SCÈNE III
Madame FOLLEVILLE, Sir HARVEY.
madamk folleville.
En cet instant lady paraît très-mécontente : Savez-vous le sujet, monsieur, qui la tourmente? Je ne puis deviner....
SIR HARVEY
Le retour d'Edouard.
MADAME FOLLEVILLE
Edouard nous revient , bon dieu ! par quel hasard ? Il a donc oublié cette odieuse injure....
Laissons cela : je sens que mon cœur en murmure. Aurais-je dû souffrir qu'on vît cet orphelin Banni de ma maison? pour quelle cause enfin?
MADAME FOLLEVILLE
Vous fûtes, il est vrai, d'une faiblesse extrême. A mon tour du logis je puis sortir de même : Mais je suis décidée à long-temps tenir bon. Moi, ce qui me soutient encor dans la maison. C'est quelque caractère et mon indépendance ; Et puis j'ai vu le jour au beau pays de France; Et lady se complaît à publier partout Que sa dame française a quelquefois du goût.
SIR HARVEY
La mère de Clara fut votre tendre amie.
MADAME FOLLEVILLE
Et sa fille de moi sera toujours chérie;
i64 i;ORA.TEUR ANGLAIS.
Cela n'empêche pas que si votre lady Préteiitl nous séparer, je sortirai d'ici.
SIR HARVEY
Je ne souffrirais pas qu'on vous fît cet outrage.
MADAMK FOL LE VILLE
Et peut-on , dites-moi , croire à votre courage ? Milady vous gouverne , et sans y mettre d'art. N'obéissez-vous pas à son premier regard?
SIR nARVEY.
Oui, mais pourtant un jour je veux être le maître.
Eh bien! s'il est ainsi, pour commencer à l'être. Avertissez lady que j'aurai grand plaisir A revoir Edouard qui va nous revenir.
SIR HARVEY
Non , il vaut mieux près d'elle employer la tactique. Dire que je le vois pour raison politique.
( Il sort.)