‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 4)Chapitre 9 sur 61 · I.e ]*a)iuri · texte numérisé non relu

I.e ]*a)iuri

ITrSTOIRE llOMAIlVi:. 77

avance pour venir joindre Antoine avec deux légions (luM avait amassées dans les colonies de César, en fut iiiipôclu" par llirliusel par Octavien. Il se retira donc dans le Picénum, où il leva une troisième légion, attendant l'occasion de faire usage de ses forces pour servir son ami et son protecteur.

Le i4 avril . Pansa devait arriver au camp d'Hirtius avec (piatre légions de nouvelles levées. A son approche, amis et ennemis, tous se mirent en mouvement, liu'tius détacha la légion martiale avec sa garde, ou cohorte prétorienne, et celle d'Octavien, pour assurer la marche de son collègue. Antoine, pour empêcher la jonction, partit lui-même de son camp, où il laissa Lucius, son frère, chargé du commandement en son absence; et, prenant deux de ses meilleures légions^ deux cohortes prétoriennes, la sienne, et celle de Silanus, qui lui avait été envoyée, comme je l'ai dit, par Lépidus, et, de plus, quelques corps de cavalerie et d'armés à la légère, il alla se poster auprès du Forum Galloriim, aujourd'hui Castcl Franco.

Dès que la légion martiale, qui avait quitté le ser- Combat ou

, . . ^ / l'ausa est

vice d Antoine pour se donner au jeune César, aperçut blessé.^ les troupes du parti contraire, il ne fut pas possible de la retenir. Jamais lanimosité n'est |)lus grande- que contre ceux dont on s'est séparé, et par qui l'on sait que l'on est regardé comme traître. Pansa fut obligé de suivre le mouvement de (!etfe légion et d'engager une action générale, presque malgré lui. Je n'entrerai point cic.aJ.Fam dans le détail de ce combat, qui fut très-sanglant. La i>i'ui. xrv. cohorte prétorienne de César fut presque entièrement taillée en pièces. La légion martiale soullrit aussi beaucoup ; et Pansa reçut deux blessuns, dont la seconde

fut si considérable, qu'elle le contraignit de quiticr le champ de bataille et de se faire reporter à Bologne. Du coté d'Antoine, la perte ne fut pas beaucoup moindre. Néanmoins l'avantage lui resta, et il en eut l'obligation surtout à sa cavalerie, qui était excellente. Mais, ayant voulu forcer le camp où s'étaient retirés les vaincus, il fut repoussé.

Autoiue, en Lorsqu'il s'en retournait, Hirtius, qui, sur la nou-

s'en retour- ni • . , . il'

naut.ison vcllc de cc qui sc passait , était accouru avec deux lea«Tqu'/ct gions, Ic rcncoulra au même lieu oii s'était donnée la ''HirtiuT bataille, et, tombant sur des troupes fatiguées, il j)rit aisément sa revanche. Les vainqueurs furent à leur tour taillés en pièces et mis en fuite. Antoine regagna son camp à la faveur de la nuit avec ce qu'il put sauver de ses soldats. Hirtius remporta deux aigles et soixantesix drapeaux des ennemis, ootavien. En son abscucc , son camp fut attaqué par Jj. Anto-

resté à la . . . , . / , , j-.

garJeda nius. Octavicu , qui était reste avec peu de monde, fit "3101.^6' cependant une belle défense, et, ayant obligé les as- ^rAn'toîn'r saillants de se retirer avec perte, il prit ainsi part à la gloire de cette journée, qui n'était point décisive, mais dont l'honneur demeura pourtant au parti du sénat.

Suct.Aug. Aifloine dans la suite reprocha à Octavieu ({u'il avait fui en cette occasion , et (ju'il n'avait reparu que deux jours après le combat, sans sa cotte d'armes et sans cheval. Mais le témoignage d'un ennemi est récusable. (^ctavien est loué dans une lettre (rilirtius, ciiée par Cicéron en plein séual, comme ayant fait preuve d'un arand couiage. Le détail que j'ai donné du fait est la traduction (idèle des parob's de Cicéron dans sa quatorzième Philippi<iuc.(hiaii(l ou 11. ■ devrait jtas pii'iulre

O. lo.

ce discours à la lettre, au moins je ne saurais me persuader qu'il soit absolument faux, et se réduise à un mensonge impudent.

Ce (lui est vrai, c'est que l'avantage remporté sur Le sénat fait

, , , 1 / 1 I V 1 valoir exces-

Antoine fut célébré dans le sénat au-delà de toute me- sivemcntrasure. Ciceron opuia poiw ordonner des retes de cm- rcmpurté

• 1 I 'Cl. sur Autoiiic,

quante jours en action de grâces : honneur excessif, et (jni, [)onr le nombre de jours, passait tout ce que la flatterie avait |)raliqué par rapport à Pompée et à César. 11 fut aussi d'avis ({ue l'on décorât chacun des trois chefs du litre (Vimperator, comme pour une glorieuse victoire, et que l'on dressât aux dépens de la républi- (jue un magnifique tombeau pour tous ceux qui avaient été tués dans le combat. Un article très -judicieux et digne de louange, c'est qu'il conservait aux pères et mères, aux femmes, enfants et frères des soldats qui étaient morts les armes à la main pour la défense de la cause publique, les récompenses qui leur auraient été données à eux-mêmes s'ils eussent été vivants. ■

