‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 5)Chapitre 72 sur 82 · Tome XXVII, Tr. des Étud · texte numérisé non relu

Tome XXVII, Tr. des Étud

4 [ 8 T li A 1 T i: D E S É TUDE S.

manière fine et délicate, il lui fit une vive peinture des désordres de la guerre et des maux qu'elle avait causés tant aux victorieux qu'aux vaincus. Il l'exhortait à ne se laisser pas éblouir par l'éclat de ses victoires : que , quelque heureux qu'il eût été jusque-là , il devait appréhender l'inconstance de la fortune; que, sans en chercher bien loin des exemples , il en était , lui-même qui lui parlait, une preuve éclatante : que Scipion était alors ce qu'Annibal avait été à Trasimène et à Cannes; qu'il profitât de l'occasion mieux qu'il n'avait fait lui-même, en faisant la paix dans un temps où il était le maître des conditions. Il finit en déclarant que les Carthaginois voulaient bien céder aux Romains la Sicile, la Sardaigne, l'Espagne, et toutes les îles qui sont entre l'Afrique et l'Italie; qu'il fallait bien se résoudre, puisque les dieux en ordonnaient ainsi, à se renfermer dans les bords de l'Afrique, tandis qu'ils verraient les Romains maîtres sur mer et sur terre de tant de royaumes étrangers.

Lv.iib.3o, Scipion répondit en moins de paroles, mais non avec moins de dignité. Il reprocha aux Carthaginois la perfidie avec laquelle ils venaient de piller quelques galères romaines avant que la trêve fût expirée. Il rejeta sur eux seuls et sur leur injustice tous les maux des deux guerres. Après avoir remercié Annibal des conseils qu'il lui donnait sur l'incertitude des événements humains, il finit en l'avertissant de se préparer au combat , s'il n'aimait mieux accepter les conditions qu'il avait déjà proposées, auxquelles néanmoins on en ajouterait encore quelques-unes pour punition d'avoir rompu la trêve.

l. ih. n. 52. Chacun des généraux exhorta donc ses troupes. An-

TRAITÉ DES ÉTUDES. l\\Ç)

nibal rapportait toutes les victoires qu'il avait remportées sur les Romains, tous les chefs qu'il avait tués, toutes les armées qu'il avait taillées en pièces. Scipion représentait aux siens la conquête des Espagnes, les succès qu'il avait eus dans l'Afrique, et l'aveu que les ennemis faisaient de leur faiblesse en venant demander la paix; et il disait tout cela d'un air et d'un ton de vainqueur l . Jamais motifs de bien combattre ne furent plus puissants. Ce jour allait mettre le comble à la gloire de l'un ou de l'autre des chefs, et décider qui, de Rome ou de Carthage 3 , donnerait la loi aux nations.

Je n'entreprends point de décrire l'ordre de la ba- Ibid taille ni la valeur des deux armées. Il est aisé d'ima giner que deux capitaines si expérimentés n'oublièrent rien de ce qui devait contribuer au gain de la bataille. Les Carthaginois , après un combat fort opiniâtre , furent enfin obligés de prendre la fuite en laissant vingt mille des leurs sur le champ de bataille, et les Romains firent un pareil nombre de prisonniers. Annibal se sauva pendant le tumulte; et, étant rentré dans Carthage après trente-six ans d'absence, il avoua qu'il était vaincu sans ressource, et que Carthage n'avait . plus d'autre parti à prendre que de demander la paix, à quelques conditions que ce fût. Scipion lui donna de grands éloges, et assura qu' Annibal s'était surpassé lui-même dans cette journée, quoique le succès n'eût pas répondu à son courage.

Pour lui, il sut bien profiter de sa victoire et de la ibid. consternation des ennemis. Il ordonna à un de ses lieu-

' «Cclsus hase coipore , vqltuqu'e 2 •• Rôma an Cartbbgô jura genti-

ita lieto, ut vicisse jain crcdeics , Lus liaient , auli- crastînanl mu Item

dicebat. » (Liv. lib. 3<>,n. J?..) Bcituros. •■ (Ibid.)

I 20 T R A I T i: I> E S ET l D ES.

tenants de mener sou armée de terre à Carlhage, pendant ([lie lui-même allait conduire la flotte jusqu'au pied de ses murailles* Il n'en était pas éloigné, lorsqu'il rencontra un vaisseau couvert de bandelettes et de branches d'olivier. Il portait dix ambassadeurs des plus considérables de Cartilage, qui venaient implorer sa clémence. Il les renvoya sans réponse, avec ordre de le venir trouver à Tunis, où il devait s'arrêter. Les députés de Cartilage vinrent au nombre de trente trouver Scipion au lieu marqué, et lui demandèrent la paix en des termes très-soumis. Il assembla son conseil. La plupart étaient assez d'avis qu'il rasât Carthage, et qu'il traitât ses habitants avec la dernière sévérité. Mais la vue du temps que durerait le siège d'une ville si bien fortifiée , et la crainte qu'avait Scipion qu'on ne lui envoyât un successeur pendant qu'il serait occupé à ce siège, le firent pencher vers la douceur. Il leur accorda une trêve, pour leur laisser le temps d'envoyer à Piome.

