Tome XXVII. Tr. des Étud
f l/f I K AITK DES ii II 1 ) i; S .
s.Angust.de cesseruitt tempore nalivitatem Domini , non solum iViuiii!T™q. sermo, sed etiam vita, et conjugia, etfîlii, etfacta, prophetia fuit hujus temporis, quo per fidem passionis Chris ti ex gentibus cohgregatur Ecclesia; et que le peuple hébreu, clans son tout, a été comme un grand prophète de celui qui seul mérite d'être appelé Lib. 72, grand : totumque illiul regnum gentis Hebrœorum , C°caP. aT'1 rnagnum quemdam , quia cl nuigni cujusdam , fuisse prophetam. D'où il conclut qu'on doit chercher dans les actions de ce peuple une prophétie de Jésus- Christ et de l'Eglise : In us quœ in illis , vel de illis diviui/îis fîebant, prophetia venturi Christi et Ecclesiœ perscrutanda est.
Gen.2i. Dans ce qui est dit, par exemple, d'Abraham, qu'il
chassa de sa maison Agar, qui était sa femme légitime quoique d'un second rang et esclave , avec Ismaël son fils, sans leur donner autre chose pour leur subsistance qu'un peu de pain et d'eau , un homme de bon esprit et de bon sens peut-il comprendre que ce patriarche, si libéral et si plein d'humanité à l'égard des étrangers, ait traité avec une telle dureté sa femme et son fils , si cette dureté ne cache quelque mystère ?
Quand la tradition ne nous découvrirait pas ce que signifie l'action du même patriarche prêt à immoler Isaac, la raison seule, j'entends dans un homme éclairé de la foi, ne suffirait-elle pas pour nous y faire reconnaître la charité du Père éternel , qui a aimé les hommes jusqu'à donner pour eux son fils unique ?
Peut-on raconter aux enfants l'histoire du serpent d'airain , attaché et suspendu à un bois dans le désert pour la guérison des Israélites, que la morsure des ser-
pents de feu faisait mourir, sans leur expliquer en même temps de qui ce serpent était la figure ?
Serait-ce entendre comme il faut L'histoire admirable de Jonas , si l'on se bornait à ce que la lettre nous offre, et si l'on n'y voyait pas Jésus-Christ sortant plein de vie du tombeau le troisième jour, et la prompte et miraculeuse conversion des gentils , qui a été le fruit de la mort et de la résurrection du Sauveur ?
Il en est ainsi de beaucoup d'autres endroits de l'histoire sainte, qui ne sont point entendus s'ils ne sont approfondis. C'est l'étudier en juif, et non en chrétien, que de ne pas lever le voile dont elle est couverte, et de se contenter d'une surface, riche, à la vérité, et précieuse, mais qui cache d'autres richesses d un prix infiniment plus estimable.
On expliquera ces figures aux jeunes gens avec plus ou moins d'étendue, selon qu'ils seront plus ou moins avancés, s'arrêtant sur-tout à celles qui sont développées dans le Nouveau-Testament, et dont par conséquent le sens ne peut pas être douteux, et, parmi celles-là même, choisissant les plus claires et les plus proportionnées à leur âge. Il en est pourtant de si évidentes et de si sensibles par elles-mêmes, quoiqu'on n'en trouve point l'explication dans le Nouveau-Testament, qu'il n'est pas possible de s'y inéprendre, comme l'histoire de Joseph, dont nous parlerons bientôt, et d'autres pareilles.
l6 IRAIT!': DES ÉTUDES.
ARTICLE II
Observations utiles pour l'étude de V Histoire sainte.
i. Le premier soin que l'on doit apporter clans l'étude de l'histoire, en général, est d'y mettre beaucoup d'ordre et de méthode, afin de pouvoir distinguer nettement les faits, les personnes, les temps, les lieux; et c'est à quoi peuvent contribuer la chronologie et la géographie , qu'on a raison d'appeler les deux yeux de l'histoire, puisqu'elles y répandent beaucoup de lumière et qu'elles en écartent toute confusion.
