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CHAPITRE III

HISTOIRE bu ROYAUME DES MÈDES. ARBACE. DÉJOCE ; IL BATIT ECBATANE. PHRAORTE. CYAXARE I : IRRUP- TION DES SCYTHES ; PRISE ET DESTRUCTION DE NINIVE. ISTYAGE. CYAX\RE II.

An m 335 "^^^ marque , en parlant de la destruction de Tancien Av. J.C.747. empire des Assyriens, qu'Arbace, général de l'armée • des Mèdes , avait été un des principaux auteurs de la

conspiration contre Sardanapale; et plusieurs croient que dès lors il fut établi maître souverain de la Medie et de plusieurs autres provinces, et que d'abord il prit le nom de roi. Ce n'est pas le sentiment d'Hérodote : je rapporterai ce que nous en dit ce célèbre historien.

Heiod. i. I, Les Assyriens, qui avaient tenu durant plusieurs «■ap 95- siècles l'empire de l'Asie, commencèrent à s'affaiblir par la révolte de divers peuples. Les Mèdes furent les premiers qui secouèrent le joug. Ils se maintinrent quelque temps dans la liberté qu'ils avaient acquise

par leur valeur ; mais cette liberté se changea bientôt en licence, et la faiblesse de leur gouvernement les jeta dans une espèce d'anarchie , pire que leur première servitude. Le vol , la violence et Tinjustice régnaient par-tout , parce qu'il n'y avait personne qui eût ou assez de force pour les réprimer, ou assez d'autorité pour les punir. Mais tous ces desordres déterminèrent enfin les peuples à établir un gouvernement qui rendît l'état plus florissant qu'il n'avait jamais été.

La nation des Mèdes était alors divisée en six tribus. Presque tous ces peuples habitaient dans des villages , lorsque Dejoce , fils de Phraorte , Mède de nation , érigea l'état en monarchie. Cet homme, voyant les grands desordres qui se commettaient dans toute la Médie , résolut de profiter de ces troubles , et commença d'aspirer à la royauté. Il avait grande réputation dans son pays , et il y passait pour un homme qui non-seulement était fort réglé en ses mœurs, mais qui avait aussi toute la prudence et toute l'équité nécessaire pour gouverner.

Dès que Déjoce eut formé le dessein de monter sur le trône, il affecta de faire éclater plus que jamais les belles qualités qu'on avait déjà remarquées en lui : ce qui lui réussit si heureusement , que les habitants du village où il demeurait l'établirent leur juge. Il s'acquitta de c^tte charge avec beaucoup de sagesse , et ses soins eurent tout le succès qu'on avait espéré ; car il réduisit les habitants de ce village à vivre avec plus de retenue qu'à l'ordinaire. Ceux des autres villages , que les désordres continuels empêchaient de vivre en repos , voyant le bon ordre que Dejoce avait mis dans

celui dont il avait été établi juge, commencèrenl à s'adresser à lui pour le faire arbitre de leurs différends; et , la réputation de son équité augmentant tous les jours, tous ceux qui avaient quelque affaire de conséquence venaient à Dejoce, pour trouver en lui un juge équitable qu'ils auraient chercbé inutilement ailleurs.

Lorsqu'il se vit si avancé dans ses desseins, il jugea qu'il était temps de faire jouer les derniers ressorts pour arriver à son but. 11 se retira donc, feignant d'être accablé par la foule de ceux qui venaient à lui de toutes parts, et il ne voulut plus exercer l'office de juge, quelque instance que fissent ceux qui aimaient le bien et le repos public. Il disait à ceux qui s'adressaient à lui que ses affaires domestiques ne lui permettaient pas de s'appliquer à celles des autres.

La licence , qui avait été quelque peu de temps réprimée par les soins de Déjoce , commença à régner plus qu'auparavant , dès qu'il ne voulut plus se mêler d'affaires ; et le mal augmenta si fort , que les Mèdes furent obligés de s'assembler pour délibérer sur les moyens de remédier au désordre.

Il est des ambitions de plus d'une sorte. Quelquesunes , violentes et impétueuses , emportent comme d'emblée leurs prétentions , n'épargnant pour cela ni crimes ni meurtres ; d'autres , plus douces , comme celle-ci, couvertes d'une apparence de modération et de justice , cheminent pour ainsi dire sous terre , mais n'arrivent pas moins sûrement à leur but.

Déjoce , qui vit bien que les choses se disposaient selon ses désirs , envoya ses émissaires à l'assemblée , après les avoir instruits de ce qu'ils avaient à faire.

