‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 331 sur 400 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

MA.DAMF DORMON , Le DUC , La MARQUISE , Le baron.

LE DUC

Est-ce là notre veuve ? Eh ! mais , qu'elle est jolie î

LA. MARQUISE

Quoi ! vous la trouvez bien?

LE DUC

Charmante , sur ma vie.

MADAME DORMON.

jMaclame , j'attendais, pour vous complimenter, Qu'un maître de maison voulût me présenter : Mais comme il est sorti...

LA MARQUISE

Madame est l'étrangère Qu'on appelle Dormon ?

LE D U C , à part.

Elle a bonne manière.

MADAME DORMON.

Oui, madame. ,

LA MARQUISE

Au château vous avez un emploi ?

Mon beau-père étant veuf...

Madame , excusez-moi , Je ne vous entends pas.

LE DUC, d'un air ironique.

Eh ! non , chère cousine ;

Madame est une amie , à ce que j'imagine. jMon oncle s'ennuyait dans ce triste pays : Elle est tout bonnement venue avec son fils De ce pauvre reclus partager l'ermitage.

LA M A.RQUISE.

Oui , pour le consoler des ennuis du veuvage.

MADAME DORMOIV, avec dignité.

Madame !...

LE DUC

Ecoutez donc : quel titre vous donner ? Qui vous voit en ces lieux a droit de s'étonner. Peut-être injustement la famille en raisonne.

MADAME DO RM ON

Ne me connaissant pas , monsieur , je lui pardonne.

Cependant on pourrait , avant de s'oublier

Par d'injustes soupçons à me calomnier.

Savoir que l'on outrage, en m'outrageant moi-même,

L'honneur et la vertu d'un père que l'on aime.

Le devoir , la vertu , madame , c'est fort bon :

Je m'en arrange autant que seigneur de bon ton ;

Mais on n'en est pas moins un homme respectable ,

Pour offrir son hommage à quelque femme aimable.

Mon oncle n'est pas jeune, et pourtant il est bien,

Il peut même prétendre à former un lien ;

Et lorsque comme vous on est faite pour plaire ,

On ne s'étonne point que son cœur vous préfère.

Si j'étais à sa place, et j'en ai le désir,

Ce cœur que vous charmez de même irait s'offrir.

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