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CHAPITRE V

Nous ne donnerions pas à ce jugement critique sur l'historien sa conclusion, si nous omettions de dire que V Histoire universelle est une des plus belles apologies du Protestantisme au xvi e siècle. L'écrivain a beau s'en remettre à l'éloquence des faits, il s'échappe en quelques passages pour présenter les revendications légitimes du Parti,

SUR TH.-ACRIPPA d'aUBICNÉ 87

D'Aubigné, « encore dans sa jeune ardeur, » animé d'une véritable vocation, annonçait déjà dans ses Tragiques le dessein d'écrire une histoire, non monarchique, mais religieuse, donnant gloire à Dieu, à ses élus, à ses martyrs.

Que si Dieu prend à gré ces prémices, je veux, Quand mesfruicts seront meurs, lui payer d'autres vœux, Me livrer aux travaux de la pesente histoire Et en prose coucher les hauts faicts de sa gloire. Alors ces heureux noms, sans eslite et sans choix, Luiront en mes escrits plus que les noms des Rois l .

Dans une lettre où l'historien demande des mémoires, c'est-à-dire des matériaux, il rappelle expressément le but de son labeur entrepris, « pour ce seul esgard que nous puissions faire sçavoir de nos nouvelles à la Postérité par nos mains, à ce que nostre justice et vertu [ne] soyent estouffees, comme il est advenu aux Albigeois, nos prédécesseurs. »

Les accusations ont été nombreuses contre les Réformés : infidélités au roi, presque abandonné au siège d'Amiens par les Protestants; violence faite au roi pour le sommer de changer une trêve religieuse en édit de paix perpétuelle; comparaison de ces exigences avec la douceur des premiers Réformés, qui, désarmés, prêchaient en secret, priant pour ceux qui les menaient à la mort. Ceux-là ne demandaient que la liberté du prêche, et eux réclament plus de deux cents places de sûreté, des Chambres mi-parties... et avec tant de parité que « cela se peut appeller faire un Estât dans C Estât. » L'argumentation de d'Aubigné est serrée et précise. C'est un chapitre auquel il attache

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