‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiquesChapitre 35 sur 85 · I.UTEM · texte numérisé non relu

I.UTEM

Etsi suum cuique impensi laboris pretium rependi haud iniquum est , tamen Universltas nostra , dignitatis quàm opum amantior, semper doluit professoribus suis unoquoque anno certam a discipulis mercedem pensitari, necessariain magis quàm honestam. Habebat illa quidem natam penè secum, et omnium deinceps regum edictis ac diplomatibus confirmatampublicorumNuntiatuum possessionem , quam alendis magistris , adeôque levandis discentium sumptibus , jampridem destinabat.

Verùm fundus hic , licet per se non infertilis, breviorem hactenùs Universitati censum attulerat, quàm ut ex eo justum singulis professoribus stîpendium suppeditari posset. Debebatur I.udovico X.V , vix benè decimum œtatis annum ingresso, pulcherrimi operis confecti nunquum intermoi'ltura gloria. Nimirùm, aspirante Deo, promovente augustissimo Régente , litterarum et litteiatorum fautore munificentissîmo , Rex Christianissimus , bonarum artium alumnus idem ac parens , nec minus nafurœ suae bonitate quàm causae nostrae jure adductus, vêtus illud Universitatis patrimonium eatenùs auctum et amplificatum tandem voluit , ut primogenita regum

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qu'au point de pouvoir doter honorablement la fille aînée de nos rois, et de la mettre en état de ne point dégénérer de la grandeur de son origine , et d'exercer noblement des arts aussi nobles que ceux dont elle fait profession. Par cette faveur singulière le roi fournit lui-même des maîtres, non-seulement à la jeunesse de Paris et de tout le royaume , mais encore à celle des pays étrangers :

et c'est à présent qu'une doctrine qui s'est toujours conservée dans sa pureté, aura un cours plus étendu, et que l'accès en sera plus libre, quoiqu'il n'ait jamais été interdit à personne , et aux pauvres moins qu'à tout autre. Quelle joie un si Leureux commencement de règne ne doit-il pas inspirer à tous les bons sujets ! Quel présage plus sur d'un heureux avenir ! Car enfin que ne fera point, dans la force et dans la maturité de l'âge, un prince dont l'enfance se signale d'une manière si glorieuse !

Nous déclarons donc que tous les professeurs de l'Université de Paris n'exigeront plus de leurs écoliers autre chose que le travail et la modestie, et qu'on a commencé à y enseigner sur ce pied depuis le premier jour d'avril.

Nous invitons toute la jeunesse sage et bien née à venir dans nos classes, avec toute la joie et tout l'empressement dont elle est capable , y prendre de bonne heure l'heureuse habitude de jouir des bienfaits d'un roi de leur âge , pour qui on les élève, et qu'on élève pour eux ; et commencer dès à-présent à le reconnaître pour leur père commun par l'éducation gratuite qu'il leur procure.

Erancoriun fdia, proprià et decenti ornata dote, nihilqiie ab originis suae nobilitate degener, ingenuas ac libérales artes liberaliter etiam exerceret.

Quo tam insignl heneficio non modo civlum Parisinorum, sed Gallorum omnium, ipsorum etiam exterorum liberis publici praiceptores ab ipso rege offeruntur, et doctrinae nostrje purissimi fontes (qui tamen nemini unquam, minimèque omnium pauperibus clausi fuerunt ) latiùs jam commodiùsque reserantur. Hoc ineuntis regni faustissimum omcn magnâ et in praesens laetitià , et in futurum spe excipere debent boni omnes. Quid eniin is praestiturus non est adultus et vir, qui taie suî spécimen edit vel puer.*"

NoTUM itaque facimus omnes Academiae nostrae professores, discipulorum industriâ modestiâque contentos ; nullum deinceps a quoquam honorarium exacturos esse ; initium verô sic docendi ab ipsis kal. aprilis hujus annî factum.

Invitamus omnes boni ingenii bonaeque mentis pueros, ut in scholas nostras laeti et alacres conveniant ; ut assuescant benelîciis coaevi régis , cui crescunt, qui et illis crescit, eumque jam nunc publicum parentcm munere educationis experin velint.

En attendant que nous en rendions à Dieu des actions de grâces plus solennelles, nous ordonnons que, dans tous les collèges de plein exercice , on chante le Te Dcum , avec le ^sAUiae Exaitdiat , pour la consei-vation du Roi , qui vient de donner des marques si éclatantes de sa bonté ; que pleins de reconnaissance on prie aussi pour monseigneur le Régent ; et qu'enfin on supplie avec toute l'ardeur et le zèle possible l'Auteur de tout bien, de répandre sur les maîtres l'esprit de science et de piété , plus précieux que tout l'or du monde, et d'enseigner aux disciples la vertu et la sagesse, lui qui seul est le docteur et le maître de tous.

Il y aura congé lundi et mardi prochains.

Donné en notre hôtel au collège de Beauvais , le 1 2 mai 1 7 1 9.

Intérim donec solemniores oninipotenti Deo gratias persolvanius , jubemus in singulis niajoribus coUegiis cantari hymnuin Te Deiim , cum psalmo Exaudiat, pro beneficentissimi Régis incolumitate ac salute:

fundi pratercà pias preces pro Serenissimo Régente , enixèque ab omnium bonorum Auctore flagitari , ut et in magislros spiritum scientiae ac pietatis divitiis omnibus pretiosiorem effundat, et discipulos bonitatem atque disciplinam ipse, qui unus omnium magister est, edoceat.

Feriabuntur scholae diebus proximis luna; et martis.

Datum in sedibus nostris Dormano - Bellovacis , die duodecimâ maii anno Domiiii M. DCC. XIX.

§ V. Soin des finances.

Le prince est l'épée et le bouclier de l'état : il en assure le repos et la tranquillité. Pour le défendre , il a besoin d'armes, de soldats, de places fortes, d'arsenaux, de vaisseaux ; et toutes ces choses demandent de grandes dépenses. 11 est juste d'ailleurs que le prince ait de quoi soutenir .la majesté de l'empire, et de quoi faire respecter sa personne et son autorité. Ce sont là les deux principales raisons qui ont donné lieu à l'établissement des tributs. L'utilité publique, et la nécessité d'acquitter les charges de l'état, y ont donné naissance, et en doiven\ aussi régler l'usage. Or il n'y a rien de plus juste ni de plus raisonnable qu'une telle imposition, chaque particulier devant se tenir fort heureux

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