CA.ZIN
Et le bon hoinnie, comment se porte-t-il?
GERMENCEY.
Mais.... le bon homme se porte assez bien.
CAZINI.
Savez-vous que vous lui ressemblez )
GERMENCEY.
Croyez- VOUS ?
CAZIJMl.
Oui, oui, vous avez beaucoup de ses traits,
GERMENCEY.
En effet, on dit que je ressemble à mon père.
C AZINI.
Or ça , mon jeune ami , je vais vous prouver par ma franchise, l'attachement que j'ai pour vous, pour votre famille.
GERMENCEY.
Je suis reconnaissant d'avance....
CAZINI.
Pas de remercîments , vous ne savez pas ce que je veux faire : vous croyez peut-être que c'est le seul désir de vous voir, qui m'a fait vous engager à venir passer quelques jours avec nous ; j'ai bien , ma foi , d'autres projets ! l'estime que j'ai pour vos parents, m'engage à vous les confier, et les voici. Vous ne connaissez pas ma nièce , elle est charmante ; elle est veuve, vous êtes garçon; elle est aimable, vous avez, dit-on, beaucoup d'esprit; vous la verrez, elle vous plaira et vous l'épouserez.
i86 LES PROJETS DE MARIAGE.
GERMENCEY.
L'épouser !... ( A paît. ) Je ne in attendais pas à celui là. i^Haut.') Monsieur, puis-je penser que dans ma situation?..,
CAZIJVI.
Je sais ce que vous allez me dire. Vous craignez de n'être pas assez riche ; vous n'osez espérer qu'un simple
sous-lientenant mais rassurez-vous, mon ami, vous
avancerez en grade ; et quant à la fortune , je me charge de réparer ses torts à votre égard.
GERMENCEY.
Quoi, monsieur, vous voudriez?...
CAZINI.
Oui, mon ami, je vous donne ma nièce et la moitié de mon hien. Cette maison, avec tout son parc, vous appartiendra... Comment la trouvez-vous la maison? hein ?
GERMEINGEY.
Elle serait chi goût de tout le monde.
CAZINl.
Le principal est qu'elle soit du vôtre.
Je ne souffrirai pas que vous vous priviez en ma faveur
CAZINI.
Ce ne sera point une privation. Je vivrai avec vous ccmime un père au milieu de ses enfants....
GERMENCEY , à part.
L'excellent homme! je commence à me repentir.
SCEJNE IX. 187
C AZINI.
J'ai cependant une grâce à vous demander. Quand vous serez le maître de la maison....
GERMENCEY.
Je ne le suis pas encore.
CAZINJ.
Cela ne tardera pa *S'il vous prend fantaisie de faire quelques changements dans le parc, ne coupez pas le bois des marroniers.
GKKMEIVCEY.
Je puis vous assurer que je ne le couperai pas.
CAZINI.
J'y tiens", je l'ai planté dans mon enfance. D'ailleurs, on peut le dire, depuis long-temps on coupe les bois, et on ne les replante point.
GERMENCEY.
Vous avez bien raison.
Allons , c'est une affaire finie. Vous allez fan'e votre eour à ma nièce ; elle fera d'abord quelques difficultés pour se remarier, mais- vous les surmonterez. Dès qu'elle aura consenti , je ferai appeler un notaire ; le contrat se fait, je stipule la dot, je vous donne ma terre dont vous me promettez toujours de respecter les bois; je fais venir des présents de noces, les habits se font, je convie les voisins; ordre pour le festin, grande chère, grand feu, grande rumeur; la noce se fait, les violons jouent, on danse... il me semble que j'y suis déjà. Que je vous embrasse, mon cher neveu.
i88 T.ES PROJETS DE MARIAGE.
GERMENCEY.
Eh bien ! de tout mon cœur, mon clier o-ncle