‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 4)Chapitre 3 sur 61 · Tome XXir. Hisl. Rom · texte numérisé non relu

Tome XXir. Hisl. Rom

l8 niSTOIRH ROMMIVK.

faire nom- titude (Ic la paît (11111 aiiil et d'une créature de son pc're,

mer trilxiii 'i*.^ l l.^ • i-i-

<ii. peuple : " ^Mi cl^^vint que j)!us ardent a poursuivre ce qu il avait Tèntmp!^ entrepris; et, n'éprouvant que difficultés et qu'obstaihe. ^.j^^g ^^Q ]^ pixvt de celui de qui il se crovait en droit d'attendre du secours, il chercha de l'appui du côté du sénat et du peuple. Par le inoven de Cicéron surtout , ainsi que je l'ai déjà dit, et qu'on le verra plus en détail dans la suite, il s'acquit la faveur du sénat. Pour agir auprès du peuple, il aurait bien voulu avoir un Suet. Aiig. titre; et la place de tribun, qu'Helvius Cinna, dont j'ai

c. lo. '■ ' •'

ui«>. rapporté la mort au jour des funérailles de César, avait laissée vacante, le tenta, et lui parut une occasion dont il devait profiter. Quoique patricien, quoi(}ue fort audessous de l'âge requis pour être sénateur, il fit des pratiques secrètes pour parvenir au tribunat. Ti. Canur tius, l'un des tribuns, le secondait. ^Tais Antoine s'opposa encore ici h ses desseins, et lui ota l'esjDérance de réussir. Il ne put lui ôter au moins la voie des largesses et des fêtes, amorces toujours |)uissantes auprès d'une multitude.

Il s'attache Octavicu, piéscuté au peuple par lo tribun Canutius, '''lardés kr-^ termina un discours très- flatteur par s'engager noiigessesetpar seulement à acquitter le legs que César avait fait à

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chaque citoyen de trois cents sesterces, mais à y ajouter encore une libéralité de pareille nature en son propre nom.

Il donna aussi les jeux instifués j)ar le dictateur en l'honneur de Vénus mère, et en mémoire de la victoire de Pharsale, ou, selon d'autres, de celle de Munda. Un collège avait été érigé exprès pour la célébration de ces jeux; mais ceux (pii le coiuiiosaienl ne VDulanl ou n'osant point remplir leur foiulioii, ( )(lavifn s'en

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fliai'iii'a , et en soutint la dépense, (jui était énorme. Il piut. j)rétendit même, suivant ce qui avait été ordonné du '''"""' vivant de César, faire placer au milieu du théâtre la statue ' du dictateur sur un trône enrichi d'or avec la couronne de pierreries : mais Antoine, de concert avec cic. ad a». les tribuns, l'en empêcha, comptant pour peu de paraître manquer de reconnaissance envers un ami à qui il devait tant, pourvu quil mortifiât son rival.

C'est pendant ces jeux que l'on vit au ciel cette fa- Comète du-

V ■ r . ^' I 1 • * raiit les jeux

meuse comète, qui tut regardée par le vulgau-e ignorant que donnait et superstitieux comme le siège de l'ame de César. Pline oètlvien." nous a conservé les propres termes dans lesquels Au- ^'i"»- "• 2'>guste en avait écrit l'histoire, et je crois devoir les rendre ici à mon lecteur. Voici comme il s'en exprimait : <( Dans le temps même que je donnais mes jeux, « une étoile chevelue se montra pendant sept jours dans « la région du ciel qui est voisine de la grande Ourse. « Elle se levait vers la onzième heure du jour (une heure « avant le coucher du soleil) : elle était très -brillante, « et fut vue de toute la terre. La multitude crut que « l'apparition de cette étoile faisait connaître que l'ame « de César avait été reçue au nombre des dieux immor- « tels; et, par cette raison, nous plaçâmes ce symbole « sur la tête de sa statue , que nous consacrâmes ({uelque « temps a[)rès dans la jilace j)ublique. » Ainsi s'établissait ou plutôt .s'accréditait l'adulation impie qui divinisait César. Il avait reçu les honneurs divins pendant .sa vie, et on les lui avait encore décernés après sa mort. Mais le culte de ce nouveau dieu, qui ne pouvait j)lus faire de bien à personne, était fort négligé; et il

' Les auteurs ne parlent que du trône et de la couronne; mais ils supposent sans doute la statue.

