‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 4)Chapitre 4 sur 61 · Tl 1. " I i" r 1. • neiit l'Italie · texte numérisé non relu

Tl 1. " I i" r 1. • neiit l'Italie

sanglante. 11 est vrai que leur parti ne tut pas pris ^t ..absent lu d'abord. Ils se tinrent pendant un temps dans le voi- '"'''■ sinage de Rome, toujours prêts à profiter de la première occasion qui se présenterait d'y revenir.

Les jeux que Brutus, en sa qualité de préteur de la piut. ville, devait donner au peuple, leur offraient une espé- '^^.,''^o,ct rance. Dans cette vue, Brutus en fit les apprêts avec ^^'' '"^• toute la magnificence possible. Aux spectacles du théâtre il ajouta des combats de bêtes fauves. Il en avait rassemblé un très-grand nombre, et il n'en vendit ni n'en réserva aucune, mais voulut que toutes fussent sacrifiées au plaisir de la multitude. Il vit à Naples la troupe de comédiens et de musiciens qui lui louaient leurs services, désirant s'assurer par lui-même de leur capacité et les encourager à bien faire. Il écrivit à ses amis pour engager un acteur célèbre, que Plutarque nomme Caniitius, à jouer dans les pièces qui seraient représentées. Enfin il prenait cette affaire tellement à cœur, qu'il pria et pressa Cicéron de quitter la campagne , où il s'était retiré, comme je l'ai dit, et d'aller à Rome assis-

' 7.5o livres.

'JtG ri I s T () [ n K II O M A I \ V.

ter à ses jeux. Cicérou ne trouva ni dignité ni sûreté pour lui à faire cette démarche. Le péril était sans comparaison plus grand pour Krutus. Aussi n'osa-t-il s'y exposer: et C. Antonius, son collègue, fît en sa place les honneurs du spectacle, qui fut exécuté dans les commencements de juillet.

Le succès n'en fut pas tel que l'avaient espéré les conspirateurs et leurs amis. La multitude fut charmée de la heauté et de l'ordonnance de la fote : elle témoigna regretter l'absence de celui qui la lui donnait et désirer son retour. Ou applaudit, on battit des mains: mais on s'en tint là; et ce fut un nouveau sujet ' de douleur pour Cicéron « que le peuple romain employât « ses mains pour applaudir et non à défendre la répu- « blique w. Dans le vrai, le peuple romain n'était plus qu'un nom : les factions le déchiraient, les grands le tyrannisaient; et le parti d'Antoine, les gens de guerre, tous ceux qui étaient attachés à la mémoire de César, troublèrent et interrompirent les jeux j)ar leurs clameurs violentes, jusqu'à ce qu'ils eussent réduit au silence ceux qui s'intéressaient pour Brutus.

Cette tentative ayant échoué, Brutus et (bassins comprirent qu'il leur restait peu d'espérance de se rétablir et de rétablir avec eux la forme ancienne du gouvernement: et lors({u'ils virent qu'à mesure que les (choses se développaient, les armes prenaient de plus en plus le dessus sur les lois; que toute l'Italie se partageait entre Antoine et le jeune César, sans que presque per- .sonne songeât à la république; que les troupes paraissaient disposées à se vendre à celui des dcu\ cluls tjui

■ "Milii qiiii lii'lior.i Miiit, cù |)liis (Iciulii i ii)ul)lica , scd in |il.iiiilcnili) . .sl()iii.'i<:lii et liiolcslix est, popiiliiiii ronsiiiiiric. •> ((iic. tul .ttl. xvi, 2. ) l'oiii.'iiiriiii ni.'inus sua» non in dcleii-

HISrolHi: HO.AI AliN E. O.J

achcli-rait leur sccuurs à plus haut prix, ils se persuadèrent enfin que, dans un état aussi corrompu, rameur de la justice et des lois était une faible ressource s'il n'était soutenu par la force. Comme la commission qui leur avait été donnée de fournir la ville de blé leur avait procuré le prétexte et les moyens d'assembler quelques vaisseaux, la mer leur était ouverte, et ils n'avaient aucun péril h craindre dans le trajet. Brutus se rendit à Vélie % ville maritime de la T^ucanie, pour être à portée de s'embarquer dès le moment que la situation des choses le demanderait.

Il séjourna quelque temps dans cette ville; et il y était encore le quatre du mois d'août, comme il paraît par une lettre datée de ce jour, et écrite par lui au consul Antoine, en son nom, et au nom de Cassius. Cette lettre, qui se trouve parmi celles de Cicéron , respire une noble fierté et une audace généreuse, mais néanmoins modeste : et je crois faire plaisir au lecteur d'en transcrire ici une partie. Antoine leur avait écrit d'une façon outrageuse et menaçante. Ils repoussent Cic.adr.iiii. l'insulte avec force, et voici ce qu'ils répondent aux menaces: « N espérez point nous intimider parla puis- « sance de vos armes ^. Il serait indigne de nous de

• Celle ville était située uon loin (lu cyp Paliuure, (jui conserve encore aujourd'hui son nom.