Quand on vint à proposer des expédients pour arrêter le cours de tant de maux, les émissaires de Dejoce, parlant à leur tour , représentèrent que , si l'on ne changeait entièrement la face de la république , le pays deviendrait inhabitable ; que le seul moyen de remédier au désordre était d'élire un roi qui eût Tautorité de réprimer la violence et de faire des lois pour le gouvernement ; et qu'ainsi chacun pourrait s'appliquer en paix à ses affaires , au lieu que l'injustice qui rognait partout les obligerait bientôt de quitter le pays. Cet avis fut universellement approuvé , et tous jugèrent qu'il n'y avait point de remède plus efficace au mal présent que d'ériger l'état en monarchie. Il ne fut donc plus question que d'élire un roi , et la délibération ne fut pas longue. Tous demeurèrent d'accord qu'il n'y avait point dans la Médie un homme aussi capable de régner que Déjoce ; de sorte qu'il fut élu roi d'un commun consentement.

Pour peu qu'on fasse d'attention sur l'établissement des royaumes, en quelque temps et en quelque pays que ce soit , on trouvera que le titre primordial de la monarchie est le maintien de l'ordre et le soin du bien public. En effet, il ne serait pas possible d'établir l'ordre et la paix , si les hommes voulaient tous être indépendants , et s'ils ne se soumettaient à une autorité qui leur ôtât une partie de leur liberté pour leur conserver le reste. Ils seraient toujours en guerre , s'ils prétendaient toujours ou s'assujettir les autres , ou refuser de se soumettre aux plus puissants ; et il faut, pour leur repos et pour leur sûreté, qu'ils acceptent un maître, et qu'ils consentent de lui obéir. Voilà l'origine humaine de l'autorité; et l'Écriture nous apprend que la providence ^''^"\^ ^^'

7Wî^ //. flist. anc. ~)

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divine n'en a pas seulement permis le projeU et l'exécution , mais qu'elle l'a consacrée par une communication immédiate de son pouvoir.

Rien certainement n'est plus beau ni plus grand que de voir un particulier , homme de bien et de mérite , capable des plus hauts emplois par ses rares talents , mais , renfermé dans une vie privée par son inclination et sa modestie , refuser sincèrement l'offre qu'on lui fait de régner sur tout un peuple , et ne consentir enfin à se charger du poids du gouvernement que dans l'unique vue d'être utile à ses citoyens. Par la première disposition , en témoignant qu'il est instruit des devoirs et par conséquent des dangers d'un souverain, il fait paraître un esprit plus grand et plus élevé que la grandeur même , oii, pour parler plus juste, que l'ambition qui la désire ; et il prouve qu'il en est parfaitement digne , par la crainte même de ne l'être pas et d'y succomber. Mais , en sacrifiant généreusement le repos et la douceur de sa vie à la sûreté et à la tranquillité publiques , il marque qu'il connaît ce qu'il y a de véritablement estimable dans la souveraineté, et ce qui la doit rendre précieuse , qui est de mettre un homme en état de devenir le défenseur de sa patrie, d'y établir beaucoup de biens , d'y remédier à beaucoup de maux , d'y faire fleurir la justice et les lois, d'y mettre en honneur la probité et la vertu , d'y faire régner la paix et l'abondance ; et il se console des peines et des chagrins oii il s'expose par la vue des grands avantages qui en seront le fruit. Tel fut à Rome un Numa ; tels furent quelques empereurs , qu'il fallut contraindre d'accepter la souveraine puissance.

Il faut avouer, je le repète, que rien n'est plus beau

M i;D ES. 67

ni plus grand qu'une telle disposition. Mais prendre le masque de la modestie et de la vertu pour satisfaire son ambition , comme fait ici Dejoce ; affecter de paraître au-dehors ce qu'on n'est point dans le fond ; refuser même pendant quelque temps , et n'accepter qu'avec une sorte de répugnance ce qu'on désire avec ardeur et ce qu'on a brigue par des voies sourdes et cachées, c'est une duplicité pleine de petitesse et de bassesse, dont on ne peut s'empêcher d'être bles^, et qui ternit beaucoup l'éclat du mérite qu'un homme pourrait avoir d'ailleurs.

Déjoce. 53 ans. Lorsque Déjoce fut monté sur le AN.M.329',. trône, il travailla à prouver qu'on ne s'était point u)viw»^. trompé dans le choix qu'on avait fait de lui pour reta- ^^ /'ffi.Voi blir l'ordre. Il voulut d'abord joindre à la qualité de roi toutes les marques qui ont coutume d'en relever l'éclat, et qui pouvaient inspirer pour sa personne de la crainte et du respect , et choisit entre les Mèdes , pour être ses gardes, ceux qui lui paraissaient les plus attachés à ses intérêts, et sur la fidélité desquels il pouvait le plus compter.