Quand je recommande l'étude de la chronologie, je suis bien éloigné de vouloir jeter les jeunes gens dans un examen de questions difficiles et épineuses dont cette matière est fort susceptible, et dont la discussion ne convient qu'aux savants. Il suffit aux premiers d'avoir une idée nette et distincte, non de l'année précise de chaque fait particulier, ce qui irait à l'infini , et causerait un grand embarras, mais, en gros et en général, du siècle où sont arrivés les événements les plus considérables.
On a coutume de diviser l'histoire sainte, depuis la création du monde jusqu'à la naissance de Jésus - Christ, en six âges ou six parties, qui renferment, en tout, l'espace de quatre mille ans. Cette division n'est point difficile à retenir, et elle n'est point au-dessus de la portée des enfants. On marque ensuite combien chaque âge renferme d'années , en évitant , autant qu'il est possible, les fractions, c'est-à-dire les petits
nombres, et en les réduisant à un compte rond et plein. Ainsi le quatrième âge, qui s'étend depuis la sortie d'Egypte jusqu'au temps où l'on jeta les fondements du temple, à compter exactement, renferme 479 ans et 17 jours. Il vaut mieux dire aux enfants que cet âge renferme environ 480 ans. On peut encore diviser cet espace en différentes parties; mais il ne faut pas trop les multiplier : 4o ans que le peuple passe dans le désert sous la conduite de Moïse; plus de 35o depuis son entrée dans la terre sainte, sous la conduite de Josué et des juges; 4o ans sous le règne de Saùl; autant sous celui de David; et quelques années de Salomon. Une pareille division ne charge point la mémoire, et répand, ce me semble, beaucoup de clarté dans la connaissance des faits.
Entre les auteurs qui ont traité de la chronologie, Ussérius et le P. Petau sont les plus suivis. On peut choisir pour guide l'un ou l'autre de ces deux savants hommes : mais il est bon que dans un collège ce soit toujours le même dans toutes les classes.
Comme, dans l'histoire sainte, il y a des faits rapportés diversement par les différents auteurs qui en ont écrit, c'est au maître à réunir et à concilier ces différences, en choisissant dans chaque livre les circonstances les plus instructives et les plus intéressantes. Quand on est arrivé au temps des prophètes, leurs écrits répandent une grande lumière sur les livres historiques, qui omettent beaucoup de faits importants, ou ne les rapportent souvent qu'en très-peu de mots : on en verra quelques exemples dans la suite.
On a imprimé depuis peu ' un livre intitulé, Abrégé
1 En 1728. L'auteur est Méscnguy. — L.
I I 8 TU \ I ï K I) B S K TUDES.
de l'Histoire de V Ancien- Tes fament, qui peut être d'un grand usage, non-seulement pour les jeunes gens, mais aussi pour toutes les personnes qui n'ont pas ou
assez de loisir ou assez de lumière pour étudier l'histoire sainte dans l'Ecriture même. On a fait entrer dans cet Abrégé tout ce qu'il v a de plus essentiel clans l'histoire sainte. On s'est fait un devoir d'y garder cette simplicité de style qui en fait le propre caractère. On a eu soin de mêler dans les récits historiques certaines paroles de l'Ecriture, pleines <le sens, et qui donnent matière à de grandes réflexions. Enfin, pour rendre cet. ouvrage plus complet et plus utile, on le termine par un extrait des livres sapientiaux et prophétiques. Il serait bien à souhaiter qu'on eût un pareil secours pour l'histoire profane.
