‹ OEuvres complètesChapitre 12 sur 330 · PRÉFACE. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXV

se soutenait encore, parce que , moins spirituels <|ue les autres, ses personnages assez naturels, discutaient avec luie raison froide c|ui était entendue de tout le monde. Molière seul, régnait sur le théâtre Français avec cet ascendant c|ue lui donne son génie. Si le temps avait vieilli quelques-unes de ses expressions, il n'avait pu rien ôter à la profondeur de ses caractères, à la vérité de son dialogue, et à cette grande pliilosopliie qui fait la base de tous ses chefs-d'œuvre; il semble même, que la révolution ait ajouté à son éclat; et cela devait être, parce que, le grand homme, en pensant toujours, adonné toujours à penser.

Après [avoir comparé nos anciens auteurs par l'effet de leurs ouvrages à la représentation, je jetai un coup d'oeil sur le parterre, et j'y vis une jeunesse ardente, pleine d'idées et de philosophie; je vis que pour mériter ses suffrages , il fallait parler à sa raison autant c^u'à son esprit. Quel était le meilleur moyen pour y parvenir sans danger?... c'était d'intéresser son cœur; cette route était difficile : un préjugé bannissait de la comédie toute scène qui pouvait appeler les larmes; j'ai dit un préjuge, car nulle poétique des Anciens n'a fait cette défense, et l'on n'en fit une loi que dans ce

Page 1