OA) HISTOIRE romaint;.

serait infailliblement tombé dans un oubli total, si le fils adoptif de César n'eût acquis Teuipire du monde. L'étoile dont je viens de parler devint l'altribut qui le caractérisait dans les monuments qui furent dressés en son bonneur; et elle paraît sur plusieurs de ses médailles qui nous restent encore aujourd'bui. Il vend t.iis Pour fournir aux prodigieuses dépenses, soit des dis-

ics biens (le .

la succession tributïous d'argcut promises au peuple, soit de l'appa-

de César. ., l • . , .,

ciiicaues du red des jeux, Octavien neut d autre ressource que de

consul. , I /• 1 1 1 • A

Appian, vcnclre tous les londs de la succession, et même son propre patrimoine, et juscju'aux biens de sa mère et de son beau-père, qui s'étaient enfin résolus à entrer dans ses vues et à favoriser de tout leur pouvoir ce qu'ils avaient inutilement voulu empêcber. Il était parti de Brindes avec quelque argent, que lui avaient remis ceux qui se trouvèrent dans cette ville dépositaires de deniers publics. Mais ces sommes vraisemblablement avaient été dépensées dans sa marcbc de Brindes à Home. Antoine, bien loin de relàcber aucune partie de celles sur lesquelles 11 avait mis la main, se faisait payer cbèrement la justice qu'il lui rendait sur les cboses les plus communes. Il le fatigua même par toutes les avanies qu'il put imaginer. Ce fut, sans doute, par son inspiration que le sénat rendit un décret pour faire la recbercbe des deniers, appartenant à la république, que César s'était appro|)riés. On suscitait des particuliers j)our redemander les terres dont ils avaient été déj)ouillés par le dictateur. On revendiquait pour le trésor publit; les confiscations des exilés. Enfin, Pédius et Pinarius, robériliers d'Oetavien, furent obligés de retirer leur quart pour le mettre à Tabri des cbieanes du consul : mais ils le cédèrent ensuite généreusement à celui (|ui

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était l'unique espérance des amis et des parents de César. Tout ce qu'avait possédé le dictateur fut donc vendu, et vendu à vil prix, parce qu'Octavien, d'une part, était bien aise de faire sa cour aux acheteurs, et de gagner par là des partisans; et que, de l'autre, il se hâtait de faire passer ses effets en d'autres mains pour les soustraire à la malignité de son ennemi. Le jeune César se montrait ainsi digne héritier de celui dont il portait le nom, eu hasardant tout pour s'élever, et en commençant par se ruiner pour parvenir à la plus haute fortune. H réussit en effet par cette conduite à se faire adorer de la multitude et à lui rendre Antoine infiniment odieux.

La division entre eux fut bientôt portée aux derniers BrouUieries

.et réconci-

excès. Antoine ne cessait de donner de nouveaux sujets liation entre tle plaintes a Octavien; et celui-ci en prenait occasion vien est acd'invectiver publiquement contre Antoine, s'arrêtant au J^^^l^e^d'avo^r coin des rues, et haranguant la populace qui s'attrou- ^""^"ss^eJ.'^^ pait autour de lui. Son nom, sa jeunesse, les tours insinuants et adroits qu'il savait employer, une physionomie douce et noble en même temps, l'injustice manifeste des procédés d'Antoine à son égard, tout concourait à rendre sa cause favorable. Les officiers même de la garde du consul, qui avaient tous servi sous César, et qui étalent tendrement attachés à sa mémoire, s'intéressèrent pour son fils, et déclarèrent à Antoine qu'ils souhaitaient une réconciliation entre lui et Octavien. Une telle recommandation différait peu d'un ordre auprès d'un homme à qui l'affection des gens de guerre était absolument nécessaire pour exécuter ses projets. Elle se fit donc, cette réconciliation, mais (le mauvaise foi de part et d'autre; et elle fut

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bientôt suivie d'une nouvelle rupture et de nouvelles démarches pour un raccoinmoden^ent. Tout ce manège aboutit enfin à une inimitié déclarée. Antoine accusa le jeune César d'avoir sollicité quelques soldats de sa garde pour l'assassiner ; et il fit comparaître ces soldats devant un tribunal doincsti({ue composé de ses amis. Octavien jeta les hauts ciis : il vint à la maison du consul pour se justifier; et, n'ayant pas été admis, il demeura à la porte , faisant son apologie, déclamant avec force, et soutenant, au contiain^, que c'était Antoine qui tous les jours lui tendait des embûches. Il y a néanmoins grande apparence que le foit articulé j)ar Sen.dcCicin. le cousul était Vrai. Sénè([ue et Suétone le donnent Suet! Àiig. pour constant : et Cicéron , dont l'autorité est au-dessus de toute exception, s'en explique d'une manière à ne laisser aucun doute. « L'accusation intentée par An- « toine contre Octavien passe \ dit- il, dans l'esprit « de la multitude pour un prétexte inventé à dessein « de perdre ce jeune homme et de le dépouiller de ses « biens. Mais les gens sensés et les bons citoyens croient « la chose, et l'approuvent. » Si Antoine ne poussa pas l'affaire jusqu'à un entier éclaircissement, c'est qu'il voyait tout le peuple tellement prévenu en faveur de son ennemi, (pi'il n'esjiéra pas réussir à se faire croire. Après un si grand éclat il ne restait plus qu'à courir aux armes des deux j)arts; et c'est ce que firent Octavien et Antoine, chacun de leur côté. Mais la différence de leur situation était graiule à cet égard. T^e premier, sans titre et sans autorité, n'a\ait (juc la w-

■ ' '< Multitudini flctum abÂiitiiiiio ;iiiti'iu i-t huni \ iii et cicdiint factiiin. ci'imtfii vidctiir, ut in pcruniain .'iilo- et {)rol)aiit. ■■ ( (!i<:. ne/ Fnm. \ii . l«-!icentis iiiij>i;tuin faciiit. Pnuli-iilcs '^^■)

Ils cinjrL'iit ai.x armes.

