‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiquesChapitre 4 sur 85 · I. Les murailles · texte numérisé non relu

I. Les murailles

Babylone était située dans une plaine dont le terroir

' 11 est fort douteux que Sémira- ville soit attribuée à différentes permis ait eu la pensée que RoUin lui sonnes. C'est un langage assez comprète : je n'en trouve aucune trace , mun , même dans les auteurs propas même dans Diodore qu'il cite fanes, de dire qu'un prince a bàli en marge. — L. une ville, soit qu'il l'.iit fondée le

^ On ne doit pas être surpris de premier , soit qu'il lait embellie el

v<jir que la fondation d'une même augmentée.

Herod. 1. 1, était extrêmement gras et fertile. Ses murailles étaient r)i.uuib.ï,' d'une grandeur prodigieuse ; elles avaient cinquante pat; 95-96. coudées d'épaisseur , qui font douze toises et demie ^ ;

Q. Ciirt. r ' 1

iib. 5, c. 1. (jgyx cents de hauteur, qui font cinquante toises; et quatre ^ cent quatre-vingts stades de circuit, qui font vingt -quatre lieues. Elles formaient un carré parfait, dont chaque côté était de six-vingts stades , c'est-à-dire de six lieues ; elles étaient toutes bâties de larges briques, cimentées de bitume, liqueur épaisse et glutineuse qui sort de terre dans ce pays -là, qui lie plus

> Diodoie dit siiuplenient , d'après Ctésias , que 6 chars pouvaient y marclier de front. Strabon ne donne aux murs que 32 pieds d'épaisseur, de même que Quinte-Curce; il dit que 2 chars (et non pas 6 comme Ctésias) pouvaient v courir en sens contraire. Les 32 pieds, en mesures çiecques, que les historiens d'Alexandre ont pu employer en cet endroit, vaudraient environ 10 mètres. 11 n'y a rien là d'invraisemblable. — L.

2 Je rapporte les choses telles que je les trouve dans les auteurs anciens , et M. Prideaux le fait comme moi; mais je ne laisse pas de croire

( V , 1 , 2 5 ) , de même que Philostrate {rit. JpoU. Tran. I , § 2 5) ; enfin , les historiens d'Alexandre(ap. Diod.1.1.) suivis par Strabon (XVI, p. 738) et Philon de Byzance ( de sept. orb.

miracttl., p. i5. éd. Léon. Allât.), donnent à ces murs seulement 5o coudées de haut.

Ces nombres étant doubles les uns des autres (5o, 100, 200), ne peuvent provenir que d'une confusion de mesure, faites par les historiens que les noms auront trompés.

( VoT. ma note sur la Trad. dt- SïRAE., t. V, p. 161, 162) : si l'on s'en rapporte aux historiens d'Alexandre , les 5o coudées valent.

qu'il y a beaucoup à rabattre de en mesures grecques , 2 3 mètres ou

l'étendue immense qu'ils donnent à Babylone , aussi-bien qu'à Ninivc.

= Dans le petit stade d'Aristote de 400,000 à la circonférence du globe , la circonférence de Babylone est de 53,3oo mètres (moins de 10 lieues. )

Quant à la hauteur des murs , les auteurs varient beaucoup ; Hérodote la fait de aoo coudées ( I, § 178), ce qui revient aux 5o orgies de Ctésias ( ap. Dion. Sic. I , § 7 ) ; Quinte-Curce la porte à 100 coudées

7 1 pieds ; en coudées du stade de 5oo au degré , elles vaudraient 27 mètres ou 83 pieds : et ces deux mesures sont renfermées dans les lirnites de la vraisemblance , tandis qu'il est absurde de diTe que les murs de Babylone avaient 5o toises de haut , c'cst-à dire 80 pieds de plus que l;:s tours de Notre-Dame à Paris.

( V. GossELLiN", Mém. sur les systèmes métiiques , dans le t. V de la Trad. de Strab. , p. 37. î.) — L.

fortement que le mortier, et qui devient beaucoup plus dure que la brique ou la pierre à laquelle elle sert de ciment.

Ces murailles étaient entourées d'un vaste fossé rempli d'eau et revêtu de briques des deux côtés. La terre qu'on en avait tirée en le creusant avait été employée à faire les briques dont les murailles étaient construites.

Chaque coté de ce grand carré avait vingt-cinq portes d'airain massif, ce qui en tout en faisait cent. D'oîi vient que, lorsque Dieu promit à Cyrus la conquête de Babylone, il lui dit : Je mai^cher ai devant vous , ^O'^ i'*'»'- '^5' =>, romprai les portes cV airain. Entre ces portes , et aux angles de chaque carré , il y avait plusieurs tours , élevées de dix pieds plus haut que les murailles.

Des vingt-cinq portes de chaque côté du carré partaient autant de rues qui aboutissaient aux portes du côté opposé : de sorte qu'il y avait en tout cinquante rues , qui se coupaient à angles droits. Elles étaient bordées de maisons qui avaient trois ou quatre étages, et dont le devant était orné de toutes sortes d'embellissements. Ces maisons n'étaient point contiguës , q. Cmt.i. i. ayant de chaque côté un vide qui les séparait les unes ^^'^' ^' des autres ; et on avait laissé aussi une grande dislance entre elles et les murs de la ville. Ainsi Babylone était plus grande en apparence qu'en, réalité , près de la moitié de la ville étant occupée par des jardins et par des terres qu'on labourait et qu'on ensemençait, comme nous l'apprend Quinte -Curce.

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