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mices de sa victoire, c'est-à-dire un vaisseau de chaque espèce choisi entre ceux qui avaient été pris sur Antoine, depuis trois rangs de rames jusqu'à dix. Précautions Ensuitc il touma son attention vers cette immense plr Rapport multitudc dc troupes dont il se voyait environné. Il se aux troupes, souvcuait daus qucl danger l'avaient mis les quarantecinq légions qui s'étaient trouvées réunies en Sicile après la défaite de Sextus Pompée et l'abdication forcée de Lépidus. Dans un cas tout pareil il appréhenda un semblable effet de l'audace qu'inspire naturellement à des soldats la vue de leur grand nombre et de leurs forces. Ainsi il jugea nécessaire de séparer premièrement l'armée d'Antoine. Il licencia les plus vieux soldats , et il incorpora les autres dans ses légions. Il ne voulut pas même tenir toutes ensemble ses propres troupes. 11 se hâta de renvoyer ses vétérans en Italie pour y attendre les récompenses qui leur étaient promises , et il ne garda auprès de lui que ceux qui n'avaient pas encore fini leur temps de service.
Il comptait avec raison sur la soumission de ces derniers. L'espérance du riche butin qu'ils se promettaient de faire en Egypte était un puissant soutien pourétayer leur fidélité. Mais il avait de l'inquiétude au sujet de ceux qu'il faisait passer en Italie, et qui, avides des récompenses qu'ils croyaient avoir bien méritées par ' leurs longs services, et qu'il n'était pas en état de leur
payer actuellement , pouvaient s'impatienter du délai et exciter quelque trouble. Dans cette circonstance, il crut devoir donner satisfaction aux peuples d'Italie, fatigués des impôts que la nécessité de la guerre avait fait établir; de peur que, s'il restait parmi eux quelque levain de mécontentement, ce ne fût une occasion et un
appui pour la mutinerie des troupes. 11 fît donc cesser toutes les nouvelles impositions; et les affranchis en particulier, à qui il restait un quatrième paiement à fournir, en furent dispensés. Cette remise fut reçue trèsagréablement, et lui gagna tous les cœurs.
Une autre précaution qu'il prit, ce fut d'envover Agrippa en Italie. Mécène y était déjà, et Octavien avait une pleine confiance en sa capacité : mais, comme ce ministre avait voulu rester dans l'ordre des chevaliers, il Savait pas cet éclat des dignités qui impose à la multitude. Agrippa, décoré des plus grands honneurs, était plus à portée de se faire respecter.
Parmi les soins qui occupèrent Octavien après sa vie- ga clémence toire, un des principaux eut pour objet les prières des ^•'«■g^rddes vaincus, qui recouraient en foule à sa miséricorde, et la décision de leur sort. On peut dire en général qu'il fit honneur à sa bonne fortune , par la clémence avec laquelle il en usa. Les rois et les peuples qui avaient servi la cause d'Antoine n'éprouvèrent aucune cruauté de la part du vainqueur. Il se contenta d'imposer des amendes et des taxes sur les peuples, et de priver de leurs états les princes qui avaient porté les armes contre lui; mais il n'y eut point de sang répandu. Le seul Alexandre, accusateur de son frère Jamblichus, et enrichi par Antoine des dépouilles du malheureux, parut indigne de pardon. Octavien le tint prisonnier jusqu'à son triomphe où il le mena chargé de chaînes, et ensuite lui fit couper la tête.
Pour ce qui est des illustres Romains partisans d'Antoine, quelques-uns furent punis de mort, entre autres Curion , fils de ce célèbre Curion qui avait péri en Veii. n, 86 combattant pour César en Afrique; mais Octavien par-
donna au plus grand nombre. Sosius, caché long-temps par AiTuntius, ami fidèle, obtint enfin grâce par son entremise. M. Scaurus, frère utérin de Sex. Pompée, fut sauvé par les prières de sa mère Mucia. Le pardon de Furnius fut accordé aux sollicitations de son fils, dont on rapporte à ce sujet une parole mémorable. « César, dit -il, voici le seul sujet de plainte que vous « m'ayez jamais donné '. Vous me réduisez à vivre et à * « mourir ingrat. » Beau trait de piété filiale , et en même
temps compliment flatteur pour Octavien. Ce jeune et clément vainqueur fut charmé de voir estimée au-dessus des forces humaines la reconnaissance qui lui était due. Meteiius 11 fit voir, eucorc dans une autre occasion, qu'il sen-
saiivé par les . , . , ' • ^ -v t r-i
prières de tait tout le prix et tout le mente des prières d un tus Appkn.civ. intercédant pour son père. Pendant qu'il était à Sainos, '■ '^' s'avançant vers la Syrie et l'Egypte, il tint une séance pour examiner avec un conseil les causes des prisonniers du parti d'Antoine. Un Métellus lui fut amené, vieillard accablé d'années et de misères, et défiguré par une longue barbe, par une chevelure négligée, et par tout le triste appareil de son infortune. Le fils de ce Métellus était l'un des juges, et il eut bien de la peine à reconnaître son père dans l'état déplorable ou il le voyait. Ayant enfin démêlé ses traits, il courut l'embrasser en pleurant et jetant de grands cris. Puis, se retournant vers le tribunal : « César, dit-il, mon père a été votre « ennemi, et moi votre officier. Il mérite d'être puni, « et moi d'être récompensé par vous. La grâce que je a vous demande , c'est de le sauver à cause de moi , ou (( de me faire mourir avec lui. » Tous les assistants
> «Hanc unam, Caesai , habeo, et morererinf^mms.» (Sev- de Bene/. înjuriam tuam. Efiecisti iit viveiem cap. '25.)