Liv. hb. 3o, Les députés y étant arrivés, et ayant exposé le sujet 11. 40-4 . tje jeur VOyage^ }e sénat et le peuple donnèrent un plein pouvoir à Scipion, et lui permirent de ramener son armée après la conclusion du traité. La paix fut donc conclue. Les Carthaginois remirent à Scipion plus de cinq cents vaisseaux, qu'iLfit brûler à la vue de Carthage : spectacle bien triste pour les habitants de cette malheureuse ville! Il fit trancher la tête aux alliés du nom latin, et pendre les citoyens romains, qui lui furent rendus comme transfuges.

[d.ib.n.45. Ainsi fut terminée la seconde guerre punique, après avoir duré dix -sept ans. Scipion retourna à Rome à travers une multitude infinie de peuples que la curio-

TRAITÉ DES ÉTUDES. l\l\

site attirait sur son passage. On lui décerna le triomphe te plus magnifique qu'on eûl encore vu. Il n'y manqua que la présence du roi Syphax, qui était mort à Tivoli quelques jours auparavant. Le surnom iï Africain lui fut donné; on ne sait si ce fut par l'armée, ou par le peuple, ou par ses amis et ceux de sa Camille. Quoi qu'il en soit, il est le premier à qui l'honneur de prendre le nom d'une nation vaincue ait été accordé.

Guerre contre Philippe , roi de Macédoine.

Cette guerre commença immédiatement après que celle de Cartilage eut été terminée, et elle ne dura que l'espace de quatre ans. La seconde guerre punique fut l'occasion et la cause de celle-ci. Philippe, selon la coutume des princes politiques qui règlent leur conduite sur leurs intérêts, et qui, dans leurs entreprises consultent moins l'équité que Futilité, voyant aux mains deux peuples aussi puissants r qu'étaient les Carthaginois et les Romains, avait attendu pour se déclarer que la fortune elle -même se déclarât, bien résolu de se ranger du côté du plus fort. Il était d'autant plus intéressé dans cette guerre, que l'Italie se trouvait assez près de ses états, qui n'en étaient séparés que par la mer d'Ionie. Trois victoires considérables, remportées de suite par Annibal, lui firent juger que la guerre se terminerait à son avantage, et le détermi-

1 « £n liane dlmicatîonem duorum adhuc viribus , fluctua tus aniiuo (ue-

opuleutusimorum in terris populo- rat. Posteaquam tertia jam pugna ,

îiini oranea reges gentesrjiu; animos tertia Victoria cum Poeais erat, ;"l

intenderant : inter quos Pliilippus, fortunam inclinavit , tegatosqae ad

Macedonum rex... Is, utrius po- Aiuiilialcm misit. » (l.i\. III. ■■

pull mallet victoriam esse, inccitis n. > i.

iv.lib.a3, nèrent à embrasser le parti de ce dernier. Il lui en- ' 38, 3o. e voya donc des ambassadeurs. Le bonheur des Romains voulut qu'à leur retour ils fussent surpris chargés des lettres d'Annibal pour Philippe, et conduits à Rome. C'était peu de temps après qu'on y avait appris la sanglante défaite de Cannes. Le sénat comprit quel surcroît de danger ce serait que la guerre de Macédoine ajoutée à celle de Carthage I. Cependant, loin de succomber à une telle crainte, les Romains ne songèrent qu'aux moyens de porter la guerre en Macédoine, pour empêcher Philippe de passer en Italie. La prise des ambassadeurs leur en donna le temps. Il fallut que Philippe en envoyât de seconds, qui lui rapportèrent poiyb. i. 7, enfin le traité qu'ils avaient conclu avec Annibal. Polvbe nous l'a conservé tout entier : il mérite d'être lu. Il y est fait mention de tous les dieux de l'un et de l'autre parti , sous les yeux desquels se faisait ce traité ; et il y est marqué expressément que c'était du secours des dieux qu' Annibal attendait l'heureux succès de la guerre.

Les Romains ne manquèrent pas d'envoyer contre Philippe une flotte , qui lui fit perdre l'envie de passer en Italie, en l'obligeant de songer à défendre son propre pays. Tout le temps que dura la guerre punique se passa en différentes expéditions que ce prince fit dans la Grèce, où, sous prétexte de soutenir les Achéens contre les Etoliens leurs ennemis, il se rendit maître de plusieurs villes assez considérables.

