‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 260 sur 400 · SALVADOR, LE DUC · texte numérisé non relu

SALVADOR, LE DUC

LE DUC

Le hasard me sert à souhait, don Salvador, puisqu'il me procure l'avantage de causer avec vous sans témoins.

SALVADOR

c'est pour moi un honneur; mais les devoirs qui m'appellent...

LE DUC

Oui, je sais que vous ne perdez point un instant, et que les heures que vous ne donnez pas aux affaires temporelles sont toutes consacrées à la prière.

SALVADOR

Je fais ce que tout homme devrait faire; et je ne m'en glorifie pas.

LE DUC

Parce que les vertus vous sont aussi naturelles que l'habileté que vous portez dans les affaires.

SALVADOR

Il est vrai qu'on veut bien me reconnaître quelque talent.

LE DUC

Quelque talent! prenez-y garde; la fausse modestie est aussi un mensonge; moi, je serais bien trompé dans mes calculs et dans mon espoir, si je ne vous voyais pas bientôt au ministère.

SALVADOR

J'espère que le ciel me préservera d'y parvenir. I^a route des honneurs est pénible; et c'est souvent à l'instant que l'on arrive à leur sommet que l'on connaît le néant des grandeurs.

LE DUC

C'est la réflexion que je faisais tout à l'heure , en regardant notre aimable princesse. Je lui trouvais par momens un air soucieux qui confirmerait le bruit de sa prochaine disgrâce.

s ALV A.DO R.

Quoi! vous croyez qu'elle aurait à craindre?..

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