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CHAPITRE IV

Qui a tort, qui a raison, dans les nombreux démêlés du maître et du serviteur ? Laissons la Confession de

Sancy, dont l'authenticité n'est pas douteuse, mais c'est un pamphlet que son auteur n'a pas signé. Encore moins irons-nous puiser au Divorce satyriqut. Un tel procès exige des documents dont la valeur n'ait pas même été contestée. Ces documents sont la Vie et Y Histoire. Oui, dans la Vie, les accusations contre le roi, qui vont s'accumulant de plus en plus graves, peuvent parfois sembler calomnieuses. « La malice poussoit (le roi) à lui faire toutes sortes de querelles, à luy empescher tous payements, et mesme à lui gaster ses habillements, pour le réduire à la nécessité. » C'est là ce que l'auteur appelle ailleurs « des picquoteries. » Le dépit d'un prince amoureux, qui ne trouve que rebuffades là où il attendait la complaisance d'un courtisan sans scrupules, la rancune d'un maître souvent malmené par un censeur sarcastique expliquent ces querelles, ces brouilles, toujours suivies de raccommodements.

« Nourri aux pieds de son Roi, desquels il faisoit son chevet en toutes les saisons de ses travaux, quelque temps eslevé en son sein et sans compagnon en privauté, » Agrippa d'Aubigné fut le camarade du Béarnais, étant tous deux, ou peu s'en faut, du même âge 1 . Pouvait-on deviner, vers 1^72, et plus tard encore, la fortune réservée au prince de Navarre ? Compagnons de tente et de table, ils ont partagé les plaisirs aussi bien que la gêne, la faim et la froidure. Henri, touchant déjà la couronne de la main, trouvait souvent sa marmite renversée. Pareille vie efface les distances, engendre liberté, surtout si le maître aime à rire et le sujet à gronder; car d'Aubigné n'est pas né seulement

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