Le même auteur a donné depuis peu cet Abrégé avec plus d'étendue, et y a ajouté des réflexions qui renferment tout le fond de la religion, et qui peuvent être d'une utilité infinie pour toutes sortes de personnes.
il. Dans l'étude de l'histoire sainte, il ne faut pas négliger les usages et les coutumes particulières au peuple de Dieu; ce qui regarde ses lois, son gouvernement , sa manière de vivre. L'excellent livre de M. l'abbé Fleuri, qui a pour titre, Mœurs des Israélites, renferme tout ce qu'on peut désirer sur ce sujet, et me dispense d'en parler avec plus d'étendue.
m. Il est bon de faire observer aux jeunes gens les principaux caractères des Juifs; par ce. nom j'entends les Juifs charnels, qui faisaient le gros de la nation. L'honneur que Dieu leur avait fait de les choisir pour son peuple les avait remplis d'orgueil. Ils regardaient
TllAlii: OES ETUDE Si m)
avec un souverain mépris toutes les autres nations. Ils croyaient que tout leur était dû. pleins de présomption et d'estime pour eux-mêmes, ils n'attendaient la justice (jue de leurs propres efforts. Us mettaient toute leur confiance dans les pratiques extérieures de la loi. Ils bornaient leurs vœux et leur espérance aux commodités temporelles et aux biens de la terre. Dès qu'ils étaient mis à l'épreuve, et que quelque chose venait à leur manquer, oubliant tous les bienfaits de Dieu et tous les miracles qu'il avait opérés en leur faveur, et toujours prêts à se révolter contre lui et contre leurs chefs, ils se livraient aux plaintes, au murmure, au désespoir. Enfin, excepté les derniers temps, ils ont toujours eu pour l'idolâtrie une pente que rien ne pouvait arrêter.
C'est ce dernier trait qui contribue le plus, ce me semble, à faire connaître parfaitement le caractère du peuple juif, et l'un des principaux motifs du choix que Dieu en a fait : je veux dire la dureté de cixMir de ce peuple, et son penchant extrême au mal; par où Dieu a voulu montrer que les moyens purement extérieurs ne sont point capables de corriger le cœur de l'homme, puisque tous, sans exception, ont été employés pendant plusieurs siècles pour guérir les Juifs de l'idolâtrie, et pour leur faire observer le premier précepte, et que tous ont été inutiles. Ni les longues et accablantes misères de la servitude de l'Egypte; ni la joie et la reconnaissance d'une délivrance miraculeuse, et l'instruction de la loi donnée au pied du mont Sinaï; ni la substitution d'une nouvelle race née dans le désert, élevée par Moïse, formée par la loi, intimidée par la punition de leurs pères; ni l'entrée dans la terre
promise, et la jouissance actuelle de tous les effets de la promesse; ni les divers châtiments, ni les avertissements et les exemples des prophètes pendant le séjour en cette terre, n'ont pu arracher de leur cœur ce penchant impie. Devenus dans la terre promise beaucoup plus méchants, plus corrompus, plus idolâtres qu'ils ne l'avaient été en Egypte, Dieu enfin est obligé de les remettre aux fers h Ninive et à Babylone : mais ce châtiment ne sert qu'à les endurcir; et, livrés à toutes sortes de crimes, ils font blasphémer le nom du Dieu d'Israël parmi les nations idolâtres, qu'ils surpassent en méchanceté et en impiété.
C'est Dieu même qui nous déclare dans ses prophè- Ezecb.c.20. tes, et sur- tout dans Ezéchiel, le dessein qu'il a eu de faire connaître aux hommes par la suite de tous les événements arrivés à son peuple, de leur faire connaître, dis-je, la profonde corruption de leur cœur, et l'impuissance des remèdes purement extérieurs pour guérir un mal si ancien et si désespéré. Cette vue est une des grandes clefs des Ecritures, et qui nous fait entrer le plus avant dans le secret et dans l'esprit de l'Ancien- Testament. Sans cette ouverture, l'histoire sainte conserve des obscurités impénétrables, et demeure un livre fermé pour la plupart des lecteurs. En effet , pourquoi le choix d'un peuple si dur et si ingrat ? Pourquoi tant de faveurs répandues sur Israël par préférence à tant de nations meilleures que lui en apparence? Pourquoi une attache si persévérante à ce peuple malgré une si persévérante ingratitude? Pourquoi le faire passer par tant d'états différents? Pourquoi cette alternative continuelle de promesses et de menaces, de consolations et d'afflictions, de récompenses et de châtiments? Pour-
quoi tant d'instructions, d'avertissements, d'invitations, de réprimandes, de miracles, de prophètes, de saints conducteurs? Pourquoi tant de bienfaits pour un peuple qui n'en profite point, et qui n'en devient que plus méchant? Cette profondeur de la sagesse divine, qui nous étonne, doit en même temps nous instruire; et c'est de cette obscurité même, répandue dans toute la conduite de Dieu sur son peuple, que sort une lumière plus vive que celle du soleil, qui nous démontre l'insuffisance de tous les remèdes extérieurs pour guérir la corruption du cœur humain.
