‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiquesChapitre 12 sur 85 · AV.J.-C · texte numérisé non relu

AV.J.-C

Heiod. 1. 1 , sitôt après sa mort. Ce jemie prmce , qui était tort brave et entreprenant, sut bien profiter de la déroute des Assyriens. Il se rétablit d'abord dans son royaume de Médie ; puis il se rendit aussi le maître de toute la haute Asie : mais ce qu'il eut le plus à cœur, fut d'aller attaquer Ninive , pour venger la mort de son père par la ruine de cette grande ville.

Les Assyriens vinrent à sa rencontre, n'ayant plus que les débris de la grande armée qui avait péri devant

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Béthulie. Il se donna une bataille où les Assyriens furent vaincus et poussés jusque dans Ninive. Cyaxare, poursuivant sa victoire, en forma le siège. Elle allait tomber infailliblement entre ses mains; mais le temps n'était pas encore venu où Dieu la voulait punir de ses crimes et des maux qu'elle avait fait souffrir aux autres nations et à son peuple. Voici comment elle fut alors délivrée du péril qui la menaçait.

Une armée formidable de Scythes sortis des environs des Palus-Méotides , qui avaient chassé les Cimmér^ns de l'Europe, marchait sous la conduite du roi Madyès, en poursuivant toujours les Cimmériens. Ceux-ci trouvèrent le moyen d'échapper aux Scythes, qui s'avancèrent jusque dans la Medie. Lorsque Cyaxare eut appris la nouvelle de cette irruption , il leva le siège de devant Ninive , et marcha avec toutes ses troupes contre cette puissante armée, qui, comme un torrent impétueux, allait inonder toute l'Asie. Les deux armées en vinrent aux mains : les Mèdcs furent vaincus. Ces barbares , ne trouvant plus aucun obstacle , se répandirent non-seulement dans la Médie, mais aussi dans presque toute l'Asie. Ils marchèrent ensuite vers l'Egypte, d'où le roi Psammitique les détourna à force de présents. Ils revinrent dans la Palestine, où quelques-uns d'entre eux pillèrent à Ascalon le temple de Vénus, le plus ancien qui eût été consacré à cette déesse ; d'autres s'établirent à Bèthsan, ville de la tribu de Manassé, endeçà du Jourdain , qui depuis fut appelée de leur nom Scjthopolis.

Les Scythes tinrent durant vingt-huit ans l'empire de la haute Asie : savoir les deux Arménies , la Cappadoce , le Pont , la Colchide et ribcrie ; et , pendant ce

if cap. 74.

temps-là, ils désolèrent presque tous les pays où ils mirent le pied. Les Mèdes ne purent s'en défaire que par la fraude. Sous prétexte d'entretenir et de fortifier l'alliance qu'ils avaient faite ensemble , ils en invitèrent la plus grande partie à un festin qui se faisait dans chaque famille ; chacun enivra ses hôtes , et les Scythes furent ainsi massacrés. Les Mèdes s'emparèrent de nouveau de toutes les provinces qu'ils avaient perdues ; et étendirent encore une fois leur empire jusqu'aux bords de l'Halys , qui en était l'ancienne borne au couchant.

« Herod.i. I, Ceux dcs Scythcs qui ne s'étaient pas trouvés à ces festins, ayant appris la mort de leurs compagnons, s'enfuirent en Lydie, auprès du roi Alyatte, qui les reçut humainement. Ce fut un sujet de guerre entre les deux princes. Cyaxare conduisit aussitôt ses troupes sur les frontières de Lydie. Il se donna pendant cinq ans plusieurs combats avec un avantage à peu près égal de part et d'autre ; mais la bataille qui se donna la sixième année fut remarquable par une éclipse de soleil qui changea tout d'un coup le jour en une nuit très-obscure. Cette éclipse avait été prédite par Thaïes le Milésien^ Les Mèdes et les Lydiens, qui étaient alors dans le plus fort du combat, effrayés de cet événement imprévu , qu'ils regardaient comme un signe de la colère