1 « Gravis cura Patres incessit , suceubuerunt , ut extemplo agitare-

r.ernentcs quanta vix tolerantibus tur quemadmodùm ultro inierendo

punicuni bellum macedonici belli bello averterent ab Italia bosteni. »

moles instaret. Cui tamen adeô non ( Liv. lib. 2 3 , n. 38. )

Dès qu'à Rome la paix eut été conclue avec les Liv. îib. 3i, Carthaginois, la première affaire qu'on y mit en délibération fut celle qui regardait Philippe. Les plaintes d'Athènes qui implorait le secours des Romains y donnèrent lieu. Il fut décidé qu'on déclarerait la guerre à Philippe. Rome , toujours attentive à ce qui regarde la religion r , sur-tout dans le commencement des nouvelles guerres , ne manqua à rien de ce qui avait coutume de se pratiquer en pareille occasion , et ordonna des prières publiques et des sacrifices dans tous les temples des dieux.

Le consul chargé du département de la Macédoine partit dès le commencement du printemps. Je ne rapporterai ici aucun détail de tout ce qui se passa pendant le cours de cette guerre. On parla plusieurs fois de paix, et il y eut plusieurs entrevues, mais toujours inutilement. Une dernière action décida du sort de w. la». 33,

Philippe : ce fut la bataille de Cynocéphale. T. Quintius Flarnininus, proconsul, commandait l'armée des Romains. Celle des Macédoniens fut vaincue, et le roi obligé de prendre la fuite. Son premier soin, dans ce moment de trouble et de confusion , fut d'envoyer à Larisse brûler tous ses papiers , de peur qu'ils ne nuisissent à ses alliés et à ses amis si les Romains venaient à s'en rendre les maîtres; et Polybe fait re- Polyb.i. <7,

l 1 Pag- 767-

marquer cette attention comme une preuve de la sagesse et de la prudence de ce prince dans l'adversité; au lieu que d'abord ses succès heureux, l'ayant rempli de vanité et d'orgueil , avaient fait dégénérer sa con-

1 « Civitas religiosa, in princi- ilecrevit supplia aliones , etc. ». ( Id. plis maxime novorum licllorum , lib. 31,11.9. )

duite, sage et modérée dans les eomineneements, en un gouvernement violent et tyrannique.

,iv. lib. 33, Philippe songea alors véritablement à faire la paix. Il y trouva beaucoup de disposition de la part de Flamininus, parce qu'on savait, à n'en pouvoir douter, qu' Antiochus , roi de Syrie, songeait à passer en Europe et à déclarer la guerre aux Romains. Les conditions furent les mêmes que celles qu'on avait déjà proposées auparavant , et , entre autres , que toutes les villes des Grecs, tant en Europe qu'en Asie, jouiraient de la liberté, et que Philippe ferait sortir les garnisons de celles dont il s'était emparé. Ce traité fut ratifié à Rome, où son fils Démétrius, qu'il y avait envoyé en otage , demeura encore quelques années après que cette grande affaire eut été conclue, et s'y ha d'une amitié particulière avec les Romains.

id. ibid. Le courrier qui était chargé de la ratification du

ii. 3o-33. . , . r v , '„ , . .

traite arriva tort a propos en Grèce dans le temps

qu'on était près de célébrer les jeux solennels à Corinthe. La curiosité naturelle aux Grecs pour ces sortes de spectacles, et la situation commode du lieu, où l'on pouvait aborder par nier des deux côtés, rendait toujours l'assemblée fort nombreuse : mais l'impatience d'apprendre quel serait à l'avenir le sort de toute la Grèce y avait attiré pour-lors un concours incroyable de peuples. Quand les Romains, au jour marqué, eurent pris séance , le héraut s'avança dans l'arène ; et , après que par le son de la trompette on eut imposé silence à toute l'assemblée, il prononça à haute voix les paroles suivantes : Le sénat et le peuple j'omain, et T. Quinlius, général1, ayant vaincu le roi Philippe

1 Imperator.

TRAITÉ DES ÉTUDES. t\l$

et les Macédoniens , ordonnent que les peuples de la Grèce vivront désormais sous leurs lois , libres et exempts de toute servitude; et il fit en même temps le dénombrement de tous les peuples qui avaient été assujettis à Philippe. Une nouvelle si heureuse et si inespérée paraissait plutôt un songe qu'une réalité. On n'osait en croire ni ses yeux ni ses oreilles , et chacun voulait voir encore et entendre le héraut pour s'assurer par soi-même de son propre bonheur. Quand la chose fut bien certifiée, il s'éleva de si grands cris de joie, et ils furent tant de fois réitérés , qu'il parut l évidemment que de tous les biens il n'y en a aucun dont les hommes soient plus vivement touchés que de la liberté. On célébra les jeux à la hâte et fort rapidement, personne ne s'y intéressant plus et ne daignant y prêter la moindre attention, tant une seule joie avait étouffé dans les esprits le sentiment de tout antre plaisir. Quand les jeux furent finis, tous presque coururent en foule vers le général romain; en sorte que, chacun s'empressant d'approcher de son libérateur, de le saluer, de lui baiser la main, et de jeter sur lui des couronnes et des festons de fleurs, il aurait été dans quelque danger pour sa santé si la vigueur de l'âge (car il n'avait guère que trente-trois ans), et la joie d'une journée si glorieuse, ne l'avaient soutenu et mis en état de résister à toutes ces fatigues.

