‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 5)Chapitre 14 sur 82 · T R A I T É D E S É FU D E S · texte numérisé non relu

T R A I T É D E S É FU D E S

source et la consolation de l'Eglise dans les derniers temps; enfin cette Eglise, après bien des combats et des dangers, transportée de la terre dans le ciel pour y jouir d'une félicité et d'une paix éternelle ! Voilà de quoi nous entretiennent les propbètes, voilà pourquoi les livres saints ont été écrits.

Je demande, en premier lieu, si ce n'est pas manquer à la partie la plus essentielle de l'éducation de la jeunesse, que de lui laisser ignorer une bistoire si respectable et si intéressante par son antiquité, par son autorité, par la grandeur et la variété des faits, et sur-tout par l'union intime qu'elle a avec notre sainte religion, dont elle est le fondement, dont elle renferme toutes les preuves, dont elle nous marque tous les devoirs, et pour laquelle elle est si propre à nous inspirer, dès l'âge le plus tendre, un respect infini, capable de servir, dans la suite, de frein et de barrière contre la licence audacieuse de l'incrédulité, qui prend tous les jours de nouveaux accroissements et qui nous menace de la perte entière de la foi.

Je demande, en second lieu, si c'est étudier et enseigner l'histoire sainte comme on le doit, que d'en rapporter les faits simplement comme des faits historiques ; de ne les proposer aux jeunes gens que comme des objets de leur curiosité ou de leur admiration , sans les leur montrer comme les appuis les plus fermes de leur croyance, comme les titres domestiques de leur véritable noblesse, comme les gages certains de leur grandeur future; sans leur apprendre à comparer ces événements miraculeux et proplié tiques avec les prodiges et les oracles les plus vantés du paganisme , eî sans leur faire sentir combien ceux sur lesquels

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toute la religion des Romains, par exemple, était fondée, et que Cieéron, dans de certains livres, a l'ait DeNat.Deor. valoir avec toute son éloquence, quoique dans uau- de Diviuat. très il les détruise absolument; combien, dis-je, ces prodiges et ces oracles sont vains et frivoles, et combien, quand on les lui passerait tous pour vrais, ils sont éloignés de la certitude, de la majesté et de la multitude de ceux que l'histoire sainte nous présente à chaque page.

Je demande enfin si c'est rendre à l'histoire sainte, dictée par le Saint-Esprit même, le respect qui lui est dû, que d'en examiner seulement la lettre, sans pénétrer plus avant pour en découvrir l'esprit et la véritable signification, sur-tout après la vive lumière que les écrits des évangélistes et des apôtres , et , après eux, la tradition constante et suivie des Pères, ont répandue sur cette matière. Nous lisons très-souvent dans l'Évangile que les actions qui y sont rapportées étaient l'accomplissement des figures et des prophéties de l' Ancien-Testament; et Jésus-Christ lui-même nous assure que c'est de lui principalement que Moïse a écrit : Si crederetis Mojsi, crederetis forsilan et indu; joanu. 5,.',f». de me enim ille scripsit. Saint Paul nous dit en termes Rom. 10,4; clairs et précis que Jésus-Christ était la fin de la loi, et que ce qui arrivait aux Juifs leur arrivait en figure. Saint Augustin, qui n'est en cela que l'interprète et le canal de la tradition de l'Eglise, nous déclare, en parlant des saints de l'Ancien-Testament, que non-seulement leurs paroles, mais leur vie, leurs mariages, leurs enfants, leurs actions, étaient une figure et une prédiction de ce qui devait arriver long-temps après dans l'Église chrétienne : Horwn sancloruni , qui prœ-

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