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DO HISTOFRE ANCIENNE.
truite , à quoi pour lors il n'y avait nulle apparence. Il les avertit d'en prévenir la ruine, et de sortir de Ninive après qu'ils l'auraient enseveli lui et sa femme.
La ruine de Ninive ^ est proche leur dit ce saint
vieillard. Ne demeurez point ici .... car je vois que r iniquité de cette ville la fera périr. Ces dernières paroles sont bien remarquables : iniquitas ejiis Jinem dabit ei. liCS hommes attribueront la ruine de Ninive à toute autre raison. Le Saint - Esprit nous apprend que son injustice en fut la véritable cause ; et il en sera ainsi de tous les autres états qui imiteront ses crimes. Judith,!, Nabuchodonosor, la douzième année de son règne, ^^ ' défit en bataille rangée, dans la plaine de Ragau, le roi des Mèdes , prit Ecbatane , cabitale de son royaume , et retourna victorieux à Ninive. Quand nous serons venus à l'histoire des Mèdes, nous rapporterons ceci dans un plus grand détail.
C'est immédiatement après cette expédition qu'arrive le siège de Bétulie par Holopherne , l'un des chefs de Nabuchodonosor , et la fameuse histoire de Judith. As. M. 3)56 SA.RACUS, appelé autrement Chynaladanus . Il avait tiex^/ol^-- succédé à Saosduchin. S'etant rendu méprisable à ses hist. sujets par sa mollesse et le peu de soin qu'il prenait de son empile, Nabopolassar , général de ses armées, qui était de Babylone , s'empara de cette partie de l'empire assyrien, sur laquelle il régna vingt -cinq ans.
An. M 3378 Nabopolassar. Ce prince, pour soutenir sa révolte Av.j.c.626. * *
'La Vulgate , que j'ai suivie ici, cette prédiction; mais, étant retoin-
fait prédire la ruine de Ninive à To- bée dans ses crimes , elle en fut
bie; mais le texte grec marque qu'il enfin punie par une ruine entière,
répéta simplement à ses enfants la comme le prophète Nalium l'avait
prédiction de Jonas. Ninive, par sa de nouveau prédit long-temps après
pénitence, évita pour-lors l'effet de Jonas.
avec plus de succès, avait fait alliance avec Cyaxare, roi des Mèdes. Ayant réuni ensemble toutes leurs forces, ils assiégèrent Ninive, la prirent , tuèrent Saracus, et ruinèrent de fond en comble cette grande ville. 11 sera parlé plus au long de ce grand événement dans l'histoire des Mèdes. Depuis ce temps-là Babylone fut la seule capitale de Tempire assyrien.
Les Babyloniens et les JMèdes , ayant détruit JXinive , devinrent si redoutables, qu'ils s'attirèrent la jalousie de tous leurs voisins. Necliao, roi d'Egypte, en fut tellement alarme , qu'il s'avança vers l'Euphrate , à la tête d'une puissante armée, pour ai'rêter leurs progrès, et. il y fit des conquêtes considérables. Voyez dans l'Histoire des Égyptiens ce qui est dit de cette expédition et des suites qu'elle eut.
Nabopolassar , vovant que , depuis la prise de Char- ^^^^^ camis parNechao, toute laSyrie et la Palestine s'étaient apudjoseph.
1 •' Autiq. 1. lo,
détachées de son obéissance, son âge d'ailleurs et ses cap n; et
contra Ap.
infirmités ne lui permettant pas daller en personne ub. i[c. 19] réduire ces rebelles, s'associa à l'empire son fils Nabuchodonosor, et l'envoya à la tête d'une armée pour remettre ce pays sous son obéissance.
C'est de ce temps que les Juifs comptent les années de Nabuchodonoâor , savoir de la fin de la troisième ^ „ ,, „
' An. M. 3398
année de Joakim , roi de Juda, ou plutôt du commen- Av.j.c.tJoG. cernent de la quatrième. Mais les Babyloniens ne comptaient le règne de ce prince que de la mort de son père , qui arriva deux ans après.
