‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiquesChapitre 58 sur 85 · Le grand défaut des lois de Lycurgue , comme Platon · texte numérisé non relu

Le grand défaut des lois de Lycurgue , comme Platon

^dè° cTrX^ ^^ Aristote l'on remarqué , c'est qu'elles ne tendaient qu'à former un peuple de soldats. Ce législateur paraît en tout occupé du soin de fortifier les corps , nullement de celui de cultiver les esprits. Pourquoi bannir de sa

Cruauté bar-

DE LA GRÈCE. 'SHq

république tous les arts et toutes les sciences ' , dont un des fruits le plus avantageux est d'adoucir les mœurs, de polir l'esprit , de perfectionner le cœur, et d'inspirer des manières douces, civiles, honnêtes, propres, en un mot , à entretenir la société et à rendre le commerce de la vie agréable? De là vient que le caractère des Lacédémoniens avait quelque chose de dur , d'austère et souvent même de féroce : défaut qui venait en partie de leur éducation , et qui aliéna d'eux l'esprit de tous les alliés.

C'était une excellente pratique à Sparte d'accoutumer de bonne heure les ieunes gens à souffrir le chaud, le bareàiégard

•' '-' , des enfants.

froid, la faim, la soif, et d'assujettir^ par différents exercices durs et pénibles le corps à la raison , à laquelle il doit servir de ministre pour exécuter ses ordres ; ce qu'il ne peut faire s'il n'est en état de supporter toutes sortes de fatigues. Mais fallait -il porter cette épreuve jusqu'au traitement inhumain dont nous avons parlé ? et n'était-ce pas une brutalité et une barbarie dans des pères et des mères , de voir de sang-froid couler le sang des plaies de leurs enfants et de les voir même souvent expirer sous les coups de verges?

On admire le courage des mères spartaines, à qui la Fermeté peu nouvelle de la mort de leurs enfants tués dans un combat *" j^^^,'"** non-seulement n'arrachait aucune larme , mais causait '«* ™^'^"une sorte de joie. J'aimerais mieux que dans une telle occasion la nature se fît entrevoir davantage et que l'amour de la patrie n'étouffât pas tout-à-fait les senti-

1 « Omnes artes , quibus aetas afficiendum est , ut obedire consilio pueiilis ad humanitatem informaii rationique possit in exequendis nesolet. » ( Pro Arch. , n. 4 . ) gotiis et labore tolerando. » ( Lib. i ,

2 « Exercendum corpus , et ita de Off., n. 79)

nienls de la tendresse maternelle. Un de nos généraux , à (|ui, dans l'ardeur du combat, on apprit que son fils venait d'être tué, parla bien plus sagement. «Songeons, « dit-il , maintenant à vaincre l'ennemi ; demain je pleu- « rerai mon fils. »

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