‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiquesChapitre 65 sur 85 · HIPPONAX · texte numérisé non relu

HIPPONAX

Ce poëte était d'Ephèse. Il se signala , quelques années après Archiloque , dans le même genre de poésie , et avec la même violence. Il était laid ^, petit et dune taille fort menue. Deux frères , célèbres sculpteurs , nommés Bupalus et Athénis (d'autres nomment celui-ci

' Lacedaemonii libros Archilocbi Max., lib. 6, cap. ^.) c civitate sua exportari jusserunt , - « Hippiinacti notabilis vuUns

quôd eorum paiùm vei-ecundam ac fœditas erat : quamobiem iniaginetn

pudicaru lectiimem arbitrabantur. ejns lasoivià jocorum ii proposuêre

Nolueiuntenim eàliberorumsuonim ridentium circiilis. Qciod Hipponax

anLmo.s imbiii , ne plus moiibus no- indipnatus aniarifudinein carminuin

ceretqiiàm in.t^enii^prodesset.Itaque distrinxit in tantuin , ut credatur

maximum poefam , aut certè summo aliquibus ad laqueura eos împulisse :

proximum, quiadoraum sibiin\jsam quod falsura est.- fPi-iN. lib. 36.

obscenis maledictis laceraveiat, car- cap. 5. ) minum exilio mulctâiunt. (Vai,.

An tliermus) , égayèrent leur imagination à son sujet, et le représentèrent sous une forme ridicule. Il est dangereux de s'attaquer à des poètes satiriques. Hipponax lança contre les deux frères des traits de satire si piquants, qu'ils se pendirent de dépit : d'autres disent qu'ils quittèrent seulement la ville d'Ephèse où demeu- Aiuhoi. 1. 3. rait Hipponax. Sa plume atrabilaire n'épargna pas même ceux à qui il devait la vie. Quel monstre ! Horace ' joint Hipponax à Archiloque et les représente comme deux poètes également dangereux. Il y a dans l'Anthologie trois ou quatre epigrammes ^ qui représentent Hipponax comme encore terrible après sa mort. On y exhorte ^ les passants à s'éloigner de son tombeau, comme d'un lieu d'où il sort une grêle épouvantable. <î>eî>Ye Tov y^a>.a^27i-À Totçpov, xov (ppixTov. Fuge grandinantem tumulwn, horrendwn.

On croit que c'est lui qui a inventé le vers scazon, où le spondée a pris la place de l'iambe , qui se trouve toujours au sixième pied du vers qui porte ce nom.

Page 1