XXX PREFACE
tique. Je voulais peindre tous les abus d'une censure qui n'a que le pouvoir de nuire et qui ne veut prouver son dévouement au ministère , que par le nombre de ses victimes. Je voulais faire connaître ce tribunal de gens de lettres inamovible qui , depuis le ministre Fouché , n'a cessé de couper et de rogner pour le compte soit de l'empire, soit du gouvernement royal. De là , passant à des considérations plus élevées, j'aurais indiqué ce que devrait être la censure dans l'intérêt de la morale, de la tranquillité publique et des auteurs dramatiques ; j'aurais prouvé qu'il était indispensable que les personnes chargées de la censure , fussent environnées de l'estime publique par l'indépendance de leur fortune et leur position honorable dans la société. Si je n'entre dans aucun de ces développements , c'est par égard pour quelques-uns de nos censeurs actuels, que dans leur qualité d'écrivains indépendants , on voit avec regret exercer encore de pareilles fonctions.
Cependant , quoique je me sois bien promis de ne pas citer de faits qui me soient personnels, je ne puis m'empécher de représenter la situation d'uti auteur obligé de remettre son manuscrit à un confrère, dont il n'estime souvent ni la per-