Nablchodonosor II. 11 battit l'armée de Néchao Jereui.4<),2 vers l'Euphrate, et reprit Charcamis. De là il marcha du coté de la Syrie et de la Palestine , et remit ces provinces sous sa domination.
Dan. 1 , 1-7. Il entra aussi dans la Judée , mit le siège devant 2 Paralyse, Jérusalem , et s'en rendit maître. Il avait fait mettre Joakim aux fers pour le transporter à Babylone ; mais , touché de son repentir , il le rétablit sur le trône. Un grand nombre de Juifs, et entre autres les enfants de la race royale , furent menés captifs à Babylone , et l'on y transporta tous les trésors du palais , et une partie des vases du temple. Ainsi fut accomplie la menace que Dieu avait faite au roi Ézéchias par son prophète Isaïe. C'est de cette fameuse époque , qui était la quatrième année de Joakim , roi de Juda , qu'il faut commencer la captivité des Juifs à Babylone , prédite tant de fois par Jérémié. Daniel , âgé pour lors de dix-huit ans ' , fut enlevé avec les autres , et Ezéchiel quelque temps après.
« auon.Ptoi Vers la fin de la cinquième année de Joakim mourut Beros. JXabopolassar , roi de Babylone , après un règne de
apudJosepli. 1 ■ J ^ l o
Antiq. 1. ro, vinet-uu ans. Nabuchodonosor son fils ne l'eut pas plus
lap. 1 1 ; et *-" ^ ' '
contra Ap. tôt appris , qu'il partit en diligence pour Babylone ,
lib. \.\v. iq.l - 1 1 1 • lit
ayant pris le plus court chemin par le désert, accompagné de peu de gens , et ayant laissé à ses généraux le gros de son armée pour la ramener à Babylone avec les captifs et le butin. Dès qu'il fut arrivé , il reçut le gouvernement des mains de ceux qui le lui avaient conservé avec soin , et succéda ainsi à tous les états de son père, qui comprenaient la Chaldée, l'Assyrie, l'Arabie, la Syrie et la Palestine, et sur lesquels, selon Ptolémée , il régna quarante-trois ans. An. M. 3401 La quatrième année de son règne, il eut un songe " Dau. C.2! dont il fut fort effrayé, mais qu'il oublia entièrement.
■ Quelques-uns croient qu'il n'avait alors ijiie huit ans; d'yutres , quil on avait douze.
II consulta les sages et les devins de son royaume pour savoir d'eux ce qu'il avait vu en songe. Tous lui repondirent qu'il était impossible de le deviner, et que tout ce qu'on pouvait faire était de lui expliquer son songe après qu'il l'aurait fait connaître. Comme les princes ne sont point accoutumés à trouver d'opposition à leurs volontés , et qu'ils veulent être obéis , Nabucliodonosor, s'imaginant qu'ils agissaient de mauvaise foi , entra en fureur , et les condamna tous à mort. Daniel , avec ses trois compagnons, était compris dans cet arrêt comme étant du nombre des sages. Après avoir invoqué son Dieu , il alla trouver le roi , et lui raconta ce qu'il avait vu en songe. C'était , lui dit-il , une statue d'une hauteur énorme et d'un regard effrayant , dont la tête était d'or , la poitrine et les bras d'argent , le ventre et les cuisses d'airain, les jambes de fer, et les pieds en partie de fer et en partie d'argile. Pendant que vous étiez attentif à cette vision , une pierre s'est détachée d'elle-même d'une montagne, et, frappant la statue par les pieds, elle l'a brisée et réduite en poudre; et la pierre est devenue une grande montagne , qui a rempli toute la terre. Au récit de ce songe Daniel en ajouta l'explication , marquant les trois grands empires qui devaient succéder à celui des Assyriens; savoir, l'empire des Perses, l'empire d'Alexandre-le-Grand et des Grecs, l'empire Romain, ou, selon d'autres, celui des successeurs d'Alexandre. Après ces royaumes, continua Daniel , le Dieu du ciel en suscitera un qui ne sera jamais détruit , qui ne passera point à un autre peuple, qui renversera et anéantira tous ces royaumes, et qui subsistera, pendant toute l'eternite : par où il désignait clairement le royaume de Jésus -Christ. Le
Jéreni. 22 18-19.