iv. Il paraît visiblement, par la manière même dont l' Ancien-Testament est écrit, que le dessein de Dieu, en le donnant aux hommes, a été de les rendre extrêmement attentifs aux grands exemples de vertu qui s'y trouvent. L'Ecriture tranche en deux mots l'histoire des impies , quelque grands qu'ils soient selon le monde; et au contraire elle s'arrête long- temps sur les moindres actions des justes. Le premier livre des Rois est l'histoire de Samuel; le second, celle de David ; le troisième et le quatrième, celle de Salomon, de Josaphat, d'Ezéchias, d'Elie, d'Elisée, d'Isaïe. Elle semble ne parler des impies qu'à regret, par occasion, et seulement pour les condamner. Quand on compare ce qu'elle dit de Nemrod, qui bâtit les deux plus puissantes villes An monde r , et qui fonda le plus grand empire qui ait jamais été dans l'univers, avec ce qu'elle rapporte des premiers patriarches, on ne sait, pourquoi elle passe si rapidement sur des choses très-importantes, qui ont dû rendre" la vie de ce fameux conquérant très-
' [finira ei Babylone. Cru.
iUJ. IRA ITL DES É Tl D E 6.
singulière, et qui donneraient à L'histoire ancienne tant de lumière et tant d'ornement, pour s'arrêter si longtemps sur des détails, en apparence peu nécessaires, ou delà vie d'Abraham, ou de celle de Jacob, moins illustre encore que celle de son aïeul. Dieu marque en cela combien ses pensées sont différentes des nôtres, en nous faisant voir dans le premier ce que les hommes admirent et ce qu'ils souhaitent, et, dans les autres, ce qu'il approuve et ce qu'il juge digne de sa complaisance et de notre attention.
L'Écriture prescrit des règles, et fournit des modèles pour toutes sortes d'états et de conditions. Rois, juges, riches, pauvres, gens mariés, pères, enfants, tous y trouvent des instructions excellentes sur tous leurs devoirs. C'est une pratique fort utile, et en même temps fort agréable, d'accoutumer les jeunes gens à réunir d'eux-mêmes, et à rapporter sur-le-champ plusieurs exemples sur une même matière.
Les rois , dans l'Écriture sainte , j'entends ceux qui sont selon le cœur de Dieu , ne se regardent que comme les ministres du roi souverain, et n'usent de leifr autorité que pour rendre leurs sujets heureux en les rendant meilleurs. Ils sont pleins de zèle pour la gloire de Dieu et pour le bien public. Qu'on étudie avec quelque attention les sentiments de piété que David fait paraître dans le transport de l'arche et dans les préparatifs pour la construction du temple , les missions que Josaphat ordonne et fait lui-même en personne dans son royaume , les soins d'Ézéchias pour la religion dès le commencement de son règne, le zèle infatigable de Josias pour rétablir le véritable culte, non-seulement dans Juda , mais encore dans les dix tribus : on \ erra que
ces princes ne se croyaient assis sur le trône qui* pour faire régner Dieu dans leurs états, lit, pour montrer tpie la piété n'est point contraire a la vraie politique , l'Ecriture affecte quelquefois de rapporter en détail les . sages précautions qu'ils prenaient pour la guerre et pour la paix : fortifications de villes, magasins d'armes, troupes réglées; soins de l'agriculture, de la nourriture et de la sûreté des troupeaux, sources assurées et innocentes de l'abondance qui régnait dans tout le pays, et qui mettait le peuple en état de paver avec joie et facilité les impôts, toujours réglés sur les véritables besoins de l'état et sur les facultés de ebaque particulier.