Il IS 1 Ol 11 t: ItU.M \\ ^ K. 23

coinmaïulation de son nom, son argent, ses promesses, pour attirer à soi les vieux soldats de son père adoptif ; au lieu qu'Antoine, non-seulement était consul, mais avait à ses ordres des légions toutes prêtes, dont le commandement lui avait été assigné par autorité publique.

C'étaient les légions de Macédoine, destinées par Antoiuc fait

,, , ^ , I T» I » • '' passer les 1(-

Cesar a la guerre contre les rartnes. Antome, s étant gionsdeMafait donner, comme je l'ai dit dans le livre précédent, Italie. le gouvernement de cette province, dont il priva l>rutus, fît aussi changer la destination des six légions qui s'v trouvaient, et s'en rendit le clief. Il en céda pourtant une à Dolabella, à qui avait été attribué le gouvernement de Syrie, ôté à Cassius. Ce n'était encore là que le commencement des projets d'Antoine. 11 s'agissait d'amener en Italie les cinq légions dont il avait le connnandement. Pour s'en fournir un prétexte, et en même temps pour achever de dépouiller les conspirateurs, il demanda au sénat le gouvernement de la Gaule cisalpine, dont Décimus Brutus s'était mis en possession. Cette compagnie n'ayant eu garde d'écouter une pareille requête, il s'adressa au peuple: et, aidé, selon Appien, du crédit du jeune César, avec lequel il était alors dans un intervalle de réconciliation, il obtint ce qu'il voulut; et ensuite il fit échoir la Macédoine à son frère Caïus, actuellement préteur. Son premier soin fut alors d'envoyer ordre aux légions de Macédoine de se tiansporter à Brindes; et lorsqu'il sut qu'il y en avait quatre d'arrivées, il partit pour aller se mettre à leur tête.

Mais avant que de s'éloigner de Rome, voulant sans Démarches

1 1 1 ■ p 1 ' !■>• • i)opuIaires

doute se laver' du reproche trop bien fonde d mgrati- d'Autoiue.

24 niSTOIRF. IlOMAINr:.

cic. adFam. tude envcrs César, il lui dressa une statue sur les Ros-

XII, 5. . ..i • • i* ^

très, avec, cette inscription : parenti optime merito : c'est-à-dire, au père et bienfaiteur de la patrie. Un tel hommage rendu à César était une invective contre ceux qui l'avaient tué, et tendait, selon la rei.-.arque de Cicéron , à les faire regarder, non pas simplement comme des assassins, mais comme des parricides. Rien ne pouvait être plus désagréable au sénat. Mais Antoine ne ménageait plus cette compagnie. Il ne pensait qu'à s'attirer les bonnes grâces de la multitude et des gens de guerre. Dans cette vue , son frère f Aicius , qui était tribun, proposa une loi agraire dont l'objet était de distribuer aux citoyens, entre autres terres, les marais Dio. Pontins, qui n'étaient pas encore desséchés. Cette libé-

Cic. Piiil. IV, ,.,,.,. , . , ^

la, i3, 14. ralite, chnnerique en grande partie, valut a son auteur quatre statues : une de la part du peuple, avec une inscription par laquelle les trente-cinq tribus le reconnaissaient pour leur patron; une autre de la part des chevaliers romains, qui lui donnaient le même titre; la troisième lui fut érigée par les tribuns militaires qui avaient servi sous César, et la quatrième par les négociants et banquiers.

Cic. Wiii. II, Le consul Antoine lui-même conduisit une colonie à Casilin, ville de Campanie, quoique César y en eût

Di(),Ai)()iau. déjà établi une très- peu de temps auparavant. Et, pour se faire aussi des créatures parmi les citoyens du j)remier ordre, il entreprit de donner ou proroger à sa

cic.ad.Fam. fautaisic les gouvernements des provinces. Ce ne fut

qu'après toutes ces opérations ([u'il parfit |)our Ihindes

le neuf octobre.

Ortavion at- Oclavicn , voyaiit son adversaire se mettre en moutire a lui le» 1 f. ■ -l'il .•. '1

viouxsoidat» vement avec des tonnes si considérables , sentit «pi il

iiisroiii 1 iU)MVi^r. a5

allait tire accablé, s'il ne trouvait le moyen (rassenihler ,iesoi. père. des troupes pour sa défense. Il parcourut la Campanie, ètv, êtâd' le Sainniuin , et toutes les parties de l'Italie oii les vieux ^"" '""' soldats de son père avaient reçu des établissements. Il réussit à s'en attaclier un grand nombre, en leur donnant à chacun cinq cents deniers ^ En même temps il travailla, par des émissaires secrets, à débaucher les légions d'x\ntoine. En un mot , il n'omit rien de ce qui })0uvait le mettre en état d'opposer la force à la force.

Brutus et Cassius n'avaient pas attendu pour aban- r.rutuset donner l'Italie qu'elle devînt le théâtre d'une guerre ahaudou-

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