‹ OEuvres completesChapitre 15 sur 73 · T. I", pp. 192, 298 et jié · texte numérisé non relu

T. I", pp. 192, 298 et jié

a. T. I w , pp. 112 et $76.

f2 NOTICE BIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE

vembre 1626), malgré l'obscurité de termes généraux, montrent l'agitation inquiète et les espérances du parti, plusieurs mois avant la rupture définitive (avril 1627): « Vostre lettre m'a resjoui, me voyant... en possession d'une amitié que la parité des veuës, des désirs violents, des périls, des haynes, des sympathyes et peut estre des desseins, a fait toucher à la main et conjoincte sur l'autel du Tout Puissant. Si tout cela se pouvoit mettre en prattique, en nous tenans vous et moy par nos fidelles mains, Dieu, de foibles les rendroit fortes *. » Mais il fallait s'entendre avec le parti, et Constant, malgré les trop justes méfiances de son père, fut choisi pour porter les lettres en Angleterre. Il eut l'honneur d'être admis à un conseil secret, composé du roi, de Buckingham, de quatre Mylords et d'un envoyé du duc de Rohan. Entre autres résolutions, on décida : « d'envoyer quérir d'Aubigné, » et Constant sut se faire donner cette commission. A l'aller comme au retour, malgré défense expresse, Constant avait passé par Paris, vu de nuit Schomberg, puis le roi, et livré les affaires d'Angleterre et de son parti. De retour à Genève, le fils, malgré ses serments, ne put tromper la perspicacité du père : « Voilà, écrit d'Aubigné, ce qui a deschiré l'amitié d'entre le père et le fils. » Agrippa avait pu tout pardonner ou feindre l'oubli, mais, quand le renégat eut vendu son parti, d'Aubigné n'hésita plus à lui appliquer l'irrémissible flétrissure et à l'appeler, comme en son testament : « destructeur du bien et honneur de la maison 3 . »

En octobre 1628, d'Aubigné avait vu succomber la

a. Constant d'Aubigné mourut a Orange, le 31 août 1647, dans la foi de la religion réformée.

SUR TH. -AGRIPPA d'aUBIGNÊ f}

Rochelle devant l'opiniâtre ténacité de Richelieu ; en mars 1629, le roi en personne forçait le pas de Suze; à ce moment, d'Aubigné, retenu au lit par Pérysipèle, écrit à Rohan, que la fièvre couche aussi dans le sien. Deux des plus héroïques défenseurs de la Cause sont malades, comme le parti lui-même. Le 27 mai, Privas, capitale du Vivarais protestant, est emporté d'assaut et ses meilleurs hommes pendus « pour couper le bras droit à M. de Rohan, » comme écrivait le roi à sa mère. Rohan, dont la correspondance avec d'Aubigné parait assez active en ces années fatales au parti, lutta jusqu'au bout et, quand la paix fut signée, le 28 juin 1629, à Nîmes, cet indomptable porteur de l'étendard d'Israël partit pour Venise, ne désespérant pas encore de fléchir et ramener la fortune. Dans une lettre qui semble adressée à Rohan, peut-être après la paix d'Alais, d'Aubigné écrit : « Vous prendrés donc la chemise blanche que vos sueurs demandent, premièrement entre les bras de Madame, et puis entre les mains fidelles de ceux de Dieu qui vous a donné les cœurs. » Dans une autre épître, également sans date, mais adressée sûrement à Rohan, il envoie au vaillant lutteur ses vœux et souhaits avant le départ : « Cette lettre n'est pas pour vous dire en papier l'adieu que la prudence a empesché de vive vois, c'est une fasson que j'ay accoustumee il y a long temps, et qui s'apelle en Poitou le privilège d'Obigni. Aussi ne puis-je conter pour absens que les mors ou les révoltez; tous autres demeurent en mesme maison qui est l'Esglise de Dieu, et encores par là je tiens pour superflu de dire à Dieu à ceux qui meurent au Seigneur". »

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