^!\ iriSTOlKE ANClElVNi;.
roi , tout hors de lui - même , et ravi d'admiration , après avoir reconnu et déclaré hautement que le Dieu des Israélites était véritablement le Dieu des dieux , éleva Daniel aux premières charges de l'état , le fît chef de ceux qui avaient la surintendance sur les mages, l'établit gouverneur de toute la province de Babylone, et l'un des principaux seigneurs du conseil qui suivait toujours la cour. Ses compagnons eurent aussi part h son élévation.
* ^i?2^^' Joakim s'étant révolté contre le roi de Babylone, les généraux du dernier marchèrent contre lui avec les troupes qu'ils avaient dans le pavs, et exercèrent toutes sortes d'hostilités sur ses terres. Il s'endormit avec ses pères : c'est tout ce que l'Ecriture nous marque de sa mort. Jérémie avait prédit qu'il ne serait point regretté ni pleuré ; que sa sépulture serait comme d'un ane mort, et qu'on le jetterait tout pourri hors des portes de Jérusalem. Cela fut sans doute exécuté sans qu'on sache de quelle manière.
4 Reg. 24, Téchonias succéda à l'impiété de son père aussi-bien qu'à son rovaume. Les lieutenants de Nabuchodonosor ayant formé le blocus de Jérusalem , il vint lui-même trois mois après , en personne , à la tête de son armée , et se rendit maître de la ville. Il enleva tous les trésors du temple et du palais du roi , et tout ce qui restait des vases d'or que Salomon avait faits pour l'usage du temple, et les fit transporter à Babvlone, où il emmena aussi un grand nombre de captifs , parmi lesquels étaient le roi Jéchonias , sa mère , ses femmes , tous les officiers et tous les grands de son royaume. Il mit à sa place sur le trône Mathanias, son oncle, appelé autrement Sédécias.
4SSYR1EISS. 55
Il ne fut pas plus religieux ni plus heureux que ses 4Reg. c. 24, pères. Ayant fait alliance avec Pharaon-Ephree , roi c/25, I-io. tl'Égypte, il rompit le serment de fidélité qu'il avait prêté au roi de Babylone. Celui-ci l'en punit bientôt, et l'assiégea dans sa capitale. L'arrivée du roi d'Egypte à la tête d'une armée donna un rayon d'espérance aux assiégés ; mais leur joie fut bien courte : les Egyptiens furent battus , et le vainquew revint devant Jérusalem, et y remit le siège, qui dura près d'un an. Enfin la ville fut emportée d'assaut, et il s'y fit un carnage ef- an. m.34i5 froyable. Nabucliodonosor fit tuer les deux fils de Se- "■ ■ ■ 9décias devant les yeux de leur ^lère , avec tous les nobles et les grands de Juda; il lui fit crever les yeux à luimême, le chargea de chaînes, et l'emmena à Babylone, où il demeura en prison jusqu'à sa mort. La ville et le temple furent pillés et brûlés , et toutes les fortifications démolies.
Nabuclîodonosor , étant revenu à Babylone après Dan. cap. 3. avoir fini heureusement la guerre de Judée , fit faire une statue d'or ^ haute de soixante coudées , assembla 90 pieds. tous les grands de son état pour en faire la dédicace, et il ordonna à tous ses sujets de l'adorer , menaçant ceux qui y manqueraient de les faire jeter au milieu des flammes d'une fournaise ardente. Ce fut dans cette occasion que les trois jeunes Hébreux, Ananias, Misaël et Azarias , qui refusèrent avec un courage invincible d'obéir à l'ordre impie du roi, furent conservés d'une manière miraculeuse au milieu des flammes. Le roi, témoin par lui-même d'un miracle si étonnant , fit un édit,par lequel il défendit à qui que ce fût , sous peine de la vie, de blasphémer le nom du Dieu d'Ananias,
' Probablement dorée, non d'or. — L.