Les juges, les magistrats, les ministres, toutes les personnes constituées en autorité, trouvent des modèles parfaits dans Moïse, dans Josué, dans les Juges jusqu'à Samuel, dans Job, iNehémie, Esdras, Eliacim. Toute leur conduite marque un désintéressement parfait. Us ne pensent point à établir ou à élever leur famille. Us sont populaires, simples, modestes, sans faste , sans distinctions, sans gardes, sans jalousie dans le commandement; recevant avec joie les avis des inférieurs, et les associant volontiers à leur autorité.
Richks. Abrabam , Job, Booz, etc.
On sait combien Abrabam était riebe, et combien en même temps il était libéral et généreux. Il aurait regardé comme une tache et comme une bonté pour lui si un autre que Dieu l'eut enrichi. Non accipiam Gen. 14,23 ex omnibus quœ tua sunt, dit -il au roi de Sodome, qui, par reconnaissance, lui offrait tous les biens qu\\brabam avait retirés des mains de ses ennemis, ne dicas: Ego diiavi Abraham. Sa maison était Ouverte
Gea. 18, 1,2. à tous les passants el ;i tous les voyageurs. L'Ecriture nous représente ce saint homme assis , dans la plus grande chaleur du jour, à l'entrée de son pavillon, et ♦placé là comme en sentinelle par la charité, pour y attendre, ou plutôt pour chercher les occasions d'exercer l'hospitalité; car il est dit qu'il courait au devant des passants : Quos quunividissel , cacwril in oceursum eorum.
Job était un prince puissant et fort considéré. L'Ecriture nous trace en sa personne un portrait magnifique d'un homme puhlie, constitué en autorité, et
job, c. 3i, comblé de richesses. Il sentait avec une vive reconv. 18. . . ..,.,,, . lv
naissance que la compassion 1 avait eleve et nourri des
son enfance , et qu'il l'avait eue pour guide dès le sein
c.2Ç),v. 12- de sa mère. Il mettait au-dessus de ses plus glorieux
titres d'être l'œil de l'aveugle, le pied du boiteux, le
père des pauvres, l'asyle des étrangers, le consolateur
de la veuve, et le protecteur de l'orphelin destitué de
c. 3i,v. i3- tout secours. Il ne dédaignait point d'entrer en discusi5. . . . ,..
sion avec son serviteur et avec sa servante, lorsqu ils
croyaient avoir quelque sujet de plainte contre lui, intimement convaincu qu'eux et lui avaient un maître commun, et que le même Dieu était leur créateur et le v. 24, a5. sien. Jamais il ne mit sa confiance dans ses grandes v. 29. richesses ; et les disgrâces de ses ennemis ne lui causèrent c.29,v. 16. jamais de secrète joie. Accessible à tous sans distinction, il s'instruisait des affaires avec un extrême soin. v- u- Revêtu de la justice comme d'un vêtement royal, et v- *'• orné de l'équité de ses jugements comme d'un diadème, il arrachait à l'injuste sa proie d'entre les dents, et lui brisait les mâchoires , afin de le mettre hors d'état de V. iw3. nuire a l'avenir. Le plus doux fruit qu'il retirait de son
zèle était la satisfaction d'avoir délivré celui qui élail près de périr, et d'en être comblé de bénédictions; et, v. ■>.'.. dans le temps même qu'il était assis au milieu des sénateurs et des princes, et qu'il en était environné comme un roi l'est de ses gardes, il ne laissait pas d'être le consolateur des affligés.
