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CHAPITRE IV

À la mort de Henri 1 1 1 , le Béarnais se trouvait « demiassis sur un trône tremblant. » Plutôt mourir de mille morts que souffrir un roi huguenot! Telle était la pensée des chefs catholiques, et Dam pierre « fit ouïr tout haut ce que les autres serroyent entre les dents. » C'était à faire aux fidèles de la première heure d'achever leur œuvre. Le roi, tout troublé, « s'étoit retiré en une garde-robbe ; » il prit d'une main La Force, et de l'autre un « Gentilhomme des siens. » La Force s'étant excusé, « l'autre, » c'est d'Aubigné, prononce un de ces discours un peu solennels et qui sentent plus le travail que l'improvisation. Il le convie à « s'appuyer après Dieu sur les espaules fermes, et non sur ces roseaux tremblants..., à serener son visage, » à songer qu'il est le plus fort, et capable, n'était « sa douceur

accoustumee et bienséante à la dignité royale, d'un clin d'oeil de faire sauter par les fenestres tous ceux qui ne le regardent point comme le Roi. » Henri IV devait user de moyens moins violents et plus sûrs ; s'il n'était pas aussi bien disant que son fougueux écuyer, il savait beaucoup mieux prendre les hommes et gagner les consciences.

Il ne semble pas que d'Aubigné ait assisté à la victoire d'A ques, car non seulement il ne se nomme ni ne se désigne sous aucun titre dans la Vie et dans le chapitre de l'Histoire consacré à cette action, mais il raconte en le terminant que, quelques jours après son arrivée en l'armée du roi, celui-ci « le conduisit par la main en tous les endroits remarquables pour les combats. » L'historien se plaint que ce la confusion des mémoires l'empesche de dire les chefs des bataillons. » S'il n'a pu donner son coup d'épée à Arques, nul n'a loué plus magnifiquement les soldats en rapportant le mot de Mayenne. D'Aubigné pressait le vaincu d'expliquer sa défaite par quelques défauts de son armée : « Qu'on die que» c'est la vertu de la vieille phalange huguenotte et de gens qui, de père en fils, sont apprivoisez à la mort 1 . »

Rien ne prouve absolument que d'Aubigné fut à Ivry. Quelques détails précis semblent pourtant d'un témoin oculaire et d'un acteur, et rien n'empêche de penser qu'il faisait dans la disposition de la bataille partie de ce qu'il appelle « le gros du Roi. » L'historien dément la harangue prêtée au roi, ainsi qu'une prière en laquelle les auteurs n'ont pas observé « le langage de Canaan » et « le font parler à Dieu par Vous; » mais

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