Après qu'il eut ainsi pourvu à sa sûreté, il s'appliqua à polir et à civiliser les Mèdes , qui , étant accoutumés à vivre à la campagne et dans les villages, presque sans lois et sans police , avaient contracte une humeur tout - à - fait sauvage. Il leur commanda de bâtir une ville, désignant lui-même le lieu et le plan des murailles. Il fit faire sept enceintes de murs , disposées en telle sorte que la première en dehors n'empêchait pas qu'on ne vît le parapet de la seconde, et la seconde

' Époque certaine , comme toutes nologle d'Hérodote qui les t'oui- (.clies qui vont suivie ; c'est lu chio- nit. — L.

68 HISTOIKE ANCIENjVii.

n'ôtait pas la vue de celui de la troisième , et ainsi des autres ^ La situation du lieu était fort favorable pour un tel dessein ; car c'était une colline ([ui s'élevait également de tous cotés. Dans la dernière et la plus petite des enceintes était le palais du roi avec tous ses trésors; dans la sixième, qui joignait celle-là, il y avait plusieurs appartements pour loger les officiers de sa maison , et les entre - deux des cinq autres enceintes étai^t destinés à loger le peuple. La première et la plus grande enceinte était à peu près de la grandeur d'Athènes ^. Le nom de celte ville est Ecbatane.

L'aspect en était magnifique et brillant; car, outre que la disposition de ses murs faisait une espèce d'amphithéâtre, les différentes couleurs dont on avait peint les parapets formaient une très -agréable diversité.

Après que la ville eut été bâtie, et que Dejoce eut obligé une partie des Mèdes à s'y établir, il s'appliqua tout entier à dresser des lois pour le bien de l'état. Persuadé que la majesté des rois se fait plus respecter longmquo Je loiu , il mit d'abord un grand intervalle entre le Tacit. peuple et lui , se rendit presque inaccessible et comme invisible à ses sujets , et ne leur permit de lui parler et de lui communiquer leurs affaires que par des placets et des personnes interposées. Ceux mêmes qui avaient le privilège de l'approcher ne pouvaient ni rire ni cracher en sa présence.

Cet habile politique fit ces règlements pour s'assurer la couronne ; car , ayant affaire à des hommes encore

' Hérodote dit que la seconde 2 C'est-à-dire environ 1 80 stades,

était plus élevée que la première, la selon les dimensions données à la ville

troisième que la seconde, et ainsi de d'Athènes par Thucydide (II , i3 ),

suite, seulement de la hauteur du ou33,3oo mètr., à-peu-près61ieues.

Major longin( reverentia

parapet. — L.

M KDE s. 69

féroces , et qui ne se connaissaient pas bien en vrai mérite , il craignit qu'une trop grande familiarité ne lui attirât le mépris, et ne donnât lieu à des complots et à des conspirations contre une autorite naissante, qui ne manque jamais de faire des jaloux et des mécontents. Mais, demeurant ainsi caché aux yeux du peuple, et ne se faisant connaître que par les sages lois qu'il établissait, et par l'exacte justice qu'il se piquait de rendre à chacun , il s'attirait le respect et l'estime de ses sujets.

On dit que du fond de son palais il voyait tout ce qui se passait dans ses états par le moyen de ses émissaires , qui lui rendaient compte et l'informaient de tout. Ainsi nul ciime n'échappait ni à la connaissance du prince, ni à la rigueur des lois; et la peine, suivant de près la faute , contenait les méchants et arrêtait les violences.

Cela pouvait être ainsi jusqu'à un certain point; mais il n'y a personne qui ne sente les grands inconvénients de la coutume que Déjoce suivit pour luimême , et que d'autres rois d'Orient imitèrent , de se tenir cache dans son palais ; de gouverner par des officiers répandus par tout son royaume ; de s'en rapporter uniquement à leur bonne foi de l'information des faits , et de ne laisser approcher la vérité, les plaintes des opprimés, les justes raisons des innocents, que par des canaux étrangers, c'est-à-dire, par des hommes sujets à être prévenus ou corrompus , qui ne laissaient plus lieu aux remontrances ni à la réparation des injustices, et qui pouvaient les commettre d'autant plus facilement et plus hardiment, que leur prévarication demeurait secrète , et par conséquent impunie ; outre que , dans cette affectation des princes à se rendre in-

no HISTOIRE ANCIEÎVNE.

visibles , il y a , ce semble , un aveu de leur peu de mérite , qui ne peut soutenir le grand jour.

Dejoce fut si occupé à adoucir , à humaniser les mœurs de la nation, et h faire des lois pour le gouvernement, qu'il n'entreprit jamais rien contre ses voisins, quoique son règne ait été fort long , car il mourut après avoir régné cinquante-trois ans.

