‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 97 sur 400 · ACTE I, SCENE 1. iGi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE 1. iGi

Ah ! qu'on me le confie ; et mon cœur vous assure De l'aimer comme un fils donné par la nature. L'inconnu réfléchit, puis il répond soudain: « Ahî protégez-le )nieux que n'a fait le destin. « Madame , le voilà : mais comme il se peut faire c( Que le sort quelque jour ne lui soit plus contraire, « Qu'il peut par ses parents être enfin reconnu , « Pour conserver ses droits, je demande un re^u. »

FL ATTEMAN.

Un reçu i^ mais l'histoire est vraiment singulière; Et je m'étonne moins de voir dans la carrière Edouard éclipser nos plus grands orateurs : Le romanesque plaît parmi nous plus qu'ailleurs. Admis dans le château par votre bienveillance, Cet enfant a toujours rempli votre espérance ?

SIR HARVEY

Le temps qu'il y passa fut le plus doux pour moi. J'étais , grâces à lui , très-heureux , par ma foi : Mais ma femme mourut; et le diable, sans doute. Me fit ambitieux, et me donna la goutte. Je voulus à mon tour entrer au parlement : Je payai cet honneur un peu trop largement. Enfin, pour m'achever, un second mariage. Fondé sur mes écus , m'offrit cet avantage D'appeler mon beau-frère un ministre en faveur, Qui me fit baronnet en m'accordant sa sœur. Tout cela, c'est très-bien; mais aussitôt madame ( Elle m'a défendu de l'appeler ma femme ) Ne trouva rien de bien dans mon intérieur : Elle porta surtout son orgueilleuse humeur ; Tome IX. 1 1

i6i L'ORATEUR ANGLAIS.

Et mon cher orphelin n'eut pas l'art de lui plaire :

Il fallut le chasser. Cela me désespère,

Quand je songe aujourd'hui que du jeune Edouard,

Qui me doit ses succès par un heureux hasard,

Je pourrais m'avouer le protecteur, le père.

Si madame avec lui n'eût pas été si fière.

FLATTEMAN.

Oubliez-vous qu'il est de l'opposition ?

SIR HARVEY

Quand il s'agit du cœur que fait l'opinion? Lorsque je l'ai revu j'ai pleuré de tendresse : De renouer ensemble il m'a fait la promesse. La preuve qu'Edouard n'a plus aucun courroux , C'est qu'il vient aujourd'hui pour dîner avec nous.

FLATTEMAN.

Ah ! tant mieux ! tous les deux nous ferons connaissance. D'abord j'en dois causer avec son excellence. Elle prend au jeune homme un intérêt très-fort; Et je vais de ce pas l'éclairer sur son sort.

( Flatteman sort. )

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