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SUR TH. -AGRIPPA DAUB1GNÉ 121

spectateur jugea pareille en toute chose au flegmon qu'on lui avoit arraché dans l'apostume de sa peste qu'il avoit eue à Orléans. » Nous voulons bien en croire d'Aubigné sur l'étrange phénomène météorologique qu'il nous décrit, mais, en certifiant qu'il a vu cette nuée entrer et fondre auprès du clocher, matin et soir, pendant dix-huit mois que dura la peste de Saintonge, il encourt le reproche d'avoir grossi et dénaturé un phénomène naturel, ajouté foi à des témoins suspects et épouvantés, enfin de s'être naïvement attaché à une coïncidence fortuite 1 .

Cinq lettres, adressées à M. de la Rivière 3 , premier médecin du roi, nous permettent de pénétrer plus avant dans les opinions de d'Aubigné, sur ce qu'il appelle un peu ambitieusement « des poincts de science. » La Rivière est un esprit libre, d'humeur gaie et quelque peu sceptique, qui fait profession de « n'avoir jamais rien veu de surnaturel. » Son « ancien compagnon de lettres » l'interroge avec une sincère déférence sur quelques faits et phénomènes étranges. C'est d'abord la polyglotte de Cartigny, une pauvre villageoise ignorante, qui « respondoit disertement en toutes langues au ton de celuy qui parloit, la bouche fort ouverte, sans user aucunement ny de la langue, ny des lèvres. » Cette possédée corrige et reprend les savants sur leur mauvaise prononciation hébraïque, elle s'entretient avec des Persans, des Arabes, des Arméniens.

Le muet, dont nous avons déjà parlé, fait retrouver les clefs perdues, voit les absents dont il révèle les

i. D'Aubigné avait, a la prière de M"* de Belle- Ville, soeur du Lieutenant du Roy en Xaintonge, composé on petit Traité sur Us connus que lui-même déclare perdu. (T. I**, Introduction, p. x 1 1 )

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