Cependant, malgré ce grand éqjat de félicitation et Nouveau

-, . , T-v'- 5/- • l'i-' 1 • comI)at OÙ

de triomphe, Decuuus n était point dehvre, et Antoine les lignes pressait toujours le siège. Il fallut qu'Hirtius et Octa- sont'forc^es. vien livrassent un nouveau combat et attaquassent ses ""^t'^""*^^* retranchements. Déjà ils y avaient pénétré bien avant, *i'i' ^"^ lorsque Tlirtius fut tué en combattant avec beaucoup de valeur. Octavien, resté seul, signala alors sa bonne conduite et sa bravoure. Il se maintint quelque temps en possession du camp ♦np.cmi. Mais enfin Antoine, ayant redoublé d'effort, le contraignit de se retirer. Il Suet.Aug.i le fit en bon ordre; et Ton a remarqué (juun porte- iior.iv,/,. enseigne mourant , lui avant remis son aigle, il la prit lui-même sur ses épaules, et, chargé de ce poids ho

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norable, blessé et tout sanglant, il rentra glorieux dans

cic. adBrut. son camp, ayant tout l'avantage de son coté. Décinius

''^"^ en partagea l'honneur avec lui par une sortie (pi'il fit

pendant le combat. Il n'est point douteux qu'Antoine

Antoine lève n'ait été bien battu dans cette dernière action. La

le siège et vi -, r> i »• i i 1 • '

gagne les prcuvc cu cst qu il prit enlin le parti de lever le siège '^*^"' et de gagner les Alpes à grandes journées. Mais quoique vaincu , il n'était pas sans ressource. 11 complaît sur l'amitié de Lépldus et de Plancus, et il était sûr des trois légions que Ventidlus commandait dans le Picénum. Il s'agissait donc pour lui de se mettre à portée de recevoir les secours de ses amis; moyennant quoi il espérait bientôt devenir plus puissant et plus redoutable à ses adversaires qu'auparavant, octavien ne ^^ aurait cu pcluc néanmoins à attendre le moment le poursuit ^|g profiter de ces renforts, si Octavien l'eût poursuivi

point. I ' . , ,.

sans lui donner de relâche. Ce jeune, mais ruse politique, qui ne prit jamais le change sur les intérêts de son ambition, laissa exprès à son ennemi le temps de respirer. Il craignij^de trop bien servir le parti pour lequel il avait jusqu'alors combattu , persuadé, non sans fondement, que, s'il ruinait Antoine, le sénat travaillerait ensuite à le ruiner lui-même.

Difficuitedc Toute celte intrigue est pour nous très -difficile à lef.Sg^ucs développer, f^ute de mémoires sur lesquels on puisse .lu temps ppg„jp(. „np entière assurance. Deux choses sont con-

qiii suivit la 1

levée <iu étantes : Tune que le sénat désirait passionnément de

•>)ége de Mo- ■ . . ,

drnc. rétablir le gouvernement républicaiii ; I autre cpi Octavien voulait achever de le détruire, et s'élever sur les ruines de la liberté une puissance iiareille à celle de son srand-onde. Par une suite inévitable de cette con- Irarlélé de vues, il régnait entre eux des défiances re-

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oipro(jues, et la seule nécessité d'abattre Antoine leur t-nniMui commun les avait réunis. Dès qu'Antoine, réduit à fuir de devant Modène, ne fut plus en état de faire ombrage à personne, la division, qui n'était que suspendue entre les deux partis ligués contre lui, se prépara à éclater. Le sénat, croyant n'avoir plus besoin d'Octavien, le négligea et travailla à l'abaisser; et Oclavien se servit de ce prétexte pour rompre ses engagements avec le sénat, et pour exécuter en toute liberté le dessein qu'il n'avait jamais perdu de vue.

Voilà dans le général la vérité du fait, qu'aucune dissimulation n'a pu obscurcir, parce que les événements l'ont manif(;stée. Mais ce qui jette d'épais nuages sur tous les détails, c'est que, de part et d'autre, on cherchait à se découvrir et à cacher sa marche. Comme Octavien est à la fin devenu le maître sous le nom ce Auguste y et a même transmis sa puissance à ses successeurs, il a bien été permis aux écrivains qui ont composé des histoires sous les premiers Césars de donner les preuves de l'ingratitude du sénat, mais non pas de démasquer Octavien. Et comment les historiens vulgaires auraient- ils osé dire nûment la vérité, puisque Tite-Live lui-même, qu'Auguste appelait partisan de xac Ann. Pompée, donnait cependant pour vrai motif ( si du Liv.Epit. moins l'auteur des Epitomes a bien pris sa pensée) ce *''^^* (jui n'était qu'un prétexte, et supposait que les mauvais procédés du sénat avaient été la cause déternunante de la résolution que prit Octavien d'envahir le consulat?

Tacite, non - seulement libre par caractère, mais écrivant dans un temps île liberté, sous l'empire d'un des meilleurs princes dont l'histoire conserve le sou-

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