des dieux, se retirèrent de pari et d'autre, et firent la

' La date de cette éclipse est une riilstorien , sur le lieu de l'Asie-Mi-

des plus grandes difficultés de la neure où s est donnée la bataille. Une

chronologie de ces temps. Les sa- incertitude de 10 degrés enlongitude

vants diffèrent entre eux de plus de empêche qu'on puisse s'arrêter à au-

28 ans sur l'époque de ce phéno- cuns des caractères astronomiques

mène. Ce qui rend si difficile d'en dé- qui distinguent une éclipse d'une

terminer la date, c'est principalement autre. — L. l'ignorance dans laquelle nous laisse

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paix. Syennésis, roi de Cilicie , et Nabuchodonosor ^ roi de Babylone, en furent les médiateurs. Pour la rendre plus ferme et plus inviolable , les deux prinees voulurent l'assurer par le lien du mariage ; et ils arrêtèrent qu'Alyatte donnerait sa fdle Aryénis à Astyage , fils aîné de Cyaxare.

La manière dont ces peuples contractaient alliance est très-remarquable. Outre les autres cérémonies qui leur étaient communes avec les Grecs, ils avaient encore ceci de particulier , que les deux parties qui contractaient se faisaient des incisions aux bras, et léchaient mutuellement leur sang.

Le premier soin de Cyaxare , dès qu'il se vit en repos , Aîr/M.3378 fut de reprendre le siège de Ninive , que l'irruption Heiod. 1. 1 , des Scythes lui avait fait lever. Nabopolassar, roi de '^^^'^ Babylone , avec qui il venait de contracter une alliance particulière, se ligua avec lui contre les Assyriens. Ayant donc joint leurs forces, ils assiégèrent Ninive, la prirent, tuèrent Saracus qui en était roi, et ruinèrent de fond en comble cette grande ville.

Dieu avait fait prédire par ses prophètes, plus de cent ans auparavant , qu'il saurait bien venger sur cette ville impie le sang de ses serviteurs , dont ses rois , comme autant de lions cruels, s'étaient enivrés; qu'il se mettrait lui - même à la tête des troupes qui viendraient l'assiéger; qu'il ferait marcher devant elles la terreur et l'épouvante ; qu'il livrerait au bras meurtrier des soldats les vieillards , les mères , les enfants ; qu'il abandonnerait à des mains avides et insatiables tous les trésors de la ville ; et qu'il la détruirait tellement ellemême de fond en comble , qu'il n'en resterait pas même

' Il est appelé Labynet dans Hérodote.

de trace, et qu'on demanderait un jour où avait donc été la superbe Ninive.

Nabum,3, 1. Mais écoutons le langffge même des prophètes. Ville de sang , s'écrie Nalium , qui ne te repais que de rapines ■2, I et 2. et de brigandages , celui qui doit renverser tes murailles approche. Le Seigneur va venger l'injure faite à Jacob i, 2 et 3. et à Israël. J'entends déjà les fouets qui retentissent de loin , les roues qui se précipitent avec un brui^ horrible, les chevaux qui hennissent fièrement , les chariots qui courent comme la tempête , et la cavalerie qui s'avance à toute bride. Je vois les épées qui brillent et 2, 3 et 4 les lances qui étincellent. Le bouclier de ces braves jette des flammes de feu ; les veux des soldats brillent comme des lampes, et leur course est plus prompte que l'éclair.

1 , 2, 5, 6. Le Seigneur est un dieu jaloux et un dieu vengeur. La

terre, le monde, et tous ceux qui l'habitent, tremblent

devant lui. Et qui pourra soutenir sa colère ? Je viens

3,5^. à toi, dit le Seigneur des armées : je te dépouillerai

2 • 9- de tous tes ornements. Pillez l'argent , pillez l'or ; ses

richesses sont infinies, ses vases et ses meubles précieux

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