ACTE 111, SCEJNE IX. tiy
M AR WOOD
Je saurai in'opposer au désir qui te presse.
Tu choisis une épouse; et je fus ta maîtresse!
Quand tu prépares tout pour ces liens chéris ,
Ton Insolent amour me couvre de mépris.
Je ne puis supporter autant d'ignominie :
Tu verras ce que peut une femme hardie;
Et la haine et l'amour, le fer et le poison,
Pour me venger de toi , tout moyen sera bon.
Oui , tremble pour ta fille ; elle est en ma puissance
Sais-je sur quel objet tombera ma vengeance!
MELFONT.
Dieux !
M ARWOOD.
Tu me connaîtras, trop perfide Melfont; Mais, du poison, du fer, l'effet serait trop prompt: Je veux que pour venger le plus indigne outrage. Le trépas lentement flétrisse son visage , Dérobe tous les traits qu'elle a reçus de toi , Qu'elle ne soit enfin ta fille que pour moi.
MELFONT.
Que dites-vous , Marvvood ! la fureur vous égare,
M A RWOOD.
Oui , puisqu'elle me fait ménager un barbare. C'est sur ton cœur, ingrat, que je devrais d'abord Porter toute ma haine, et les coups de la mort. Vois-tu bien ce poignanl? crains que ma main cruelle , JNe frappe et ma rivale et Ion cœur infidèle.
(Elle tire un poignaid cl \a |>oiii eu (Vapptr Mellont , qui la dc.sain»froidemcnl. )
mH la courtisane.
MELFONT.
Femme coupable ! eh bien ! qui m'empêche à présent De tourner contre toi tout mon ressentiment. Vis ! Que le châtiment de tes affreuses trames Soit remis, quelque jour, à des mains plus infâmes.
M AR WOOD
Qu'ai-je donc fait, ô ciel! Donnez-moi le trépas.