endroits, Déjotarus ait souillé sa gloire par ses cruautés domestiques. Strabon , et surtout Plutarque, l'ac- strabo, xu. cusent d'avoir été le bourreau de toute sa famille. Il stoïc rcp. la traita comme un vigneron traite un cep de vigne dont il coupe toutes les branches pour en faire prospérer une seule. Ainsi Déjotarus fit mourir tous ses enfants pour établir et élever la fortune de celui dont il prétendait faire son héritier. Les auteurs ne nous apprennent point si ce projet, poussé par des voies si barbares, lui réussit. Son successeur dans la tétrarchie des Galates est nommé Castor par Dion.

Les consuls furent choisis pour l'année suivante conformément au plan arrêté entre les deux triumvirs, c'est-à-dire sur le nombre des amis de l'un et de l'autre. Ceux qui commencèrent l'année sont Marcius Censorinus, et Calvisius Sabinus, dont l'un avait été laissé

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