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Discourt de la M/thode, !™ partie

lui-même tous les textes invoqués, et une plus grave encore en se laissant traîner, mal préparé, à cette joute oratoire. Nous voulons bien enfin que le fougueux convertisseur, « monstrueux en science, » abondant « en discours bien polis, » ait réellement triomphé de son rival sur dix-neuf des cinq cents passages allégués comme tronqués, mal cités ou interprétés. Ce duel, quelles qu'en aient été les conditions et l'issue, n'est, à nos yeux, qu'une petite curiosité historique qui ne prouve rien pour la valeur des personnages, encore moins pour celle des deux doctrines. Nous ne rappelons ces faits que parce qu'ils se rattachent à une conférence de même genre où d'Aubigné joua un rôle important.

Nulle part le goût de d'Aubigné pour la logique et la dialectique ne trouve meilleur emploi que dans la polémique religieuse; aussi son goût n'est-il pas moindre pour la théologie. De if8o à if86, il semble s'en être particulièrement occupé. Lui-même nous raconte que, sous le coup de graves mécontentements, il sentit sa foi ébranlée, se remit aux livres, « cerchant avidement si en la Romaine il se pourroit trouver une micte de salut, » et ne s'affermit en sa religion qu'après avoir feuilleté Panigarole, Campianus et Bellarmin. C'est à cette époque, sans doute, qu'il acquit ce fonds de connaissances dont il usa contre du Perron et le Père Cotton. Peu d'années auparavant, se trouvant à Libourne, avec « une grosse Cour de Princes, » il eut l'occasion de voir le Connétable de Portugal. Ce connétable, fort épris d'une dame, fait avec d'Aubigné échange de distiques français et latins sur sa passion, et leur amitié « esmeut entr'eux d'estranges dialogues sur le fait de la Religion. »

Notre Réformé était donc habitué de longue date et armé pour ce genre de discussions. 11 nous raconte que, quinze jours après la victoire de du Perron, luimême fut mis aux prises, à Paris, par le roi avec le vainqueur. La dispute dura cinq heures, en présence de quatre cents personnages de marque.

L'Évèque s'échappait en interminables discours, mais notre dialecticien l'enferma, suant à grosses gouttes sur un Chrysostôme, dans un syllogisme tiré de ses propres arguments :

« Quiconque est faux en une matière ne peut estre juste juge en ceste matière. — Les Pères sont faux en la matière des controverses, comme il paroist en ce qu'ils se sont contredits. — Donc les Pères ne peuvent estre juges en la matière des controverses. »

La mineure demeurait à prouver. C'est pour achever cette démonstration, que d'Aubigné « escrivit un traité Dr dissidiis Patrum, auquel PEvesque ne respondit point, quoyque le Roy se fust rendu pleige pour luy. »

Dans deux lettres, adressées à M. Montauzier, notre théologien calviniste revient complaisamment sur cette conférence, qui prend dans son esprit les proportions d'une revanche de Fontainebleau. On a révoqué en doute la véracité de ce récit * : « C'est vraiment chose admirable, dit M. l'abbé Féret, que ces victoires dont personne n'a jamais entendu parler ! » Nous voulons bien admettre du Perron parmi les grands hommes de l'Église catholique, mais nous avons droit à réclamer des raisons plus solides pour accuser d'Aubigné de mensonge et de calomnie. « Sa

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