56 HISTOIRE ANCIEIVNE.
de Misaël et d'Azarias, et il éleva ces trois jeunes hommes aux plus hautes dignités.
Nabuchodonosor , la vingt-unième année de son règne, et la quatrième depuis la destruction de Jérusalem , revint dans la Syrie , et mit le siège devant Tyr, dans le temps qu'Iihobal en était roi. C'était une ville forte et opulente, qui n'avait jamais été assujettie à aucune puissance étrangère , ef qui était alors en grande repu- «t27. tation pour son commerce, par le moyen duquel plu-
i.sai.ai, 8. sieurs de ses citoyens étaient devenus autant àe princes en richesses et en magnificence. Elle avait été bâtie par les Sidoniens , deux cent quarante ans avant la con-
Just. 1. iS, struction du temple de Jérusalem; car Sidon ayant été prise par les Philistins d'Ascalon, plusieurs de ses habitants , s'étant sauvés dans leurs vaisseaux , bâtirent la ville de Tyr. C'est pour cela qu'elle est appelée dans
is. 23,12. Isaïe la fille de Sidon; mais elle surpassa bientôt sa mère en grandeur , en richesses et en puissance. Aussi se trouva-t-elle en état, dans le temps dont nous parlons, de résister pendant treize années de suite à un monarque sous le joug duquel tout le reste de l'Orient avait plie.
Joseph. Ce ne fut qu'après un si long intervalle que Nabu-
°'*ïi;ér' chodonosor se rendit maître de Tyr. Ses troupes y ^°Tb i"^^^' souffrirent des fatigues incroyables; de sorte que, selon
Ezech. 29, l'expression du prophète , toute tète en était devenue '^"'^" chauve, et toute épaule pelée. Avant que Tyr fût réduite à la dernière extrémité , les habitants s'étaient retires avec la plupart de leurs effets dans une île voisine, à un demi-mille du rivage, où ils bâtirent une nouvelle ville, dont le nom et la gloire effacèrent le souvenir
A.SSYR1ENS. 37
de la première, qui, depuis ce désastre, n'a plus été ^ qu'un simple village ,, connu sous le nom de V ancienne Tjr.
Nabucliodonosor et son armée ayant essuyé d'horribles Ezech. 39 ,
latigues dans un si long et si pénible siège , et n ayant rien trouvé dans la place qui pilt les récompenser du service qu'ils venaient de rendre à Dieu (c'est l'expression du prophète) en exécutant sa vengeance contre cette ville. Dieu, pour les en dédommager , leur promit par la bouche d'Ezéchiel les dépouilles de l'Egypte. En effer, ils en firent aussitôt après la conquête, comme nous Tavons rapporté plus au long en traitant de Thistoire des Egyptiens.
Après queNabuchodonosor eut terminé heureusement toutes ses guerres, se trouvant dans une pleine tranquillité , il s'appliqua à mettre la dernière main à la construction, ou plutôt aux embellissements, de Babylonr. On peut voir dans Josèphe le dénombrement des ^^j; j ^^ ouvrages magnifiques dont plusieurs écrivains lui at- '^''p- "• tribuent l'honneur. J'en ai rapporté une grande partie dans la description que j'ai faite d'abord de cette superbe ville.
