Tome XX IF. Mis t. Rom
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Combat na- Ménécrate était brave, bon marin , et de plus ennemi ^Cures.*^^ personnel du traître Menas. Dès qu'il eut rencontré près de Cmnes la ilotte oii était son adversaire, il chercba à eno^ager le combat. Il paraît que Calvisius avait ordre de l'éviter. Ce qui est certain , c'est que, au lieu d'accepter le défi, il continua à filer le long des côtes, avançant vers le détroit. Ménécrate profita de cette disposition des ennemis pour les attaquer avec avantage et pour les acculer contre la terre, pendant que lui il avait ses derrières libres et exécutait avec facilité toutes les manœuvres nécessaires. Déjà il avait fracassé, roulé bas, mis bors de combat plusieurs vaisseaux, lorsqu'il aperçut celui de Menas, et en fut réciproquement reconnu. La haine mutuelle porta ces deux rivaux à quitter tout pour s'acharner l'un sur l'autre. Le choc fut si violent, que l'éperon du vaisseau de l'un fut emporté, et l'autre y perdit tout un coté de ses rames. On en vient à l'abordage : mais le vaisseau de Menas avait un grand avantage sur celui de Ménécrate , parce qu'il était plus haut de bord. Au plus fort de la mêlée , les deux chefs sont blessés presque en même temps, Menas au bras, Ménécrate à la cuisse. La blessure du premier n'était pas bien considérable: mais Ménécrate, devenu inhabile au combat, et ne pouvant plus payer de sa personne, animait pourtant les siens à bien faire, jusqu'à ce que, voyant son vaisseau forcé et pris, il se jeta dans la mer pour ne pas tomber au pouvoir de son ennemi.
. J.a mort de Ménécrate égala à peu près les choses entre les deux partis. Démocharès, sou lieutenant, et affranchi, comme lui, de Sextus, quoiqu'il eût perdu beaucoup moins de monde et de vaisseaux que Calvi-
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sius, se retira néanmoins dans le port de Messine, et laissa à l'amiral d'Octavien la liberté de poursuivre sa route pour venir joindre son général.
Octavien, avant reçu la nouvelle du combat de Cu- Autre rom-
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mes, sortit du port de llhege avec sa tlotte garnie de locdeScyiia bonnes troupes, et passa le détroit, côtoyant toujours d'OHavîeiT l'Italie , pour recueillir son lieutenant. Sextus observait *""' t"^''"'' de Messine les mouvements du triumvir. Il le suivit; et, l'ayant atteint près de cet écueil si fameux dans la fable, le roc de Scylla, il l'attaqua brusquement. La position des deux flottes était à peu près la même qu'au combat de Cumes, et le succès ne fut pas différent. , . , i Toute la bravoure des soldats légionaires d'Octavien '
ne put résister à la supériorité que donnaient aux gens de Sextus leur habileté dans la marine et l'avantage de leur situation. Démocharès , qui avait été substitué par Sextus à Ménécrate, secondé d'ApolIopbane, autre affranchi de leur commun patron , coula à fond plusieurs des vaisseaux ennemis, en brûla d'autres; et tout aurait été peut-être ou détruit ou pris, si, sur le soir , les vainqueurs n'eussent aperçu Càlvisius qui approchait. Ils se retirèrent à cette vue, laissant la flotte et l'armée d'Octavien dans un désordre inexprimable.
La terreur y était si vive et si forte, que la plupart quittèrent leurs vaisseaux et se sauvèrent à terre, où bientôt la nuit les surprit, sans qu'ils trouvassent ni retraite pour se défendre des injures de l'air, ni vivres pour se soutenir. I^eur unique ressource fut d'allumer des feux pour avertir le voisinage qu'ils avaient besoin de secours. Us ne savaient pas même que Càlvisius fût près d'eux, parce qu'ils n'avaient pu découvrir sa flotte, qui leur était cachée par les côtes. ''< ■ • ► ,.' '
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Au milieu de cette multitude tremblante et désolée, Octavlen conserva tout son courage. Manquant lui-même de tout, il n'était occupé que de ses soldats, et il allait des uns aux autres, les exhortant à patienter jusqu'au jour. Heureusement une légion qui n'était pas loin , ayant aperçu les signaux, accourut aux endroits où elle voyait des feux allumés, apportant les rafraîchissements les plus nécessaires et pour le général et pour les troupes. En même temps Octavieu apprit que Calvisius arrivait; ce qui lui rendit sa tranquillité, et lui permit de prendre quelque repos.
Une tempête ^^'^ lumièrc de retour lui présenta un triste speclaachève de ^.|g . g^g vaisscaux brisés ou endommagés par le feu, et
ruiner les *-" ^
forces nava- leurs agrès dispersés ou flottants sur la surface des
les d'Octa- D J
^ieu. eaux. Ce n'est pas tout encore. La tempête vint achever de détruire ce qui avait échappé aux ennemis. Tout d'un coup il s'éleva un vent de sud si violent, que nul art, nulle force ne pouvait y résister. Sextus avait fait rentrer sa flotte dans le port de Messine : mais celle d'Octavien était poussée contre des cotes qui n'offraient aucun abri; et, pour comble de malheur, ses vaisseaux n'avaient pas même un nombre suffisant de matelots pour la manœuvre, la plupart s'étant sauvés à terre après le combat.
