‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 156 sur 340 · SCENE ir · texte numérisé non relu

SCENE ir

placé près d'elle. Elle a répondu à vos soins; c'est à moi maintenant de vous récompenser l'une et l'autre. Il est temps de l'établir; je suis riche, et je veux au moins doubler sa dot; mais je ne veux pas que cette dot passe en des mains étrangères : mes neveux sont pauvres; élevés loin de moi, j'ignore quels peuvent être leurs vices, leurs vertus, je veux les connaître; c'est pour cela que j'ai pris l'habit et le uom de mon valet-de-chambre; sous cet habit, j'obtiendrai leur confiance. Les jeunes gens sont étourdis; ils ne croient pas nécessaire de se déguiser devant ceux qui les servçnt; je profiterai de leur inexpérience, je m'insinue rai dans leur esprit, je sonderai leur caractère, je connaîtrai leurs intrigues, et je préférerai celui-là seul qui se montrera digne de ma pupille et de la fortune ([ue je lui destine.

MARIE

Quelle bizarrerie!

DOLB AN.

Bon , il y a quarante ans que j'ai la réputation d'être un original. Songeons à ma toiletle; le jour, cet appartement est commun à tout le monde ; je pourrais être surpris en robe de chambre, et ce n'est pas là le costume ordinaire de Picard.

MARIE

Mais cet habit vous expose a mille désagréments,

DOLBAN.

Huit jours sont bientôt passés.

m\rit;.

Vos neveux peuvent cxiget; de vous des clioscs...

DOLBAN.

Je les servirai s'il le faut. Oh! je sais m'accommoder aux circonstances.

MARIE

Je crains surtout cet étourdi de Florvel.

Mais comment savez -vous qu'il est étourdi? il n'est pas encore arrivé; vous le connaissez donc?

MARIE

Sans doute; quoi! je ne vous ai pas dit que ce jeune homme, en rejoignant l'armée, passa par ce bourg; que, vous croyant de retour de vos longs voyages, il vint pour vous voir?

DOLBAN.

J'ai bien fait de me tenir prêt; voici Dumont.

MARIE

Oh ! pour celui-là , je le garantis un honnête homme ; sa douceur...

DOLBAN.

Doucement. Depuis quelques jours que j'ai commencé mon épreuve, je sais à quoi m'en tenir. Il a déjà voulu savoir certaines choses... Surtout, Marie, observez-vous bien. Vous oubliez toujours que je suis Picard... mon valet de chambre.

MARIE

Crainte de nouvelle bévue, je vais vous laisser seul avec lui.

( Elle son. )

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