‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiquesChapitre 64 sur 85 · ARCHILOQUE · texte numérisé non relu

ARCHILOQUE

A:s.M. 3280 Le poëte Archiloque, natif de Paros, inventeur des vers iambes , vivait du temps de Candaule , roi de

Lib. 1, c. I. Lydie. Il a cela de commun avec Homère , selon Velleius Paterculus , d'avoir porté tout d'un coup à une trèsgrande perfection le genre de poésie qu'il avait inventé. Les pieds qui donnèrent leur nom à ces vers, et qui seuls d'abord y furent admis, sont composes d'une brève et d'une longue. Il paraît que le vers iambe, tel qu'A.rcbiloque l'inventa , était fort propre pour un style véhément et énergique : aussi voyons-nous qu'Horace, en parlant de ce poëte, dit que sa colère, ou plutôt sa rage, l'arma de l'iambe pour exercer sa vengeance ,

Art. poet. Archilochum proprio rabies armavit iambo.

Et Quintilien ^ nous apprend qu'il avait une force d'expression extraordinaire , des pensées hardies , de ces traits qui sont courts , mais vifs et perçants ; en un mot , un style plein de force et de nerf. On disait ^ de

' « Suiuma inhoc vis elocutionis, ' « Ut Aristophani Archilochi

cum -vali Jœ , tuin brèves vibrantes- iambus , sic epistola longissima quae-

que sententiae, plurimùm sanguinis que optimavidetur. >> (Cic. £/>«/■. 11,

atque nervoi'um. » (Quiîjtil. 1. 10, lib. 16 , ad Attlcum. ) • ap. I.)

DE LA GRKCE. 4^7

ses pièces de poésie que les plus longues étaient les plus belles. On a porté le même jugement des harangues de Démosthène et de celles de Cicéron. Olui-ci en dit autant des lettres de son ami Atticus.

Les vers d'Archiloque étaient mordants et licencieux , Horat.

,.| ' • • T 1 -II- Epod.od.6,

témoins ceux qu il écrivit contre Lycambe, qui le redui- [v. iS]

1 ' • 1-» 111 • et Epist. 10.

sirent au desespoir. Par cette double raison ', ses i. i{v. î.51 poésies, quelque excellentes qu'elles fussent jugées d'ailleurs , furent absolument bannies de Sparte , comme plus capables de corrompre les mœurs et le cœur des jeunes gens qu'utiles pour former leur esprit. Il ne nous en reste que de très-courts fragments. Cette délicatesse d'un peuple païen , sur la qualité des livres dont on doit permettre la lecture aux jeunes gens, est bien digne de remarque et fera la condamnation de plusieurs «chrétiens.

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