La flotte de Calvisius souffrit moins, parce que Menas, qui était savant dans la marine, ne vit pas plus tôt la tempête commencer, qu'il s'avança vers la pleine mer, où les vagues étaient moins fortes; et là, ayant jeté l'ancre, il ordonna à toute sa chiourme de ramer avec vigueur contre la direction du vent; et il se maintint ainsi en état, regagnant par le mouvement de ses rames ce que le vent lui faisait perdre.
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Au contraire , la flotte que commandait Octavien en personne, s'étant tenue près du rivage, fut prodigieusement maltraitée. La violence du vent et de la mer soulevée arrachait les ancres, rompait les cordages; et les vaisseaux se heurtant les uns les autres, ou portés contre les écueils , se brisèrent presque tous, et périrent avec la plus grande partie des hommes qui les montaient. Cette tempête furieuse dura l'espace d'un jour et d'une nuit ; en sorte qu'elle eut tout le temps de rendre complet le désastre d'Octavien.
Il en fut si pénétré de douleur, que, ne pouvant soutenir la vue d'un mal auquel il n'avait aucun remède à apporter, il se relira à Vihone; et de là il distribua ses troupes de terre dans toutes les places maritimes pour se précautionner contre les entreprises que son ennemi pourrait faire sur l'Italie après un si grand avantage. Mais Sextus, plus courageux poiir se Sextus ne défendre qu ardent a attaquer , manqua une si belle oc- fiter de l'oc casion; et, par une négligence inexcusable , non-seulement il ne tenta point de s'emparer d'aucune ville en terre-ferme, mais il ne poursuivit pas même sur mer les débris de la flotte du triumvir, et il les laissa faire tranquillement leur retraite , et gagner Vibone en remorquant les bâtiments qui n'étaient pas tellement blessés, que l'on n'espérât, en les radoubant, en tirer encore quelque service.
La perte d'Octavien avait été si grande, que, malgré Ocuvien l'indolence de Sextus, il eut besoin d'un intervalle de temps pour
vil .. c L C • ^ faire de nou-
pres de deux ans pour se remettre en lorce et taire de ^gaux prénouveaux préparatifs : car les mauvais succès ne le re- ï'*"^^*' *' butèrent point; et il ne perdit jamais de vue le dessein de détruire l'ennemi de sa maison. Les murmures des
casion.
peuples d'Italie, qui souffraient de la disette, furent pour lui un motif, non pas d'abandonner son plan, mais défaire toute la diligence possible pour l'amener promptement à une heureuse fin. i
Plut. On a remarqué cette ressemblance de fortune entre
Octavieii et Antoine, que tous deux ils réussissaient mieux par leurs lieutenants dans leurs entreprises militaires que par eux-mêmes. La guerre contre les Partlies en est une preuve par rapport à Antoine. Et pour ce qui est d'Octavien, pendant que, du côté de la Sicile, il était battu et par les ennemis et par la tempête, ses armes prospéraient dans la Gaule sous Agrippa.
Agrippa, Cet homme , né de bas lieu , mais avec les plus grands
vainqueur . ,l / % -ii te l'^r-x
dausiesGau- talcnts, et elevC a un rang illustre par la laveur cl (Jcle "^triomphe, tavicu, dout il avait toujours été l'ami le plus fidèle ^^"^ depuis sa première jeunesse, fit rentrer dans le devoir les Gaulois rebelles, et eut la gloire d'être le second des Romains, après César, qui passât le fleuve du Rhin. Octavien, en le rappelant auprès de sa personne, le nomma consul, et lui fit décerner le triomphe. Agrippa accepta le consulat. Mais, pour ce qui regarde le triomphe, il ne crut pas que, pendant ({ue son général était dans la disgrâce et dans la douleur, il lui convînt de , faire trophée de ses victoires; et, non moins courtisan
que grand guerrier % il refusa un honneur qui aurait semblé rendre plus remarquable l'humiliation d'Octavien.
Continua- Lcs ciuq Qnnécs du triumvirat expiraient avec celle j dont je: finis actuellement de rendre compte. Mais ceux
tion du triumvira
Pareudi , sed uui , scieulissittius. » ( Veli.. h , 79. )
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qui sous ce titre avaient usurpé une domination tyran- pour cinq nique n'étaient nullement disposés à s'en dessaisir, ni à rendre la liberté à leurs concitoyens. Loin de cela, Appiau.Dio. ils se continuèrent, sans observer aucune formalité, dans la puissance dont ils s'étaient emparés; et, sans aucune ordonnance du peuple, uniquement par leur propre fait , ils se décernèrent à eux-mêmes un second triumvirat , égal et semblable au premier pour l'étendue du pouvoir et pour la durée. Peut-être se crurent-ils suffisamment autorisés à en user ainsi par un décret du sénat, rendu deux ans auparavant, qui validait et ratifiait tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils feraient par la suite dans leur magistrature.
J'ai déjà dit qu'Agrippa avait été désigné consul par Octavien pour l'année suivante. Canidius Gallus , du nombre des amis d'Antoine, occupa l'autre place de consul.
M. AGRIPPA. An. R. 715.
Av.J. G. 37.