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CHAPITRE XI

L'espace, la compétence et surtout le goût des polémiques religieuses nous manquent pour apprécier la valeur de d'Aubigné comme controversiste et théologien. D'ailleurs, la discussion théologique nous semble trop souvent une vaine querelle de mots, où les combattants ne sont mis d'accord que par une autorité infaillible imposant silence à l'une des deux parties. On sait le mot de Descartes : « Je pensais que pour entreprendre d'examiner (les points de théologie et vérités révélées), il était besoin d'avoir quelque extraordinaire assistance du ciel z . » Cette assistance nous fait défaut; par conséquent, sans nous engager témérairement sur les pas de d'Aubigné, dans le détail de ses luttes et de ses victoires théologiques, nous nous bornerons à en rappeler les circonstances.

Nous avons déjà parlé de la fameuse conférence de Fontainebleau ; Duplessis-Mornay, placé dans des conditions inégales par la partialité du roi, et provoqué par du Perron qui accusait de fausses citations l'auteur du traité de l'Église (1578), y sembla succomber sous la triomphante éloquence de son adversaire. Que, l'année précédente, le ministre Daniel Tilenus ait battu en retraite devant du Perron, que la foi de Harlai de Sancy ne lui ait su résister, nous n'y contredirons point. Nous estimons surtout que Duplessis- Mornay commit une faute en négligeant de vérifier

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