Rien , ce semble , ne manquait à la gloire et à la "^
félicité de ce prince. Un songe effrayant vint en troubler Dan. c. 4. la douceur , et lui causa de grandes inquiétudes. Il vit un arbre qui s'élevait jusqu'au ciel , et dont les branches chargées de fruits s'étendaient jusqu'aux extrémités de la terre. Tdutes les bêtes habitaient dessous ; les oiseaux du ciel se reposaient sur ses branches; et tout ce qui était animé y trouvait de quoi se nourrir. Alors celui qui veille et qui est saint (vigil et sanctus ) descendit du ciel, et cria : «Abattez l'arbre par le pied, coupez-
« en les branches , et dispersez-en les fruits ; mais « laissez la souche en terre avec ses racines. Qu'il soit « lié avec des chaînes de fer parmi l'herbe des champs ; « qu'il soit mouille de la rosée du ciel , et qu'il paisse « l'herbe de la terre avec les bêtes sauvages : qu'on lui « ôte son cœur d'homme, et qu'on lui donne un cœur « de bête pendant sept années. Ainsi l'ordonne celui a qui veille, afin que les hommes vivants connaissent « que c'est le Très-Haut qui est le maître des royaumes , « qui les donne à qui il lui plaît , et qui choisit , quand « il veut , le dernier d'entre les hommes pour le mettre « sur le trône. »
Le roi, justement effrayé par un si terrible songe, consulta tous ses mages ; mais ce fut bien inutilement. Il fallut avoir recours à Daniel , qui lui en fit l'application à lui-ip.ême , en lui marquant nettement qu'il serait banni de la compagnie des honmies pendant sept années, et que, réduit à la demeure et à la condition des bêtes , il paîtrait l'herbe comme un bœuf: que son royaume pourtant lui serait conservé, et qu'il le recouvrerait après qu'il aurait reconnu que toute puissance vient du ciel. Enfin il l'exhorta à racheter ses péchés par les aumônes, et ses iniquités par les œuvres de miséricorde envers les pauvres.
Toutes ces choses arrivèrent à Nabucliodonosor comme le prophète les lui avait prédites. Un an s'étant passé, comme il se promenait dans son palais, il dit, en considérant la beauté et la magnificence de ses bâtiments : « ]N'est-ce pas ici cette grande Babylone que « j'ai bâtie dans la grandeur de ma puissance et dans « l'éclat de ma gloire, pour en faire le siège de mon « royaume?)) Un mouvement secret de complaisance et
de vanité, à la vue de pareils ouvrages qu'un prince aurait construits, nous paraîtrait-il fort criminel? A peine avait-il achevé ces mots, qu'une voix se fit entendre du ciel , qui lui prononça son arrêt. A l'heure même il perdit le sens : on le chassa de la compagnie des hommes, et il vécut comme une bête, expose aux injures de l'air et ne vivant que d'herbe : le poil de son corps devint semblable aux plumes d'un aigle, et ses ongles s'allongèrent comme les griffes des oiseaux.
Après que le temps marqué fut accompli , l'esprit et le sens lui revinrent. «Il leva les yeux au ciel, dit l'E- « criture, bénit le Très-Haut, et rendit gloire à celui « qui vit éternellement , reconnaissant que son empire « est éternel , que tous les habitants de la terre sont « devant lui comme un néant, et qu'il fait tout ce qu'il « lui plaît au ciel et sur la terre , sans que personne « résiste à sa main toute-puissante , ni puisse lui dire : « Pourquoi avez-vous agi ainsi?» Alors il recouvra sa première forme. Les grands de sa cour allèrent le chercher : il remonta sur le trône , et devint plus grand et plus puissant que jamais. Pénétré de la plus vive reconnaissance , il fit un édit solennel pour publier dans toute l'étendue de sa domination les merveilles étonnantes que Dieu venait de faire en sa personne.
Ce prince mourut un an après, ayant régné, depuis la mort de son père , quarante-trois ans. C'est un des plus grands rois qui ait jamais régné en Orient. Son fils lui succéda.
EviLMÉRODAc. Dès qu'il fut établi sur le trône, il fit AN.M.3442. sortir Jéchonias, roi de Juda, de la prison 011 il avait 4Reg. 25! été détenu près de trente-sept ans. ^'^'^^'
On place sous son règne , qui ne dura que deux ans, Dan. c. 10.
Go IIISJOIIIK AlNClIiNNJ-.,
la découverte que fit Daniel de la fraude des prêtres de Bel; rinnocent artifice par lequel ce prophète fit périr un dragon qui était honoré comme un dieu; la délivrance miraculeuse par lequel ce même prophète avait été tiré de la fosse aux lions, où le prophète Habacuc lui avait porté de la nourriture. Beros Évilmérodac s'était rendu si odieux par ses débauches
Megasthen. gj. gp^ autrcs dérèglements, que ses propres parents conspirèrent contre lui et le mirent à mort.
