‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 4)Chapitre 37 sur 61 · I , . gtilièreet fii · texte numérisé non relu

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gé de cette herbe perdaient le sens et la mémoire : et neste causée

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1 unique idée qui les occupait , c était de remuer et de d'une herbe retourner toutes les pierres qu'ils rencontraient. Ils se livraient à cet exercice comme à un ouvrage trèssérieux; en sorte que la plaine était toute remplie de gens courbés vers la terre , et la creusant pour en tirer

incounue.

des pierres et les transporter d'une place à une autre. Le vin était le seul remède contre ce mal; et ils n'en avaient point. A.insi cette étrange manie finissait par la mort , qui était précédée d'un vomissement de bile toute pure.

Antoine, les voyant périr sous ses yeux en grand nombre, et toujours poursuivi par les Partbes, s'écria plusieurs fois , O retraite des dix mille ! Il admirait , avec un retour de douleur sur lui-même, le sort des troupes grecques , ramenées par Xénophon , qui , ayant un bien plus vaste espace de pays à traverser, et de beaucoup plus nombreuses armées à combattre, étaient revenues heureuses et triomphantes.

Nouvelle Cependant les Partbes, ne pouvant entamer l'armée

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parthes.dont Tomainc , ni cn rompre les rangs, toujours repousses, se^g'arTutît toujours battus et obligés de fuir, tentèrent de nouveau que sur un ]^ perfidie, à laquelle le caractère de la nation les por-

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vient de l'ar- j^jj- gj- q^^j gyait été unc première fois sur le point

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™'e- de leur réussir. Ils cherchèrent donc les occasions de s'approcher des Romains , lorsque ceux - ci allaient aux fourrages ou ramassaient des vivres dans les campagnes; et, montrant leurs arcs débandés , ils entraient en conversation avec eux , et leur disaient qu'ils se croyaient suffisamment vengés, et qu'ils se disposaient à regagner leur pays; que seulement quelques troupes de Mèdes suivraient encore les Romains à vue pendant deux ou trois jours, non pour les molester, mais pour défendre les villages qui se trouvaient sur la route. Ils accompagnaient ces discours de toutes sortes de caresses et de témoignages d'amitié ; en sorte que les Romains y ajoutèrent foi et conçurent de meilleures espérances. Antoine lui-même fut ébranlé ; et de deux

chemins qu'il pouvait prendre, l'un par les montagnes, que l'on disait manquer d'eau, l'autre par la plaine, il était prêt à se déterminer pour ce dernier. Il y a lieu de s'étonner qu'il fut si peu en garde contre la perfidie des Parthes. Un avis salutaire, qui lui vint encore de l'armée ennemie, corrigea son erreur.

Un parent de Manésès, cet illustre fugitif à qui Antoine avait fait don de trois villes, vint au camp des Romains, et demanda qu'on le fit parler à quelqu'un qui sût la langue des Parthes ou celle des Syriens. Alexandre d'Antioche, en qui Antoine avait beaucoup de confiance, s'étant présenté, Mithridate , c'était le nom du parent de Monésès , dit que ce seigneur l'avait envoyé , souhaitant de témoigner par un service effectif sa reconnaissance au général romain. Il lui montra ensuite du doigt une chaîne de montagnes en lui disant: « Derrière ces montagnes toute l'armée des « Parthes est postée en embuscade. Ils espèrent que, « trompés par les discours qu'ils vous ont tenus, vous « enfilerez la plaine dominée par les hauteurs qui les « cachent. Donnez-vous-en bien de garde. Par le che- « min de la montagne, si vous le continuez, vous n'avez « à craindre que les maux auxquels vous êtes accou- « tumés dès long-temps , la fatigue et la soif. Mais si « xlntoine se hasarde dans la plaine, qu'il s'attende à « renouveler la catastrophe de Crassus >k

Antoine, qui se croyait quitte de tout péril, fut troublé de se voir de nouveau rejeté dans l'embarras et dans la crainte. Il assembla son conseil, et y appela le guide, à qui la plaine donnait déjà de l'inquiétude par elle-même , parce que c'était un vaste désert qui n'avait point de route frayée, et où l'on pouvait aisément s'é-

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