AN.M.3:j4r. Phraorte. 22 a/îs. Après la mort de Déjoce, son

Herod^n^ii fi^^ Phraorte ou Aphraarte ^ lui succéda. La seule concap. I02. formité du nom porterait à croire que c'est le roi qui est appelé Arphaxad dans l'Ecriture; mais ce sentiment est fondé sur beaucoup d'autres raisons trèssolides , que l'on peut voir dans la savante dissertation du P. Montfaucon , dont j'ai fait ici beaucoup d'usage.

jmiith,i,i. Ce qui est dit dans Judith, c^ Arphaxad bâtit une ville tres-Jhj'te qu'il appela Ecbafane , a trompé la plupart des auteurs, et leur a fait croire que c'était Dejoce , qui certainement a été le fondateur d'Ecbatane ; jnais le texte grec de Judith , traduit dans la Vulgate Tudith, P'^i' œdijicavit^ dit seulement qu' Arphaxad ajouta de texte grec, nouvcaux bâtiments a la ville "^ ? et il est fort naturel que , le père n'ayant pu achever entièrement un ouvrage si considérable, le fils y ait mis la dernière main, en ajoutant ce qui y manquait.

Herod. 1. i, Phraortc , qui était d'une humeur fort belliqueuse,

^^^' ' ne se contentant pas du royaume de la Medie, que son

père lui avait laissé, attaqua les Perses, et, les ayant

vaincus dans un grand combat, il les assujettit à son

I C'est ainsi que l'appelle Eusèbe, xÀo) Tii/T,. a. t. X, ce qui est con-

Chron. grcec, et Georg. Syncelle. forme au sens de la Vulgate, et ne

^ 'ETruxoc^OjATiCS îV'. Èz£aTâvci{. peut avoir celui qu'adopte notre au-

= Le texte des Septante porte teur. — L.

MÈDES. nj

empire. Fortifié par leurs troupes , il attaqua les nations voisines les unes après les autres, en sorte qu'il se rendit le maître de presque toute la haute Asie , qui- comprend tout ce qui ^st au nord du mont Taurus, depuis la Médie jusqu'au fleuve Halys ^

Ces heureux succès lui enflèrent extrêmement le cœur. Il osa porter la guerre contre les Assyriens , affaiblis pour-lors à la vérité par la révolte de plusieurs nations, mais encore très-puissants par eux-mêmes. Nabuchodonosor leur roi , appelé autrement Saosduchin , assembla dans son pays une grande armée, et envoya des ambassadeurs ' à plusieurs peuples de l'Orient pour leur demander du secours. Tous le refusèrent avec mépris, et traitèrent ignominieusement ses ambassadeurs, témoignant bien qu'ils ne craignaient plus cet empire, qui avait autrefois tenu la plupart d'entre eux dans une dure servitude.

Le roi , aigri à l'excès d'un traitement si indigne , jura par son trône et par son règne qu'il se vengerait de toutes ces nations , et qu'il les passerait au fil de l'épée. Il se disposa ensuite au combat avec ce qu'il avait de troupes dans la plaine de Ragau. Ce fut là où se donna cette grande bataille qui fut très-funeste à Phraorte. Il fut défait; sa cavalerie prit la fuite; ses chariots furent renversés et mis en désordre : enfin Nabuchodonosor remporta une victoire entière. Profitant de la déroyte des Mèdes, il entra dans leur pays, se rendit le maître des villes , poussa ses conquêtes jusqu'à

' Hérodote dit simplement qu'il l'Halys. ,1. § io3. ) — . L. soumit l'Asie. C'est à Cyaxare son ' Le texte grec met ces ambas-

fils, que cet historien attribue la do- sades avant la bataille, mination de la haute Asie , jusqu'à

n-i HISTOIRE ANCIENNE.

Ecbatane , emporta d'assaut ses tours et ses murailles, donna la ville au pillage à ses soldats, et la dépouilla de tous ses ornements.

L'infortuné Phraorte, qui s'était sa^vé dans les montagnes de Ragau, tomba enfin entre les mains de Nabucliodonosor, et ce cruel prince le fit mourir à coups de javelots. Après cela il s'en retourna à Ninive avec toute son armée, qui était encore fort nombreuse, et il fut qualre mois entiers à se donner du plaisir et à faire bonne chère avec tous ceux qui l'avaient accompagné dans cette expédition.

On peut voir dans Judith comment le roi d'Assyrie envoie Holopherne avec une puissante armée pour se venger de ceux qui avaient refusé de le secourir; les progrès et la cruauté de ce commandant ; l'épouvante générale de tous les peuples; la courageuse résolution que forment les Israélites de lui résister, dans la confiance qu'ils ont que leur Dieu saura bien les défendre; l'extrémité où est réduite Béthulie, au5 si-bien que toute la nation; la délivrance miracultase de cette ville par le courage et la hardiesse de la sage Judith : enfin , la défaite entière de l'armée des Assyriens. An. M. 33fi9 Cyaxare I. l\o Uiis, Il avait succédé à son père aus-

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