* « Arniorum fiducià niiiil est (jund nos terrcas. Neque enim decet , aut «onvenit nobis, peiiculo ulli subniitl<Te aiiinium iiostruni. Neque est An" tonio postulanduni , ut iis iinperet <|uoi'uni operà liber est. Nos si alia liorfarenturnt hellunt civile suscitare \ellenius, iittera* tu;e niiiil pnjliee-

rent : nulla enim iniuantis auctorltas apud liberos est. Sed pulchrè intelligis non posse nos quôquani iuipelli; et fortassis eà re niinaciter aj^is, ut judicium nostrum inetiis videatur.

Nos in bac sententia sumus, ut te cupianius in libéra republica magnum atque bouestum esse; vocemus te ad nullas ininiicitias; sed tamennostram liberlatein pluris qiiàm tuam amicitiam jestimemus. 'l'u eliani atque

« souffrir qu'aucun danger triomphât de notre courage, « et Antoine ne doit pas prétendre commandera ceux à « (jui il a obligation d'être libre. Si nous avions des rai- « sons d'exciter une guerre civile, votre lettre ne nous « en empêcherait pas. Car des hommes libres comptent « pour peu les menaces: mais vous voyez parfaitement « qu'il n'est rien qui puisse nous portera un parti ex- « trême;et c'est peut-être parce motif que vous prenez « le ton menaçant, afin que la résolution que nous em- « brassons par notre choix paraisse l'effet de la crainte, a Nous vous dirons franchement ce que nous pensons «à votre égard. Nous souhaitons que, la république « demeurant libre, vous y teniez un rang distingué et « des plus illustres : nous ne cherchons point à devenir « vos ennemis; mais notre liberté- nous est plus chère « que votre amitié. Pour vous, pesez plus mûrement ce <c (jue vous entreprenez, ce que vous êtes capable de « soutenir ; et considérez , non pas combien d'années a « vécu César, mais combien peu de temps il a régné. « Nous prions les dieux que vos conseils et vos des- « seins soient salutaiies à la république et à vous-même « tout ensemble; sinon, notre vœu sera que, sans nuire « à futilité et à la gloire de la république, ils ne vous « nuisent à vous (|ue le moins (pfil sera possible, w

Cette lettre ne convertit pas Antoine, assurément ; mais il me semble qu'elle fait beaucoup d honneur à ceux qui l'écrivirent, si ce n'est que raversit)n (ju'ils v tenToignent pour une guerre civile ne se conciliera pas

l'iiarii \idf quid suscipias, (juid sus- silia tua ri'ipublicx saliitaria siiit a<'

■tinere possl.s: ncqiip, quàm diù vixe- libi : si niiniis , ut, salvà atque 1h>-

rlt Ca'sar, si'd qiiàiii non diù rcfjnàrit, ncstà rc[)ul)lif;i, tihi qnàin ininhntini

fac cogilfs. J)((is (|ii;L'.->iinius, i:t cori- noccant, o|)taimis. ■•

Plut, in Bruto.

lIISTOlIli; KOMAINE. ^Q

aisriiK'nt avec les déinarclies que nous leur verrons faire dès qu'ils auront passé la mer.

Porcia avait suivi Brutus son époux à Vélie : et ce Adieux de fut là (ju'elle se sépara de lui pour ne le plus jamais ''^rutus * revoir. Elle pressentait ce malheur, et sa douleur était très-vive ; mais, pleine de courage, elle renfermait et cachait les alarmes dont elle était frappée. Un tableau la décela : c'étaient les adieux d'Hector et d'Andromaque peints d'après Homère, qui les a si tendrement et si vivement décrits. Porcia, à cette vue, qui se rapportait si fort à sa situation, ne put retenir ses larmes, et on la vit pleurer plusieurs fois pendant le jour. C'est ce qui donna lieu à l'un des amis de Brutus, nommé Acilius, de rappeler deux vers célèbres qu'Homère met dans la bouche d'Andromaque. « Hector % vous me te- « nez lieu de père, de mère, de frère. Ajoutez à tant « de titres celui de tendre et aimable époux. » Brutus trouva l'application juste; mais il observa qu'il ne lui était pas permis d'user à l'égard de Porcia du même langage qu'Hector adresse à Andromaque', ni de lui recommander de s'occuper de sa tapisserie, de sa quenouille, des soins qui regardent l'intérieur de sa maison. (fCar, ajouta-t-il, par la faiblesse de son sexe, '( elle est sans doute hors d'état d'atteindre à des actions « qui égalent les nôtres. Mais, par l'élévation de ses « sentiments et par l'amour de la patrie , elle peut aspi-

' Ey.T&p , aras au u.ii ècal 71*77,3, y.xl Trorvia firlrvio, H'U xacîyvriTo;, ait ^é 0.01 âoXepôç TrapajcoÎTïii;.

