‹ OEuvres completesChapitre 47 sur 73 · I. Hist. univ., t. III, col · texte numérisé non relu

I. Hist. univ., t. III, col

rions l'en blâmer, car, tout éphémères qu'ils paraissent, ils furent un jour des armes de combat redoutables. A ce titre « la Gaule françoise de François Hotoman » et « la Défense contre les tyrans de Hubert Languet » avaient droit aux honneurs de YHistoire. Le livre de La Servitude volontaire de la Boétie ne serait pas, comme on l'a dit, inspiré par l'indignation des représailles que vint exercer Montmorency sur les Bordelais. D'Aubigné reproduit une version différente : a Le jeune escholier voulait voir, au Louvre, la salle du bal ; un archer lui laissa tomber sa hallebarde sur le pied ; » la victime irritée et criant justice « n'eust que des risées des grands. » C'est assigner une cause bien mesquine à cette éloquente déclamation.

Parmi les oeuvres « d'esprits aiguisez et affinez entre les dures affaires, » l'historien cite : a L'excellent et libre discours, attribué au Faï, petit-fils du chancelier de PHospital. » Michel Hurault, sieur du Fay, a composé plusieurs de ces discours bien supérieurs même au livre de la Boétie, et d'Aubigné semble ignorer que L' Anti-Espagnol, cette vigoureuse invective contre les jésuites et l'Espagnol, est du même écrivain.

L'auteur, en un passage, glisse très modestement le nom des Tragiques avec le Passe-partout des jésuites, « et autres tels livres d'Autheurs inconus*. » Nous ne doutons pas qu'il ait voulu introduire ici le titre de sa satire, comme certains peintres d'histoire peignent, dans un coin de leur tableau, leur propre portrait ou celui d'un membre de leur famille. Satisfaction bien légitime, mais fallait-il nommer les Tragiques parmi les pamphlets ligueurs ou anti-ligueurs ?

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