\N.M.3/./,', Nériglissor, mari de sa sœur, qui avait été à la
Av.J.-C.56o. Al . / ( >
tête des conjures, régna en sa place.
Cyrop. 1. I. Comme, dès son avènement à la couronne, il faisait de grands préparatifs de guerre contre les Mèdes, Cyaxare appela de Perse Cyrus à son secours. Cette histoire sera bientôt déduite plus au long ; et l'on verra
Ax.M.3448 que le roi de Babylone fut tué dans une bataille, la quatrième année de son règne.
LA.130R0S0ARCH0D , SOU fils , lui succéda. C'était un très-mauvais prince. Né avec les inclinations les plus vicieuses, il s'y abandonna sans retenue loi^qu'il fut sur le trône , comme s'il n'eût été revêtu de l'autorité souveraine que pour avoir le privilège de commettre impunément les actions les plus infâmes et les plus barbares. Il ne régna que neuf mois. Ses sujets conspirèrent contre lui , et le mirent à mort. Il eut pour successeur
AN.M.3449. Labynit, ou Nabonid. Il a encore d'autres noms : l'Écriture lui donne celui de Ballasar.
On conjecture avec beaucoup de fondement , qu'il était fils d'Évilmérodac , par Nitocris, femme de ce prince , et par conséquent petit-fils de Nabuchodonosor ,
Jerem.27,7. à qui, selon la prophétie de Jérémie , les peuples de
ASSYRIENS. 6l
l'Orient devaient être assujettis, et après lui à son fils et à son petit-fils : et servienleioinnes gentes , et Jiiio ejus , et JîUo Jilii ejiis , donec veniat tempiis terrœ ejiis et ipsius.
Nitocris est cette reine qui fit de si grands ouvrages n.rod. i. r, à Babylone. Elle avait placé son tombeau au-dessus [etibiuot. d'une des portes les plus remarquables de la ville , avec ^*^''''* ' J une inscription qui avertissais! ses successeurs de ne point toucher , sans une extrême et indispensable nécessité , aux richesses qui y étaient renfermées. Le tombeau demeura fermé jusqu'au règne de Darius, qui, l'ayant fait ouvrir, au lieu des trésors immenses qu'il se flattait d'en tirer , n'y trouva que cette inscription : SI TU n'étais insatiable d'argent et dévoré
PAR une basse avarice, TU n'aURAIS PAS OUVERT LES TOMBEAUX DES MORTS.
La première année du règne de Baltasar, Daniel eut Dau. cap. 7 la vision des quatre bêtes qui figuraient les quatre grandes monarchies et celle du royaume du Messie, qui devait leur succéder. La troisième année de ce Dan. cap. 8, prince, il eut la vision du bélier et du bouc, qui figuraient la destruction de l'empire des Perses par Alexandre-le-Grand, et la persécution qu'Antiochus Épiphane, roi de Syrie, devait susciter aux Juifs. Je ferai dans la suite quelques réflexions sur ces prophéties, et je les rapporterai avec plus d'étendue.
Pendant que les ennemis assiégaient Babylone, Dan. cap. 5, Baltasar fit un grand festin à toute sa cour, la nuit d'une fête qui se célébrait tous les ans avec de grandes réjouissances. La joie de ce repas fut bien troublée par une vision , çt encore plus par l'explication que Daniel en donna au roi. La sentence écrite sur la muraille
62 HISTOIRE AJNCIENJN'h.
portait que son royaume lui était ote, et donné aux
Mèdes et aux Perses. Cette nuit-là même, la ville fut
prise , et Baltasar tué.
An m 3'66 Ainsi finit l'empire babylonien, après avoir dure <iv.j -(;.j38. (Jeux cent dix ans, depuis la destruction du grand
empire des Assyriens.
On trouvera, dans Thistoire de Cyrus, le détail et les
circonstances du siège ^ de la prise de Babylone.