(HoM. Iliad. vr, 429, 43o. )

A>3,' o'jx caoïy's'.TTcV , 77fô; ricp- 2Mji.aTC.; yàp àTroXêiTveTai ipûaci

y.îav EiïEiot oâvai rà to'j ExT&poç, tûv ïa(ù•^ âv(5'pxya6rifj.â7uv • piip.Y)

Içcv T"v.ay-âTr,v Tc , xal àixoiiro- (5" û~èp t^; tt^z^I^o; iiujizif y,(i.=î;

Xoiori x-'Xeue. àpiçeûffei.

XV , lî

« rer à l'héroïsme comme nous. » Porcia s'en retourna à Rome. Brutus passa la mer, et vuit à Athènes, et Casslus partit fort peu de temps après.

Pendant qu'ils se disposaient à s'éloigner de l'Italie, (iicéron y revenait. Voici Thisloire de son voyage, qui est lié avec les affaires générales de la république. Voyage en J'ai parlé dcs motifs qui l'avaient déterminé à quit-

(Irèce eutre- .p. , ' • i ' i l i

i)ri.s par tcr Komc et a passer un tenqis considérable dans ses cic."ad'*Att. uiaisous de canq)agne. 11 y fut tourmenté par la crainte, voyant bien où les projets d'Antoine le menaient, et ne doutant point ([u'il ne répandit bien du sang, sous le prétexte de venger la mort de César, mais, dans la réalité, pour se défaire de ceux qui pourraient faire obstacle à ses projets ambitieux. L'indignation et le dépit n'agitaient pas moins le cœiu^ de Cicéron à la vue de la domination que le consul usurpait dans Rome, et de la façon odieuse dont il en abusait , l'exerçant par des rapines, par des injustices de toute espèce, par le renversement des lois et l'oppression du sénat, sans ménagement, sans pudeur; en sorte qu'il donnait lieu à notre orateur de regretter jnesque César. 11 remarque en plus d'une occasion ([u'Antoine gardait infiniment moins de mesures que celui dont il feignait d'exécuter les volontés: et, après tout, Cicéron avait de la considération auprès de César, au lieu qu'il n'en avait aucune auprès d'Antoine. «J'étais', dit-d, si bienvenu « de ce malheureux dictateur, sur (jui ji> ])rie tous les « dieux d'épuiser leiu' vengeance encore apiès sa mort,

' ■• Ita pralii)si «■laiiilis apnd illmii iiiiuiis ille lii^jifiiduh. lUiljeo , iiiibi

.((juein dii luortuum pcrdiiiiil 1 ) ut crede : »ed jam si ripserain ; drleic

noslra- a-lati , (|iioniam iiitci f'icto rc- iioini. •• (Cir. ad Jtt. xv , /(.) "(• lilitii iiiiti similis, 11(111 (iitiit (lo-

II IS TOI i; K HOMAINF. 3l

« que, puisque la mort du tyran ne nous a point ivndu « la liberté, la servitude sous un tel maître n'était pas « le plus grand des malheurs pour un homme de mon « âge. Je rougis de l'aveu (jue je vous fais; mais je l'ai «écrit, je n'ai pas voulu l'effarer.))

Avec de tels sentiments, cpii montrent comhien l'intérêt prt)pre influait sur les démarches de Cicéron, on ne sera pas surpris de le voir ([uitter Home et l'Italie dans un temps où la patrie opprimée semblait avoir un plus grand besoin de son secours. Il se frappait de l'idée d'un péril que la peur lui grossissait, ou du moins rapprochait trop de sa vue. Car il n'était pas dans le cas de Brutus et de Cassius, n'ayant pas trempé dans la conspiration contre César. Et si, dans l'état actuel des choses, il ne se trouvait pas à portée de se rendre utile à la république, la face des affaires pouvait changer d'un instant «à l'autre, et lui présenter des facilités inujrévues et d'heureuses occasions. Ces considérations ne le touchèrent pas; et, depuis le commencement d'avril qu'il sortit de Rome jusque vers la fin de juin qu'il s'embarqua % il paraît, dans ses lettres à Atticus, toujours occupé de la pensée d abandonner, au moins pour un temps, l'Italie.

Le camp de D. Brutus dans la Gaule cisalpine, ou (■'<■ ad Att.

