‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 111 sur 400 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

SiR HARVEY, EDOUARD, CLARA.

SIR HAKVEY, a entendu les dernières paroles.

A Tamour de Clara! — Comment, mon cher confrère, Vous lui parlez d'amour en cachette du père ? Je ne vois pas comment, malgré vos beaux discours, Vous vous justifîrez de semblables détours : Pa:rlez, voilà le cas d'avoir de l'éloquence.

EDOUARD

JMon devoir est ici de garder le silence. •Pai tort : pourquoi chercher à me justifier.^ Pourtant avec succès je pourrais l'essayer.

i84 L'ORATEUR ANGLAIS.

SIR HARVEY

Ah ! je vous en défie.

C L A. R 4 , à Édonaid.

Il ne faut plus nous taire.

Et ne savez-vous pas qu'il vous chérit en père?

SIR HARVEY, à part.

Non , d'être sans pitié je me fais un devoir. Et comme le ministre est ici sans pouvoir, Avec un beau discours il ne peut me surprendre.

CLARA , bas à Edouard.

C'est le cas de parler.

EDOUARD, avec chaleur.

Quoi! vous craignez d'entendre Celui que votre cœur a chéri constamment ? Que me reprochez-vous ? le tendre sentiment Qui, depuis mon enfance, a régné dans mon ame? L'amitié fraternelle en épurait la flamme. De ce lien secret que nous étions heureux! (1 charmait nos travaux, embellissait nos jeux : Tout nous était commun , la crainte, l'espérance ; Tout faisait naître en nous la douce confiance ; Et le temps instruisant nos âmes sans détour , D'une tendre amitié fit un ardent amour.

SIR HARVEY, avec bonhomie.

Je conçois bien cela.

EDOUARD

Sans cesser d'être sage.

Ne saurait-on aimer , et surtout à mon âge ? Et quand d'un feu discret je peins la vive ardeur , Mon langage n'est pas celui d'un séducteur.

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