1 « Ut facile appareiet , niliil oui- culo intenti essent ; a<!<*o iiiimn i^aiiniiim honoTiini iimltituilini gratins, diiuii pracoGCupaveral omnium attaquant Libertatem , esse. Ludicrum rum sensum voluptatum. » ( Liv. delndè ita raptim peràctum est, ut tib, '!), n. 32.) nullius nec animi nec oculi specta-

.'\'à6 TRAITÉ DES ÉTUDES.

Guerre contre Antiochus , roi de Syrie.

Liv. lib. 33, Les Romains, qui jusque-là avaient prudemment

n. 44, 4a. dissimulé leur mécontentement, et fermé les yeux sur

plusieurs entreprises d'Àntiochus pour ne point avoir

en même temps deux ennemis puissants sur les bras,

commencèrent à lui parler plus nettement dès qu'ils se

virent délivrés de la guerre contre les Macédoniens,

id.iib. 34, et lui firent dire qu'il eût à sortir des villes d'Asie qui

avaient appartenu à Philippe ou à Ptolémée ; qu'il

laissât les villes grecques vivre en liberté, et qu'il ne

songeât point à entrer en Europe, ni à y faire passer

des troupes.

ibid. Ce prince, déjà assez porté de lui-même à la guerre,

n. 6o, etc. , , c . .....

y était encore pousse fortement par les sollicitations d. lib. 35, violentes des Etoliens, et par les conseils d'Ànnibal, n I9 qui s'était retiré chez lui depuis que les Romains, avertis de ses intrigues secrètes et de ses intelligences avec le roi de Syrie, avaient, contre le sentiment de Scipion , demandé aux Carthaginois de leur livrer cet ennemi implacable de Rome, qui ne pouvait souffrir la paix, et qui causerait infailliblement la ruine de sa [bid.11.42. patrie. Enfin Antiochus se déclara ouvertement, fit entrer ses troupes dans la Grèce, et prit plusieurs villes.

a. lib. 36, Alors les Romains, qui s'attendaient depuis longu I,etc temps à cet événement, lui déclarèrent la guerre dans les formes , après avoir consulté les dieux sur le succès de cette entreprise, et avoir imploré leur secours par des prières publiques et des sacrifices.

L'avis d'Annibal , dans un conseil général qui se t.int

sur les résolutions qu'il fallait prendre , avait été qu'Antiochus fit partir sur-le-champ sa flotte pour débarquer des troupes en Italie; et il s'offrait de la commander pendant que le roi demeurerait en Grèce avec son armée, faisant toujours mine et se tenant effectivement toujours prêt à y passer lorsqu'il en sérail temps. Cet avis fut négligé, aussi-bien que tous ceux qu'il donna encore depuis; et, soit défiance, soit jalousie et crainte qu'un étranger n'eût toute la gloire de cette entreprise, il ne fit aucun usage d'Àimibal, qui aurait dû lui tenir lieu d'une armée entière.

Outre cela, ce prince, enflé mal-à-propos du premier succès de ses armes, et oubliant tout d'un coup les deux grands projets qu'il avait formés, de faire la guerre aux Romains et de délivrer la Grèce, se laissa n.id. u. n. emporter à une passion qu'il conçut pour une fille de Chalcis, passa le quartier d'hiver dans cette ville à célébrer ses noces au milieu des festins et des réjouissances, et énerva par ce séjour les forces et le courage de ses troupes.

La campagne suivante s'en ressentit. Ces troupes, amollies par les plaisirs et la bonne chère, ne purent tenir devant celles des Romains, et furent battues en plusieurs occasions. Le roi lui-même, fuyant de ville en ville et de contrée en contrée, et toujours vivement poursuivi, fut enfin obligé de repasser en Asie. Sur mer, sa flotte n'eut pas un meilleur succès.

L'année suivante, on nomma pour consuls L. Cor- l&lib. 3: nélius Scipion et C. Lélius. Scipion l'Africain s offrit de servir sous son frère, en qualité de lieutenant, au cas qu'on voulût lui donner pour département la Grèce sans tirer les provinces au sort, comme c'était la cou-

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