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et des dangers. 11 donne aux chefs la vigilance , l'activité, L'audace pour entreprendre les choses les plus difficiles; la prévoyance, le discernement des expédients
les plus utiles; l'autorité, et l'art de se faire en même temps craindre et aimer. Il lève les obstacles, facilite les entreprises, accorde le succès. Au contraire, ii ôte à tous ceux qu'il veut perdre le conseil, la présence d'esprit, la force, le courage. Il jette le désordre et la consternation dans les années, jusqu'à faire tourner les épées des soldats contre leurs compagnons. Il parvient à ses desseins par les moyens les plus contraires, comme l'histoire de Joseph le montre; et souvent il y parvient par des moyens qui paraissent l'effet du pur hasard , quoiqu'ils soient tous concertés et préparés par une sagesse infinie, comme l'histoire de David depuis son état de berger jusqu'à la mort de Saùl le fait voir clairement.
Les maîtres, en expliquant l'histoire sainte aux jeunes gens, ne peuvent trop insister sur la providence, qui est un attribut de Dieu, dont la connaissance est la plus intéressante, la plus importante, la plus nécessaire; qui influe dans tous les événements publics et particuliers; que tout homme doit avoir présente dans chaque circonstance de la vie, dans chaque action de la journée; qui est la plus ferme base de la religion; qui forme les liens les plus naturels et les plus étroits de la créature avec le Créateur; qui lui fait sentir davantage sa dépendance universelle, sa faiblesse, ses besoins; qui lui offre les occasions des plus grandes vertus, de la confiance en Dieu, de la reconnaissance, du détachement, de l'humilité, de la résignation, de la patience ; et qui fournit à la piété et au culte reli-
TRAITÉ DES ÉTUDES. I il
gieux la matière la plus ordinaire de ses exercices par la prière, par les vœux, par les actions de grâces, par les sacrifices.
Connaissance de l'avenir. Un des caractères les plus incommunicables de la Divinité est la connaissance de l'avenir. Souvent Dieu fait aux fausses divinités le défi de prédire ce qui doit arriver : Annuntiate quœ isai. 41,23; Ventura surit infuturum , et scie/nus quia dii estes vos. Il faut, en enseignant l'histoire sainte, y faire soigneusement remarquer aux jeunes gens les prédictions les plus célèbres, soit qu'elles regardent les événements temporels, ou qu'elles aient rapport à la religion, et leur faire observer le caractère des prophètes, leur mission, le but et les dangers de leur ministère. Ils sont saints et irréprochables dans leurs mœurs, mènent une vie pauvre et obscure, sans ambition, sans intérêt, sans tirer aucun avantage de leurs prédictions. Ils sont envoyés à des incrédules, qui les contredisent et les persécutent, qui ne se rendent qu'après l'évidence de l'accomplissement. Leurs prédictions regardent des événements publics, et annoncent la destinée des royaumes. Elles sont circonstanciées, publiées long - temps avant l'accomplissement, connues de tous, à la portée des plus simples. Tous ces caractères, réunis ensemble, sont de puissants motifs de crédibilité.
vi. Enfin, Jésus-Christ étant la fin de la loi, il faut, quand l'occasion s'en présente naturellement, le faire envisager aux jeunes gens dans les histoires qu'on leur explique; dans les sacrifices, dans les cérémonies; dm les actions des patriarches, des juges, des rois, des prophètes; en un mot, de tous ceux que Dieu a choisis
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pour figurer, par quelque endroit, ou Jésus -Christ, ou l'Eglise, qui est son épouse et son ouvrage.
\ ii. A toutes ces observations je crois devoir en ajouter une dernière sur les privilèges de la piété, à laquelle il est très-important de rendre la jeunesse attentive. En effet, Dieu a voulu montrer, par toute la suite de l'histoire de l'Ancien-Testament, que toutes les promesses et toutes les récompenses, même pour la vie présente, étaient attachées à la piété; que tous les biens temporels viennent de Dieu, comme de leur unique source, et qu'il ne les faut attendre que de lui seul , quoiqu'il en réserve à ses serviteurs , dans l'éternité, de plus dignes de sa magnificence, et de plus proportionnés à la vertu. C'était cette piété, dont le propre caractère consistait dans une ferme confiance en Dieu, qui réglait seule la destinée de son peuple, et qui décidait absolument de la félicité publique et du sort de l'état. Tout était mesuré sur elle, les saisons favorables , l'abondance , la fécondité , la victoire sur les ennemis, la délivrance des plus grands dangers, l'affranchissement de tout joug étranger, la jouissance de tous les avantages qu'on peut goûter dans le sein d'une profonde paix. Elle obtenait tout , et surmontait tout. C'est par elle que Jonathas , seul avec son écuyer, met en fuite une armée entière; que David sans armes terrasse le géant, et se met à couvert des artifices et de la violence de Saùl; que Josaphat, sans tirer l'épée, triomphe de trois peuples ligués contre lui ; qu'Ezéchias sauve Jérusalem et le royaume de Juda, en voyant périr cent quatre-vingt-cinq mille Assyriens. Au contraire , l'impiété attirait tous les fléaux de la colère de Dieu, la famine, la peste, la
«uerre , les défaites , la servitude , la ruine entière des plus puissantes maisons; et le crime conduisait toujours à une fin malheureuse.
De pareilles observations peuvent beaucoup servir à inspirer des sentiments de piété insensiblement, agréablement, sans travail, sans affectation, sans paraître prêcher ni faire de longues moralités. C'est la principale fin que Dieu s'est proposée en liant tous les devoirs, toutes les vertus, tous les préceptes, toutes les vérités salutaires, tous les mystères, en un mot toute la religion, à des faits dont les hommes de toute condition, de tout âge, de toute sorte de caractères, sont touchés, parce qu'ils sont à leur portée et qu'ils n'ont pas moins d'agrément que d'utilité. Omettre de telles observations, serait priver les jeunes gens des plus grands fruits que présentent les livres saints, et leur laisser ignorer ce qui fait l'âme des Ecritures.
Après avoir marqué les principales choses qu'on peut observer en lisant et en expliquant l'histoire sainte , et avoir comme posé les fondements et les principes de cette étude, il me reste à en faire l'application à quelques histoires particulières, afin de montrer comment on peut mettre en pratique les règles que j'ai données. C'est ce que je vais tâcher d'exécuter avec le plus d'ordre et de clarté qu'il me sera possible.