Booz n'est pas moins admirable dans son genre. Au Rotb.c.a. milieu des richesses il est laborieux, appliqué aux. travaux de la campagne, simple, sans luxe, sans délicatesse, sans mollesse, sans hauteur. Quelle affabilité, quelle douceur, quelle bonté envers ses domestiques! Que le Seigneur soit avec vous! dit- il à ses moissonneurs. Et ils lui répondent : Que le Seigneur vous bénisse! Beau langage de l'antiquité religieuse, mais peu connu de nos jours!
Quelle louange ne mérite point ce qu'il dit et ce qu'il fait à l'égard de Ruth, qu'il prie de ne point aller dans un autre champ pour y glaner, mais de se joindre à ses fdles pour boire et manger avec elles! et l'ordre charitable qu'il donne à ses gens de lui laisser couper de l'orge avec eux, et de jeter même exprès des épis dans le champ, afin qu'elle pût les ramasser sans honte; nous apprenant, par cette sage conduite, à épargner à ceux à qui nous faisons des libéralités la confusion de recevoir, et à nous-mêmes la tentation de la gloire et même du plaisir de donner! De vestris quoque manipulis projicite de industriel, et remanere permit li le ut absque rubore colligat.
Tobie. Le Saint-Esprit nous donne dans ce sainl homme un modèle parfait de la vie privée, et nous montre en lui l'assemblage de toutes les vertus et de tous les devoirs de cet état. On y voit une fermeté à
laG TRAÏTr DFS ÉTUDOËS.
se défendre, dès le bas âge , de la contagion du mauvais exemple; une égalité d'esprii dans les différentes situations de la vie; une générosité, dans son abondance, à soulager les malbcureux, et à prêter même de grosses sommes sans intérêt ; une patience à supporter une pauvreté extrême, non-seulement sans murmure, mais avec actions de grâces; un courage invincible à exercer les œuvres de miséricorde; une douceur à souffrir les contradictions domestiques; une ferme confiance en Dieu dans les plus dures épreuves ; une attention suivie à élever son fils, autant par ses exemples que par ses leçons, dans la crainte du Seigneur, dans la justice pour le prochain, dans la compassion pour les pauvres; enfin une vive et ferme attente des biens futurs, qui le soutenait et le consolait au milieu des plus grandes
Tob.a , 18. afflictions. Nous sommes, dit-il, les enfants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu doit donner a ceux qui ne violent jeûnais la fidélité qu'ils lui ont promise.
Pauvres. Quel exemple que Job pour ceux à qui les disgrâces imprévues enlèvent tout d'un coup leur
job, i, si. bien ! Le Seigneur me l'avait donné; le Seigneur me Fa ôté : que soji nom soit béni !
Ruth, étonnée de ce que Booz daigne jeter les yeux sur une pauvre femme étrangère, apprend aux personnes réduites comme elle à la mendicité combien elles doivent être humbles et reconnaissantes en faisant réflexion que rien ne leur est dû.
Que le sort des pauvres serait digne d'envie, s'ils avaient, comme Tobie, cette belle maxime dans le
Tob.4,23. cœur : Ne craignez point,, mon fils. Il est vrai que nous sommes pauvres ; mais nous aurons beaucoup
de bien si nous craignons Dieu, si nous nous abstenons de tout péché , et si nous faisons de bonnes œuvres.
Personnes mariées. Les saintes femmes des patriarches; Sara, fille de Raguel; Ruth, Esther, Judith; Tobie père et fils, Job. Un seul mot de ce dernier nous montre jusqu'où ces anciens justes portaient la chasteté conjugale. Job était un prince riche et puissant, qui vivait dans l'abondance, qui était environné d'une cour attentive à lui plaire. Cependant il nous apprend lui-même qu'il avait fait un pacte avec ses yeux , et s'était imposé une loi sévère de ne jamais arrêter ses regards sur une vierge. Pepigi fœ- Job, 3i , i. dus cum oculis meis, ut ne cogitarem quidem de virgine.
Ce que j'ai dit des différents états , pour lesquels on trouve des règles et des modèles dans l'Ecriture, doit s'entendre aussi des différentes vertus et de toutes les matières de morale.
