ACTE 11, SCÈNE XllI
ZERBELIN.
Et votre belle affligée, que deviendra-t-elle?
EDMOND, timidement .
Eh bien! nous partons cette nuit même avec elle.
ZERBELIN.
Avec elle?
EDMOND
Oui; nous l'accompagnons à Paris. C'est là qu'elle veut faire sa paix avec vous.
ZERBELIN.
E'excellente femme! Point de rancune. Allons, j'y suis tout disposé.
EDMOND
Vraiment, je craignais un refus de votre part.
ZERBELIN.
Quoique je fasse peu de cas des belles affligées, je vous suivrai pour vous aider un peu dans vos consolations.
EDMOND
Je vous sais d'autant plus de gré de cet effort, que cette dame ne vous plaît pas.
ZERBELIN.
Elle ne me plaît pas tout-à-fait autant qu'à vous. Mais cependant je sais, quand il le faut, m'arranger avec tout le monde. Et puis votre prudence...
Oh! mon ami, vous pouvez compter sur ma prudence. — Holà quelqu'un î ('^^ des domestiques qui entrent.^ Qu'on réveille mes gens! qu'on prépare mes équipages, je veux partir.
124 L'ENFAIST PRODIGUE.
ZERBELIN.
Quoi! sans prendre quelques moments de repos?
EDMOND
Non, non; la comtesse a donné ses ordres. Disposez tout aussi pour votre départ. Vous prendrez ma litière.
Comment, votre litière? Ah! je comprends.
EDMOND
Allons, mon cher ami, dans quelques jours nous habiterons cette superbe capitale, cette ville du monde, dont tous les habitants sont aimables, polis...
ZERBELIN.
Sincères et désintéressés.
EDMOND
Et les femmes bien faites, vives, spirituelles...
ZERBELIN.
Et surtout point coquettes.