, . , , xiv, i'S-i(),

celui fie Sex. Pompée en Espagne, auraient ete pour aa. lui des asyles. ^lais ce parti ne convenait ni à son âge, ni à son caractère. Il s'applique à lui-même, avec un

' Dans tout cet espace de temps il dès le lendemuin , ou peut-être le,

no fit qu'une courte ;ipparition à Ro- jour nièuie , il repartit de la ville.

me pour se trouver au sénat le pre- (Cic. Phil. ii, n. io8 ; et, ad .-/«. x^ ,

niier juin. Mais la craiute des armes 8 et 9. ) d'Aiildine reinpècli.i d'y assister: et

léger changement , les paroles que Jupiter adresse clans Homère à Vénus: «La guerre n'est point votre fait^ : « ce sont les aimables soins de la doctrine et de l'élort quence auxquels vous devez vous livrer.» Son aversion pour l'armée, surtout dans une guerre civile, était si forte, qu'il déclare, en termes précis, que, plutôt que. d'y aller, il aimerait mieux mourir mille fois.

Restait de passer en Grèce et de fixer pendant quel- (jue temps son séjour à Athènes. Une raison particulière l'attirait dans cette ville. Son fils, âgé pour- lors de vingt-un ans, y prenait actuellement les leçons du pliilosophe Cratippe. Cicéron , père tendre et en même temps éclairé, qui aimait son fils, et ne s'aveuglait pas sur le peu de talent que ce jeune homme avait reçu de la nature, comptait, ou lui être utile' par sa présence, ou voir de ses yeux ce que l'on pouvait s'en promettre. Après avoir long-tenqjs balancé, il se résolut à partir pour Athènes : et, s'étant embarqué, comme je l'ai dit, vers la fin du mois de juin , il côtoya la Campanie, faisant de petites traites, s'arrétant souvent, et prenant la route du détroit, parce que celle de Brindes ne lui paraissait pas sûre, à cause des légions d'Antoiiie dont cette ville était le rendez-vous. Il se proposait, en partant, de revenir à Rome pour le commencement de Cic.Pi.il. I, l'année suivante, lorsque Pansa et Ilirtius prendraient possession du consulat.

' TEJtvov èuLOv , o'j TCi (Je^oTai 7Ti:).£u.T.ïa spya. AA/,a ffu Y [«.epoevra jjiTepy^eo epya Aoycto . {Iliad.Y, 428, 429.) * Il y .1 dans Homère epya Yâ[iOio , ce «[ui regarde les mariages.

» .. Aiit pio'leriiiiu.s iiliijiiiil ( lie» roui ; aiil . (iii.itiliim iirdlici ]ii)ssit , judicabimua. » (Cic. (id yiu. xvi, 3.)

inSTOrHE ROMAINE. 3j

( .is doux lioinines, civatures et amis fulMcs de César, coiisorvaiont un tondre altachenient pour sa mémoire, et ne pouvaient par conséquent aimer Brulus. Mais ils aimaient beaucoup Cicéron; surtout Hirtius entretenait une liaison particulière avec lui. Tous deux ils avaient une extrême opposition pour Antoine, dont la conduite tvrannique les révoltait. Ils paraissent avoir été gens d'honneur, aimant la patrie et le bien public, considérant et respectant l'autorité du sénat. En un mot, quoique Cicéron en dise quelquefois du mal dans ses lettres à Atticus, il les estimait assez pour vouloir se retrouver à Rome, et recommencer à prendre part au maniement des affaires publiques dès qu'ils entre- . raient dans la souveraine magistrature.

Il arriva à Syracuse le premier d'août, et, ne s'y d^. j,j,ii j étant arrêté qu'un jour, il remit à la voile pour faire 7.8;etad

l J 1 Att. xvr , 7.

le trajet ; mais les vents contraires le repoussèrent à

Leucopétra % promontoire d'Italie, voisin de Rhége. 11 ^

en repartit quelques jours après, et fut encore reporté

par les mêmes vents au même endroit. Alors il apprit u^.jj^^ ^ j^.

des nouvelles de Rome , qui le firent changer tout d'un >ésoiution,

•^ »-' et revient a

coup de résolution. On lui disait que les choses se dis- Rome, posaient à se pacifier; qu'Antoine se relâchait de ses prétentions sur la Gaule cisalpine; que Brutus et Cassius pourraient revenir à Rome, et (|ue l'on blâmait un peu son départ. Cicéron crut avoir obligation *, selon qu'il le témoigne lui-même, aux vents étésiens, qui, comme de bons citoyens, avaient refusé de lui tenir compagnie lorsqu'il abandonnait la république : ou ,

' Capo deir arini. me Etesiae , quasi houi cives , relin-

' '< Iratusteinporibus, inGracciam, qucntein rempublicaiu prosequi no-

'lesperatâ libertate, rapiebar : quuiu luerunt. -> ( Cic. ad Fam. xii, 25. )

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