La vertu toujours exercée , purifiée , affermie par les maux. A bel, Abraham, Joseph, Moïse, David, Job, Daniel, etc.
Le crime malheureux. Caïn, Abirnélec et les Siehimites, Absalom , Achitophel, Jéroboam, Baasa , Achab.
Pardon des injures. Abraham à l'égard de Lot; Joseph à l'égard de ses frères; David à l'égard de Saïd.
Oppression des pauvres, des faibles, des veuves, orphelins, étrangers, crie vengeance et U obtient. Miel eontre Caïn; Jacob contre Laban et Esaiï; Israël contre les Kgyptiens; le sang des enfants de Gédéon contre
\bimélec; Urie contre David; INaboth contre Achab et Jézabel.
La pénitence couvre les plus grands crimes, et arrête les plus terribles menaces. Les Ninivites, les Israélites très-souvent, Acbab, Manassé.
v. La connaissance de Dieu et. de ses attributs doit être un des plus grands fruits de l'étude de l'histoire sainte.
Unité de Dieu. Cette vérité brille par-tout dans
les Ecritures, où il semble que Dieu crie à haute voix
qu'il n'y a point de dieu, point de seigneur que lui.
18 Ego Dominus, et non est alius.... Ego Deus, et non
est alius. ,
La toute- puissance de Dieu, manifestée par la création, la conservation et le gouvernement de l'univers; par la facilité avec laquelle il élève sur le trône et en précipite qui il veut, établit les empires et les détruit, rend les nations florissantes ou misérables ; par l'empire souverain qu'il exerce non-seulement sur tout ce qui est extérieur et visible, mais sur les esprits et les cœurs, en les faisant passer tout d'un coup d'une résolution prise à une autre toute contraire , selon ses desseins. Exemples : Laban et Esaù, marchant contre Jacob; conseil d'Achitophel dissipé par celui de Chusaï ; toute l'armée de Juda, transportée de colère et du désir de la vengeance, marchant sous Roboam contre Jéroboam , arrêtée et congédiée surle-champ par une seule parole du prophète ; l'armée d'Israël retournant à Samarie chargée de dépouilles, renvovant deux cent mille captifs sur la simple remontrance d'un prophète et de quelques grands seigneurs de Samarie: etc.
TRAITE DES ÉTUDES. I iQ
Bonté de Dieu et ses motifs. Elle se répand avec profusion et sans s'épuiser , en prodiguant le nécessaire, le commode, le délicieux, sur des hommes qui ne le connaissent point et qui ne lui en rendent pas grâces, ou qui l'offensent et le blasphèment.
Patience de Dieu. Il supporte les crimes et l'impénitence des hommes pendant plusieurs siècles, depuis les prédications d'Hénoch jusqu'au déluge. La mesure des Amorrlîéens n'est comblée qu'après plus de quatre cents ans. Le peuple juif en fournit plusieurs exemples, sur-tout la ruine de Samarie et de Jérusalem, et la captivité d'Israël et de Juda, dont ces deux royaumes avaient été menacés pendant plusieurs siècles.
Justice de Dieu. Quand enfin elle éclate, elle est terrible, accablante, inexorable; rien ne la peut arrêter ni détourner : Déluge, Sodome, Ninive, Babylone, etc.
Le caractère de la punition est ordinairement proportionné à la nature du crime. Toute la terre, infectée par les hommes, est toute submergée par les eaux du déluge. Les villes malheureuses brûlant du feu impur sont consumées par le feu. L'adultère et 1 homicide de David sont vengés par les incestes et les meurtres de ses enfants.
La providence de Dieu entre dans tout, préside à tout jusque dans le moindre détail, règle et fait tout. Dieu appelle la famine, l'épée, la peste, pour punir des ingrats et humilier des superbes. 11 suscite, tout d'un coup , l'esprit des peuples qui ne pensent point à la guerre, et les amène de loin pour ravager un autre peuple coupable. Il inspire aux troupes l'ardeur, le courage, l'obéissance, le mépris des fatigues