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furent touchés de compassion. Octavien lui-même, attendri, accorda la vie et la liberté à Métellus le père, quoiqu'il eût lieu de le regarder comme un ennemi implacable et rempli d'animosité.
L'aventure de Barbula,qui nous a été conservée par Aventure
' ^ ^ singuliereue
Appien, aussi -bien que le fait précédent, a quelque Marcusetde chose de tout-à-fait singulier. Barbula , ancien ami d'Antoine, et qui l'avait servi à la bataille de Philippes, acheta après cette bataille un proscrit qui s'était déguisé en esclave pour sauver sa vie. Ce prétendu esclave , que l'auteur grec ne nous fait connaître que par son prénom Marcus, appliqué à différents ministères, s'en acquitta avec une intelligence et une probité qui décelèrent sa condition. Barbula voulut lui arracher son secret, en lui promettant, s'il était du nombre des proscrits, de faire effacer son nom de dessus la liste fatale. Marcus demeura ferme , et suivit son maître à Rome. Là , il fut reconnu par un des amis de Barbula; et celui-ci, fidèle à sa promesse, obtint parle crédit d'Agrippa la grâce de Marcus, qui , en consÊ'quence, s'attacha à Octavien. Plusieurs années après survint la guerre d'Actium, dans laquelle Marcus et Barbula se trouvèrent encore divisés, le premier combattant pour Octavien, et le second pour Antoine. Après la bataille, la scène entre eux se renouvela , mais en sens contraire. Barbula n'imagina point de meilleur moyen pour éviter la mort que de se travestir en esclave. Marcus l'acheta, feignant de ne le pas connaître, et il se servit de la faveur où il était auprès d'Octavien pour sauver à son tour celui qui avait été son libérateur. Appien ajoute pour dernier trait de ressemblance dans la fortune de ces deux amis , qu'ils furent quelque temps après cou-
suis ensemble: c'est-à-dire consuls substitués et en second; car leurs noms ne se trouvent pas parmi les consuls ordinaires.
Motifs de la Tous CCS traits de bonté et de douceur sont assu-
clemence ,
d'Octavieu. rcmcut très-gloncux pour Octavien : mais nous n'en
Vell. II, 66. 1 -ir 11 •■ I / VI
conclurons pas avec Velieius que les cruautés qu il exerça au commencement de son triumvirat et après la bataille de Pliilippes aient été forcées, et que la haine en doive tomber, non sur lui, mais sur ses collègues. Tous les monuments historiques font foi qu'il s'y porta avec plus de violence et d'acharnement qu'aucun des deux autres triumvirs. La différence de sa conduite après la bataille d'Actium vient de la différence des conjonctures. Au temps de cette dernière bataille, toutes les têtes du parti républicain étaient abattues; et il pouvait espérer que les partisans d'Antoine, accoutumés à servir un maître , passeraient aisément sous les lois d'un autre qui mériterait mieux leur affection : c'est à quoi il s'étudia, iivientà Lorsque Octavien eut réglé à Actium les affaires
soulage la qui demandaient célérité, il vint par mer a Athènes;
Dio. elpiut. ^t 'ji^ii loin de maltraiter la Grèce, comme ayant se- Anton. (jouru SOU ennemi, il soulagea la misère des peuples en leur faisant distribuer ce qui lui restait de provisions que la guerre n avait pas consommées. Ils en avaient un extrême besoin ; car le pays avait été horriblement foulé : on en avait enlevé les vivres, les hommes, les bestiaux.
Nous pouvons juger de la manière dont la Grèce en général avait été vexée, par le récit que nous fait Plutarque, d'après son bisaïeul, de ce qui regarde la ville de Chéronée. 11 dit que tous les habitants avaient été
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obligés de porter sur leurs épaules une certaine mesure de blé jusqu'à Anticyre sur le golfe de Corinthe, et on les faisait marcher à coups de fouet. Ils firent ainsi un premier voyage. Déjà la seconde charge était prête, et ils allaient la prendre sur leurs épaules, lorsque la nouvelle de la défaite d'Antoine arriva. Ce fut le salut de cette ville infortunée. Les intendants et les soldats d'Antoine s'enfuirent, et les habitants partagèrent les blés entre eux.
D'Athènes Octavien passa en Asie; et il se préparait Mutinerie
Il .1 VI , • / / de ses vieux
a aller en avant, lorsqu il reçut avis que ses vétérans soldats en en Italie ne se contenaient point dans le devoir, et ^j^ qu'il y avait parmi eux des mouvements qui menaçaient de sédition. Agrippa lui envoya à ce sujet courriers sur courriers, le pressant de revenir, parce que sa présence était nécessaire. On était alors en hiver, et Octavien venait de prendre possession de son quatrième consulat, dans lequel il se choisit pour collègue M. Crassus, fils du célèbre Crassus, et, si nous en croyons Dion, autrefois attaché au parti de Sex. Pompée , et ensuite à celui d'Antoine. ,