C. JULIUS C^SAR OCTAVIANUS. III
Av. J.C.3I. ^j VALKRIUS MESSALA CORVINUS.
Forces de Jauiais OU ii'avait vu rassemblées pour aucune guerre, mer des^ soit étrangère, soit civile, des forces de terre et de mer
deux, partis, ^^g^j puissautcs et aussi nombreuses que celles avec lesquelles Antoine et Octavien se préparaient à en venir aux mains.
Le premier avait cent mille hommes de pied, et douze mille chevaux. Dans ce nombre n'étaient pas ' comprises les troupes auxiliaires que les rois ses alliés
lui avaient envoyées ou amenées. Bogud, roi d'une partie de la Libye; Tarcondimotus , roi de la haute Cilicie ; Archélaiis, de Cappadoce ; Philadelphe , de Paphlagonie; Mithridate, de Commagène; et Ainyntas, de Galatie , servaient en personne dans son armée. Le roi des Mèdes , . Hérode , l'Arabe Malchus et Polémon , qu'Antoine avait fait roi d'une partie du Pont et de la Cilicie, lui avaient envoyé des secours. Sa flotte se montait à cinq cents vaisseaux de guerre , dont plusieurs étaient à huit et à dix rangs de rames, superbement ornés, suivant le goût de magnificence, et même de luxe, qu'il portait partout.
Octavien était moins fort. Quatre-vingt mille soldats légionaires , et un nombre de cavalerie égal à celui de son ennemi , formaient son armée de terre. Sa flotte ne passait pas deux cent cinquante bâtiments, qui même étaient beaucoup plus petits que ceux d'Antoine, mais d'une meilleure construction, plus agiles, et surtout
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mieux garnis de matelots et de rameurs , qui entendaient parfaitement la manœuvre; au lieu que les grosses masses de la flotte ennemie étaient à demi vides, et n'avaient pour les servir que des gens ramassés , et la plupart enlevés de force, qui jamais n'avaient vu la mer, des moissonneurs, des muletiers, des jeunes gens presque encore dans l'enfance que l'on prenait sur les chemins, et dont on dépeuplait la Grèce, sans pouvoir néanmoins parvenir à remplir les vaisseaux.
Tout l'empire romain s'ébranla pour cette guerre. C'était l'Orient qui se heurtait contre l'Occident. La domination d'Antoine s'étendait depuis TEuphrate et l'Arménie jusqu'à la mer Ionienne; et il faut joindre encore à ces vastes régions l'Egypte et la Cyrénaïque. Octavien avait pour lui l'Afrique, depuis le canton de Cyrène jusqu'à la grande mer, l'Espagne, la Gaule, rillyrie, l'Italie, les îles de Sicile et de Sardaigne. Mais l'Italie ne lui fournissait pas seulement des forces, elle donnait un grand relief et une décoration bien avantageuse à son parti, comme Virgile le fait sentir, lorsque, décrivant la bataille d'Actium , il représente d'un côté Auguste^ menant lltalie au combat '^, et accompagné du sénat et du peuple, des dieux pénates de Rome, et des grands dieux tutélaires de l'empire; et de l'autre part Antoine traînant à sa suite des nations barbares, mille sortes d'armures différentes, l'Egypte, l'Orient,
' Octavien portait le nom d'Auguste lorsque Virgile composait ces vers.
2 Hinc Augustus agens Italos in pra?lia Cœsar,
Cuni patribus populoque, penatibus et magnis dis.... Hinc ope barbaricà variisque Antonius armis Victor ab Aurorœ populis et littore Rubro AEgyptum viresque Orieatis et uUima seciim Bactra vebit : sequiturquc, nefas ! AEgyptia conjux.
( ViRG. jEneid. 1. viii , v. 678 seqq. )
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la Bactriane, et, pour comble cFignominie, une épouse égyptienne qui le suit, ou plutôt qui le domine.
Par l'exposé que je viens de faire des forces des deux partis, il paraît que les deux généraux avaient l'un et l'autre des motifs d'espérer la victoire. Aussi témoignaient-ils une grande confiance, dans laquelle pourtant il entrait autant de politique que de persuasion. Octaijéfî porté à vien, qui n'était point fastueux ni fanfaron par carac-
Antolne par ^ p, t ■ i ' r> \ » •
Ootavieu. tere, lit néanmoins porter un deri a Antome; et, penpond par^im daut que SCS vaisscaux étaient encore dans les ports de
autre de . 'p^pgj^jg gj- jg Briudcs , il lui proposa de venir en Italie offrant de lui laisser libres les ports et les rades dont il aurait besoin pour sa flotte, et de s'éloigner de la mer jusqu'à la distance d'une journée de cheval ; le tout, sous promesse de livrer bataille cinq jours après le débarquement. Si ce parti ne convenait pas à Antoine, il lui demandait à être reçu en Epire aux mêmes conditions. Antoine n'accepta aucune des deux propositions, et même il s'en moqua. « Qui sera notre juge, « dit-il, si l'un de nous manque à quelqu'un des ar- « ticles de la convention ? » Mais, pour ne pas céder en rodomontade à un ennemi à qui il n'avait jamais accordé la gloire de la bravoure, il le défia à un combat singulier: ou, supposé qu'une bataille générale lui plût davantage, il lui proposait de convenir qu'ils se transporteraient l'un et l'autre avec leurs armées sur les plaines de Pharsale, afin de décider leur querelle au môme Heu qui avait vu terminer celle de César et de Pompée.
C'étaient là des propos frivoles, et qui ne pouvaient jamais passer en réalité, quoiqu'ils ne fussent peut-être pas inutiles pour encourager de part et d'autre le soldat.
HISTOIRE ROMAINE. f\[\Ç)
Cependant la belle saison commençait à s'ouvrir, et Octavien
. -, • ^\ • 11 rassemble
il était temps d entrer en action. Octavien rassembla toutes ses
forces à Brindes.
à Brindes et dans le voisinage non-seulement toutes ses troupes, mais tous ceux qui marquaient le plus, et qui avaient quelque crédit dans l'ordre des sénateurs et dans celui des clievaliers. 11 prétendait employer les uns et en tirer du service, s'assurer de la fidélité des autres en les tenant auprès de sa personne ; et en même temps il était charmé de mettre en évidence et de donner en spectacle à l'univers les chefs et le corps de la nation romaine s'intéressant unanimement pour la défense de sa cause.
Parmi les soins de l'embarquement , une de ses attentions fut d'empêcher, à l'exemple de son grand-oncle, ({ue ses vaisseaux ne fussent chargés d'une foule de gens inutiles et de provisions superflues. Il régla donc le nombre d'esclaves que chaque officier ou sénateur pourrait mener avec soi, et la quantité de vivres dont il leur serait permis de se fournir.
En attendant que tout fût prêt pour le départ général, il détacha Agrippa, à la tête d'une nombreuse es-
,,..,,, ■ n \ cadre pour
cadre, pour aller inquiéter 1 ennemi. Le brave com- aiier iuquié mandant s'acquitta heureusement et habilement de sa commission. Il fit des descentes en plusieurs endroits de la Grèce: il emporta de vive force Méthone ', ville ■ considérable du Péloponèse, et défendue par une bonne p^arnison. Bogud , roi de Mauritanie, fut tué dans cette occasion. Mais le plus important exploit d'Agrippa dans cette course, fut la prise d'un grand convoi de toutes sortes de provisions de guerre et de bouche, qui venait
Il détache
Agrippa
avec une es-
' Aujoard'hui Modou.