SCENE XV
PEDRO
Vous l'avez dit, madame; il y avait deux personnes qui le gênaient beaucoup.
GERMENCEY, bas à Pedro.
Trente pistoles si mon stratagème réussit.
CAZINI.
La fin de ton histoire.
PEDRO
Il s'approche tout doucement de moi , tout doucement....
C A Z I N l , d'un ton de confiance.
Je le vois d'ici.
PEDRO , vivement.
Non, vous ne voyez rien. (^Du ton de sa narration}' .11 me dit tout bas à l'oreille : « trente pistoles si mon « stratagème réussit. »
CAZINI.
Trente pistoles!
ROSALINE
Comme il est généreux !
PEDRO
Attendez, attendez, je ne les liens pas encore. Moi qui ne me contente pas de paroles, je fais la sourdeoreille.... il s'en aperçoit, il met la main à sa poche... ( // regarde le colonel qui, loin de chercher de l'argent, porte la main h son visage.) Non, il ne la met pas encore.
GERMENCEY, à part.
Ije bourreau ! qu'il est adroit !
C AZINI.
Finiras-tu ton récit?
ROSALINE
Pourquoi tous ces détails?
PEDRO
Ils sont très-nécessaires. ( E/i appuyant sur chaque mot, et en regardant le colonel. ) Je fais entendre adroitement à cet amant déguisé que son sort dépend de moi ; il sent la valeur de cette parole , et pour cette fois il tire une bourse....
( Germencey tire véritablement une bourse , et l'ait par degrés tout ce que le valet dit dans le couplet suivant. )
ROSALINE
Et bien ! il te la donne?
Non pas tout de suite, à cause des importuns. Il regarde de tous cotés si personne ne le voit; il s'approche de moi, me tire par le pan de mon habit; je comprends fort bien ce signe, j'avance la main discrètement, je saisis ia bourse, personne n'en voit rien, et la voilà.
' ( Pedro tourué ^crsCa/ini, a toujours l'air de lai raconter ce qui sVst passé entre le colonel et lui; et au moment ou il dit : J'avance la main, il présente l'autre au colonel qui lui donne la bourse; il la repasse vivement derrière sou dos, et la montre à tout le monde. )
ROS A LINF.
A la tin ?
Je puis vous assurer, monsieur, que je vous ai dit lexacîe vérité.
SCEIN a XV. 20J